2016-Alimentation, Bio

27 mai 2017

Le Consommateur d'Alsace, n°229.

Le cahier des charges de l’agriculture bio interdit l’usage des produits chimiques de synthèse (pesticides et engrais) et des OGM. Concernant ces derniers, un seuil de tolérance (fixé de manière arbitraire par les pouvoirs publics) de contamination accidentelle par les OGM se situe à 0,9 %. Au-delà, le produit est “déclassé”. Le principe de dilution n’existant pas, ce seuil s’applique donc pour chaque ingrédient ou aliment, pris individuellement. En agriculture bio, on préfère prévenir que guérir. Pour cela, les agriculteurs de la filière tentent d'anticiper les maladies et les attaques de “ravageurs“. Par exemple, en respectant la rotation des cultures qui permet de couper le cycle des parasites et des maladies. Si cela n'est pas suffisant, ils ont recours à des pesticides d'origine naturelle. P55ncmss mo, NATURELS... ms monms ! Une liste de pesticides bio, autorisés par la réglementation, a été établie. Sept catégories de produits sont répertoriées: - les substances actives d'origine animale ou végétale (purin d'ortie, huiles végétales, pyréthrines...) ; - les micro-organismes ; - les substances produites par des micro-organismes ; - les substances à utiliser uniquement dans des pièges ou des distributeurs (phéromones et certains pyréthrino‘r‘des) ; - les préparations à disperser en surface entre les plantes cultivées (molluscicides) ; - les autres substances traditionnellement utilisées dans l'agriculture biologique (notamment cuivre, souffre, huile de paraffine...) ; - les autres substances telles que l’hydroxyde de calcium et le bicarbonate de potassium. Même si ces pesticides sont autorisés dans l’agriculture bio, ils ne sont pas pour autant anodins. Ce n'est pas parce qu'ils sont “naturels“ qu’ils

sont "sans danger“. Autrefois, les producteurs utilisaient la nicotine comme insecticide naturel, mais ce produit s'est avéré être dangereux à manier, la roténone extraite de plantes africaines est mortelle pour les poissons, même à très faible dose. En raison des aspects cités, ces deux produits, d'origine naturelle, sont interdits par la règlementation bio européenne depuis quelques années. Cela étant, il faut remettre en perspective la dangerosité entre les produits utilisables en bio et les pesticides chimiques. Ceux utilisés en bio se dégradent plus rapidement que les produits de synthèse, à l’exception du soufre et du cuivre. De fait, on trouve moins de résidus dans la nature et donc, indirectement, dans les aliments.

Les interdictions totales

L‘envahissement des mauvaises herbes est nuisible. En bio, les seuls moyens utilisables sont la rotation des cultures, les procédés mécaniques de travail du sol et le désherbage thermique. Autrement dit, les herbicides sont interdits. Il faut savoir qu’en agriculture conventionnelle, les herbicides représentent 35 % des pesticides utilisés. En sachant que cette famille comprend des molécules connues pour être des contaminants majeurs des eaux de surface. Concernant la lutte des champignons, les moyens utilisés sont le paillage (pose de plants formés de matériaux servant d'écran plus ou moins imperméable entre le sol et l’atmosphère, la solarisation et les fongicides). Concernant la solarisation, elle consiste en la pose d'un film plastique en polyéthylène sur le sol. Celui-ci permet la désinfection solaire du sol. Les deux principaux fongicides utilisés sont le cuivre, utilisé sous différentes formes, ainsi que le soufre. Ces deux produits de contact sont préventifs, sensibles au lessivage. Il faut tout de même noter que le soufre, très utilisé en viticulture bio, est issu du raffinage de gaz et de pétrole, provenance qui est loin d'être durable. 0

CONVERSION DES SOLS

Tout agriculteur conventionnel décidant de “passer“ en agriculture bio doit observer un temps de conversion. Cette période permet de s’assurer que les sols sont en bon état écologique lorsque l'agriculteur commence à vendre du bio labellisé.

Cette conversion s'applique parcelle par parcelle, en fonction des cultures. Elle est de deux ans pour les cultures annuelles ou semipérennes. Et de trois ans pour les cultures pérennes. Durant cette période, l'agriculteur acquiert de nouveaux savoir—faire basés sur une plus grande observation de la nature et sur l'emploi d'engrais et de pesticides naturels.

En théorie, d'autres contrôles se font depuis la production primaire d’un produit biologique, en passant par son stockage, sa transformation, son transport jusqu'à sa vente au consommateur final. Ces contrôles sont menés par l'un des six organismes agréés par les pouvoirs publics : Aclave, Agrocert, Ecocert, Qualité France, SGS et Ulase.


Rédiger un commentaire

Quelle est la cinquième lettre du mot tcjlrn ? :