Pour la troisième fois en vingt ans (1997, 2008, 2018), les experts américains du World Cancer Research Fund
(WCRF), en collaboration avec l'American Institute for Cancer Research (AICR), ont livré leur analyse des liens entre alimentation et cancer. 
Un travail colossal qui consiste à passer en revue des dizaines de milliers d'études internationales, plus de 80 000 depuis 2015. 
Objectif, la formulation de recommandations nutritionnelles pour la prévention des cancers qui font référence au niveau mondial (lire pages suivantes). Lesquelles sont, en France, traduites et adaptées au contexte hexagonal et relayées par le réseau Nacre (Réseau national alimentation cancer recherche).

Des conseils qui, s'ils étaient mieux suivis, permettraient, selon les calculs des experts, de diminuer de 40 % le nombre de cas. Soit environ 140000 cancers en moins sur les 346000 cas annuels en France. Pour rappel, les quatre principales causes de la maladie demeurent:
  •  le tabac (20 % des cas), 
  • l'alcool (8%). 
  • une alimentation déséquilibrée (54 %) et 
  • l'obésité (5,4 %). 
Ainsi, ces deux derniers facteurs de risque sont à eux deux responsables d'environ 36000 nouveaux cas chaque année. « Trop peu de Français sont conscients des risques qu'ils prennent », regrettait Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, en mars 2018,lors du centenaire de la Ligue contre le cancer. D'où l'importance d'une modification urgente de nos comportements alimentaires. Tout en gardant en tête que si oui, l'alimentation est bien une arme contre le cancer et si « bouger » est essentiel, non, il n'existe aucun aliment miracle anticancer. État des lieux et réponses à 20 questions autour des liens entre assiette et cancer.

Aliments protecteurs, aliments agresseurs Le rapport du World Cancer Research Fund permet d'établir une « cartographie » du corps humain où, pour chaque localisation de tumeur, est identifié ce qui protège et ce qui agresse.

Une centaine d'épidémiologistes, oncologues, spécialistes de la nutrition et du métabolisme ont minutieusement passé en revue des milliers de publications internationales après les avoir mises à jour selon un dispositif appelé Continous Update Project (CUP). En pratique, ‘la consiste en une récapitulation systématique de la littérature scientifique, passant au crible les meilleures revues pour ne conserver que les travaux les plus probants Cette collaboration internationale est réalisée en partenariat avec l'Imperial College de Londres (Royaume-Uni).

Pour chaque localisation de cancer, toutes les études sont décortiquées et — quand cela est possible — une méta-analyse (analyse statistique de différentes études indépendantes) est effectuée. Les scientifiques examinent à chaque fois les mécanismes les plus plausibles et concluent à un certain niveau de preuve (convaincant, probable, certain...)

Les 10 conseils anticancer:
  1. Maintenir son poids de forme:  Le lien entre obésité et cancer est désormais bien établi pour une douzaine de localisations (bouche, pharynx, larynx, œsophage, pancréas, foie, côlon-rectum, sein après la ménopause, utérus, rein, ovaire).
  2. Etre physiquement actif: L'activité physique, pas uniquement le sport mais toutes les activités de la vie quotidienne (marche rapide, activités ménagères, Vélo, natation..), est utile avant un cancer, mais aussi pendant et même après un cancer.
  3. Privilégier une alimentation plus variée Enrichir ses assiettes en céréales complètes, légumes secs, fruits et légumes. Pour leur teneur respective en fibres, vitamines, antioxydants et eurs actions combinées.
  4. De « industriels » Mieux vaut réduire sa consommation d'aliments transformés industriels, tous trop riches en acides gras trans, sucres rapides, sel.
  5. Moins de viande Dans la prévention du cancer colorectal, plutôt limiter sa consommation de viande rouge à moins de 500 g par semaine, soit un maximum de 70 g par jour.
  6. Limiter la consommation de boissons sucrées: Très caloriques, ces boissons (sodas, jus de fruits.) ont une faible valeur nutritionnelle et ne procurent pas la même sensation de satiété que les aliments solides. D'où une rapide et facile prise de poids menant à l'obésité, facteur de risque avéré du cancer.
  7. Limiter l'alcool: La consommation d'alcool, quel qu'en soit le type, est déconseillée en matière de prévention du cancer. Les repères de recommandations sont les » suivants : pas plus de deux verres par jour pour une femme, pas plus de trois Dour tn RATES 
  8. Pas de compléments alimentaires: Leur consommation peut en effet présenter plus de risques que de bénéfices et les surdosages se révéler dangereux, a fortiori chez les fumeurs. Attention à l'automédication
  9. Favoriser l"allaitement Les avantages de l'allaitement prolongé (plus de 6 mois), au-delà de ses bénéfices pour les enfants, se traduisent aussi pour les mères en diminuant le risque de développer un cancer du sein.
  10.  à suivre aussi après un diagnostic de cancer: Les recommandations précédentes contribuent aussi à prévenir d'autres maladies chroniques (obésité, diabète, hypertension artérielle..).