Depuis la fin des années 1970, le sexe s’est banalisé. En matière de liberté des mœurs, aucune époque ne semble pouvoir rivaliser avec la nôtre. Et pourtant. Selon l'historien Robert Muchembled, auteur de L'Orgasme et l'Occident, nos ancêtres ont eux aussi connu des périodes plutôt «hot». Si on y regarde bien, l’histoire de la sexualité est un balancier qui oscille entre répression et émancipation, désirs refoulés et explosion des pulsions.

samedi 16 mars 2019

  « Le culturel, l'économie, le politique.
tout est imbriqué dans l’évolution de notre sexualité. Ce n’est pas une histoire linéaire. Dans les périodes de disette et de misère, par exemple, on a observé un repli dû à une baisse de la libido et à des problèmes physiologiques peu propices aux relations sexuelles. Les périodes de conflit, au contraire, ont généré une véritable frénésie sexuelle liée à la proximité de la mort. Et sans l'expansion économique des Trente Glorieuses, qui a offert un cadre social favorable à l'expression du plaisir, nous n’aurions sûrement pas connu de révolution sexuelle en mai 1968. Dans tous les cas, l'émancipation sexuelle a toujours été d’abord le fait des élites, nobles, marchands, intellectuels, puis ensuite, par mimétisme, elle s'est diffusée chez les ouvriers. » CAM