LA NOTION DE SEXUALITÉ n'existe pas dans l’Antiquité. On ne fait même pas la différence entre homo et hétéro. On parle d’aphrodisia -les œuvres d’Aphrodite - qui englobent, dans un ensemble aux frontières floues, tous les gestes qui procurent du plaisir. Que se passe-t-il dans la couche du Romain ? Le poète Horace tapisse ses chambres de miroirs, de manière à ne pas louper une miette de ses ébats avec ses prostituées. : Quant à Hostius Quadra, un riche propriétaire, il adopte ‘ le miroir grossissant afin que le phallus de son amant «semble plus gros et plus long qu’un bras». Pas de doute sur la question, le citoyen romain est libéré.
Aucune religion ne vient encore se mêler de ses relations sexuelles. Mais le sexe est codifié. C’est la cité qui en édicte les règles en fonction des besoins économiques et démographiques, des famines et des guerres. Pour survivre, elle doit contrôler les naissances, condition de sa puissance et de son développement. Dans les faits, notre rétrosexuel a donc deux vies sexuelles parallèles : l’une, avec sa femme, qui exclut toute idée de plaisir.
Dans sa chambre, il fait l'amour dans le noir et habillé, concentré sur son objectif : procréer. L'autre, débridée, à condition de ne s’attaquer ni à l'épouse, ni au fils, ni à la fille d’un citoyen. En revanche, avec les courtisanes, les prostituées et les esclaves, tout est permis, ou presque. Seules limites : la fellation, le cunnilingus et la sodomie passive, qui sont considérés comme une infamie. Car la seule préoccupation qui guide alors le Romain est : «Comment un homme libre peut-il être le sujet passif d’un autre, sans devenir esclave ou cesser d’être homme ?» Seule solution : être un dominateur actif et ne se soucier que de son seul plaisir.