AUSSI APPELÉE « CRIME D'ONAN » ou «péché de mollesse», la masturbation est considérée comme un fléau national au XVI siècle ! La science naissante commence à se mêler de sexualité, bientôt relayée par les hygiénistes du XIX° siècle et leur idéal de tempérance des plaisirs. Le Dr Duplanil, médecin du comte d'Artois, recommande, dans son Traité de médecine domestique, de surveiller «les grandes villes, les couvents, les communautés, les pensions, les maisons d'institution». Le Dr François Chopart, chirurgien en chef de l’hospice de la Charité, témoigne : «J'ai connu des jeunes gens qui, par cet acte trop répété, sont devenus bossus, avec carie des vertèbres et sont morts.» La masturbation serait responsable des pires maladies physiques et mentales. À coups de punitions, ceintures de chasteté, opérations chirurgicales barbares, camisoles, compresseurs de prostate et autres anneaux paralysants de la verge... on tente d’enrayer l’un des plus grands tabous sexuels