À CÔTÉ DES ROMAINS, l'homme du Moyen Age fait figure de bigot ! Sa vie sexuelle est sous le contrôle de l'Eglise. Au XI° siècle, avec la réforme de la papauté, le mariage chrétien, pur et exogame, est devenu la norme, entérinant du même coup l’interdit de l’inceste. Résultat : un seul partenaire, l’époux ! Pour le reste, baisers, caresses, positions. on navigue à vue.
Tout reste à qualifier. Au XIII: siècle, avec l’essor des villes, la prostitution sauvage explose. Débordé, Saint Louis, le roi chrétien, ne sait que faire. Il se tourne alors vers les théologiens. Réponse : la «fornication» est un mal nécessaire, le prix à payer pour la paix des ménages. C’est saint Augustin et saint Thomas d'Aquin qui le disent ! Dès lors, le roi se lance dans la création de bordels municipaux afin d’encadrer les pulsions débordantes de ses ouaïilles. Par pudeur, on les appelle des «abbayes» ! Jusqu'au XV° siècle, les ouvertures se multiplient partout en province par voie d’ordonnances spéciales. Avignon, Toulouse, Provins, Angers, Montpellier. L'homme du Moyen Age se rend au «bordeau» comme à son club de sport. À Strasbourg, ça marche si fort que les filles débordent le cadre autorisé jusque dans les églises et dans les tours de la cathédrale, ce qui leur vaut le surnom d’«hirondelles ».