2018-Alimentation: Industrie

Périco Légasse, Marianne Janvier 2018

Lactalis 

Affaire Lactalis Les inavouables secrets d'Emmanuel Besnier (Marianne)

Le 14 janvier, le patron mutique de Lactalis « sort du silence » en une du JDD: deux pages d'interview. 
Une première. La révolution dans l'empire de l'omerta, ses 250 usines, ses 75 000 salariés, présent dans 50 pays. Il a fallu: 
  • l'injonction du ministre de l'Economie, Bruno Le Maire - « Lactalis a gravement failli» 
  • Les errements des géants de la distribution (Leclerc, Carrefour, Auchan, Système U...) qui ont écoulé une partie de leurs stocks douteux, 
  • les plaintes des familles de la trentaine de bébés contaminés pour « mise en danger de la vie d'autrui », 
  • et la fragilisation de son groupe tentaculaire (17,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires), 
pour que le milliardaire daigne réagir en personne. « Nous indemniserons toutes les victimes », a tenté de rassurer le PDG, sans préciser le montant.
« Nous considérons qu'il n'y a pas eu de manquement de notre part sur les procédures », 
a-t-il ajouté. Interrogé sur les raisons pour lesquelles des lots incriminés ont pu être distribués dans les hypermarchés ou les pharmacies malgré trois rappels, le patron du géant laitier n'apporte aucune explication : 
« Tout le monde est mobilisé pour comprendre ce qui s'est passé. Il y a peut-être eu des erreurs humaines. »

Le scandale Lactalis lève le voile sur l'étrange fonctionnement du groupe mondial aux marques ultra connues des ménages (Président, Lactel, Bridel, roquefort Société, Salakis...). Une communication de crise moyenâgeuse. 

Un management à la papa:

  • Des comptes planqués - l'entreprise préfère payer des amendes plutôt que de publier ses résultats. 
  • Une dynastie hyperfriquée (8 fortune de France, selon Forbes) retranchée dans son fief de Laval 

Une vie privée..

où le petit-fils du fondateur protège farouchement son domaine. Emmanuel Besnier n'a pas hésité à porter plainte contre « Envoyé spécial » qui a osé filmer depuis un ULM sa résidence, le château du Vallon, à Entrammes. De sa vie privée ne filtre que quelques bribes :il a 47 ans, on le sait marié avec la fille d'un industriel du coin, père de trois enfants. La famille Besnier passe les vacances d'hiver dans son chalet de Courchevel et celles d'été dans sa propriété de l'île de Ré. Le patron le plus mystérieux de France voyage incognito dans le TGV Laval-Paris. Il assiste incognito aux matchs de foot du club mayennais sponsorisé par Lactalis dans une loge privée aux vitres teintées, comme le rapporte la rumeur locale. Il déjeune incognito au bistrot de Paris, à Laval, dans un salon privé. Et lorsque Bruno Le Maire le convoque à Bercy le 13 janvier, pour un entretien de trente minutes, il négocie un accès sécurisé, à l'abri des regards.

Et ne comptez pas sur ceux qui l'ont côtoyé - syndicalistes, élus, ancien directeur -, pour vous lâcher des indiscrétions. « Je n'ai rien à vous dire », évacuait Marcel Urion, DG du groupe de 1987 à 1992, qui fut pourtant le conteur officiel de la saga Lactalis et que nous avions joint à l'occasion d'un portrait du milliardaire en septembre 2016. Même gêne chez un ex-délégué syndical : « Vous comprendrez qu'il m'est difficile d'aborder ce sujet, car c'est l'omerta la plus complète sur cette entreprise. »

Chez les Besnier, le gène de la discrétion se transmet de père en fils, jusquà la paranoïa. Emmanuel l'a hérité du grand-père André, parti de rien, qui a monté en 1933 sa fromagerie dans un petit local de d'Avesnières ; et de son père qui a racheté des marques à tout-va et donné une envergure internationale à la petite entreprise originelle. 
Allergique aux mondanités, avare en interviews, cet entrepreneur vorace surnommé « l'ogre de Laval » n"avait qu'une devise : « Le bien ne fait pas de bruit, le bruit ne fait pas de bien ». Un aphorisme de saint Vincent de Paul que le troisième du nom assume au plus fort de la tempête sanitaire. 
« Ma famille a grandi dans une culture de la simplicité et de la discrétion, c'est aussi un peu la mentalité de notre région, confie-t-il au JDD. Ici, dans la Mayenne, c'est vrai, c'est le travail d'abord, la parole après. Je passe mes journées dans l'entreprise auprès de mes équipes. C'est vrai, je ne suis pas d'une nature expansive. » 

SAUVER L'IMAGE DU GROUPE

Si le président des camemberts Président n'est pas expansif, ses pratiques sont expéditives, et ce n'est pas la première fois que son groupe est épinglé : 
  • vente de mozzarella périmée en 2008, 
  • entente sur les prix avec le « cartel du yaourt » en 2015, et plus récemment. 
  • à l'été 2017, pollution d'une rivière par des rejets de résidus de lactose provenant de l'usine de Retiers (Ille-et-Vilaine). Un accident industriel qui a asphyxié des milliers de poissons. Décelée le 18 août, cette catastrophe na été communiquée que quatre jours plus tard aux autorités. 
Surtout ne rien révéler qui entacherait l'image du groupe. Une habitude maison réitérée lors du scandale du lait pour nourrissons. 

Pas de scrupule chez les Besnier:
  • Papa Michel excellait déjà dans l'art de briser tout ce qui peut entraver son expansion. Comme en 1982, lorsqu'il envoie un commando d'anciens paras récupérer un stock de camemberts saisi par les salariés en grève.
  • En 1998, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) découvre que, pour gonfler sa production à moindres frais et rendre son produit conforme aux exigences européennes, l'industriel a dilué son lait avec l'eau qui a servi à rincer les tuyaux, ou du « perméat », un résidu de la fabrication des fromages. Une pratique illicite que les responsables de l'entreprise ont camouflée en falsifiant les pièces comptables. Une fraude à grande échelle qui vaudra à l'ex-DG Marcel Urion, six mois de prison avec sursis, 37 000 € d'amende et 850 000 € de dommages et intérêts à verser aux parties civiles. 
  • En 1999, cette fois, c'est le directeur des abattoirs Tendriade, à Châteaubriant, filiale à 100 % du groupe, qui doit payer 30 000 F d'amende (4 580 € environ). Il est accusé d'avoir commercialisé plusieurs centaines de kilogrammes de pièces de veau, en falsifiant les dates de fabrication et les dates limites d'utilisation de certains morceaux. 
  • Rebelote en 2000. Lactalis est condamné à payer 200 000 F (30 700 €) pour « fraude sur le lait et publicité mensongère » : du comité a été fabriqué à partir de lait non conforme aux exigences de l'appellation d'origine contrôlée.
Emmanuel prend la tête du groupe à 29 ans, à la mort de Michel, en 2000 

SANS PITIÉ

Quand le groupe n'est pas accusé de fraude, c'est lui qui lance des accusations bidons contre ses concurrents !
  • En 2008, au plus fort de la guerre des camemberts, le fiston Besnier attaque la fromagerie Réaux : celle-là vendrait des fromages au lait cru contaminés par la listeria monocytogène, une bactérie mortelle. Du pipeau. En affaires, Emmanuel Besnier est sans pitié.
« Il n'a pas une très haute estime du monde agricole. Il a le pouvoir de dicter sa loi et ne supporte pas qu'on lui résiste », confiait Philippe Marquet en 2016. L'ex-secrétaire général de la Confédération paysanne de la Loire racontait alors à Marianne comment le groupe l'avait traîné — en vain — devant le tribunal pour avoir participé au blocage d’une usine du groupe.

Profitant de son monopole, Lactalis représente le grand méchant loup pour les petits producteurs à qui il impose des cours intenables (0.35 € le litre de lait) qui les tuent à petit feu. Et malheur à celui qui dénoncerait publiquement ces pratiques. 
Cinq éleveurs de Maine-et-Loire ont vu leur contrat résilié.
Leur grande faute : ils ont témoigné dans le reportage d'« Envoyé spécial », diffusé sur France 2 en octobre 2016, intitulé « Lactalis :le beurre et l'argent du beurre ».

Tout contrôler : ses tarifs, ses concurrents, ses producteurs...

Jusqu'à sa biographie officielle verrouillée et aussi relevée qu'un yaourt à 0 %. Il y a dix ans, Emmanuel Besnier confiait à une historienne journaliste le soin de retracer la success story à la française de sa tribu. Une fable où l'on apprend qu'il fait un « métier formidable » : il est « laitier ». Qu'il est « passionné de fromage » et que « l'amour de l'entreprise lui vient des produits », Le camembert pasteurisé, la feta sous vide et le cheddar pour hamburger... « C'est en dégustant les produits de la maison, à chaque repas, depuis son plus jeune âge, qu'il] a pris conscience petit à petit du travail de son père, qui allait un jour devenir le sien. » Le milliardaire caresse l'espoir qu'un jour l'un de ses enfants sera à son tour « fromager ».BP.CH. MM. ET PL.

LA BOÎTE À CASH DE LACTALIS 

Grâce à un holding belge, la famille Besnier profite d'une fiscalité très clémente. Baptisée BSA international et dotée d'une boîte aux lettres à Bruxelles, cette société affiche un capital de 1,787 milliard d'euros.
Par son intermédiaire, la maison mère Lactalls, basée à Laval, contrôle une cinquantaine de filiales à travers le monde (Ukraine, Singapour, Portugal...).
Pourquoi un tel montage ?
BSA international, qui a dégagé 35 millions d'euros de bénéfices en 2013, n'a été taxée que sur 1,45 million d'euros. Une « boîte à cash » pour une multinationale comme Lactalis, qui capitalise les excédents

de trésorerie des autres sociétés du groupe tout

en leur prêtant de l'argent.
Les remboursements des créances permettent alors de détaxer les bénéfices réalisés dans d'autres pays. Un beau modèle d'optimisation fiscale dont le père d'Emmanuel, Michel Besnier, est à l'origine. m1.


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Lait, pizzas, pâtes à tartiner, cosmétiques, produits d'entretien, médicaments... Les industriels n'hésitent pas à nous fourguer des produits dangereux. À présent, il appartient aux politiques d'agir.

Lactalis (salmonélose)

L‘affaire est entre les mains de la justice. Une dizaine de familles, dont les bébés ont été contaminés après avoir consommé du lait en poudre Lactalis, ont déposé plainte contre le groupe présidé par Emmanuel Besnier. A la date du 20 décembre, l'autorité de surveillance Santé publique France a en effet recensé 35 cas de salmonellose chez des nourrissons, dont il a été formellement établi que 31 d'entre eux avaient bu du lait provenant de l'usine Lactalis de Craon.

Depuis, une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet de Paris pour «mise en danger de la vie d'autrui », «tromperie aggravée par le danger pour la santé humaine » et « inexécution d'une procédure de retrait ou de rappel d'un produit ». Car même s'il n'y a pas de cas de mortalité, la salmonellose peut être fatale sur des organismes fragiles. 

Normeat -Danemark- (salmonelle)

En mars 2017, suite à une intoxication collective portant sur 19 cas, deux personnes sont mortes au Danemark après avoir consommé un plat de viande congelé de la marque Normeat. Et selon le Statens Serum Institut de Copenhague, qui a procédé aux analyses sur les malades, les victimes ont été infectées par une souche unique de salmonella. 

Paul Prédault (1992: 63 morts)

Il faut remonter à 1992 et à l'épidémie de Listeria monocytogenes provoquée par de la langue de porc en gelée de la marque Paul Prédault, géant sarthois de la rillette, avec intoxication de 279 personnes, dont 63 sont décédées, pour trouver un scandale d'une telle ampleur. A l'époque, l'industriel responsable du drame avait été protégé par la Direction générale de l'alimentation du ministère de l'Agriculture.

Le cas Lactalis

Les temps ont changé et le gouvernement n'a pas hésité cette fois à désigner le coupable. Car il semblerait que Lactalis ait tenté de gagner du temps quant au délai de retrait des lots de lait contaminés et qu'il a fallu l’insistance du ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, auprès d'Emmanuel Besnier (dont Stéphane Le Foll, ex-ministre de l'Agriculture, disait ne pas avoir le numéro de portable), pour que le premier groupe laitier mondial daigne obtempérer.
Le 10 décembre, à l'issue de leur échange, passablement excédé, le ministre se fendait d'un communiqué sans appel : 
« Les mesures prises par l'entreprise n'étaient pas de nature à maîtriser le risque de contamination des produits destinés à l'alimentation d'enfants en bas âge. » 
Plus ennuyeux, ainsi que l'a révélé le Canard enchaîné, la direction de Lactalis aurait été au courant de la présence de salmonelles dans son unité de production depuis... février 2017. Nos confrères indiquent que, selon l'enquête de la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP),le groupe avait procédé à des contrôles signalant en interne la présence de la bactérie sur du carrelage et du matériel de nettoyage, au mois d'août 2017, présence confirmée par un nouveau contrôle en novembre. 
Le plus étonnant est qu'une inspection sanitaire de routine, diligentée au mois de septembre par la DDCSPP de la Mayenne, n'avait, elle, rien détecté.

Saisie début décembre par le ministère de la Santé après les premiers cas d'intoxication, la Répression des fraudes nationale dépêchait illico un groupe d'enquête à Craon. 
Surprise, le rapport de septembre ne signalant aucune trace de salmonelle était introuvable. 
En revanche les enquéteurs découvraient sur place que l'une des deux colonnes de séchage transformant le lait en poudre de lait était saturée de salmonelles.
Aussitôt alerté, le préfet de Laval ordonnait la fermeture partielle de l'usine le 9 décembre, bloquant la production du lait pour nourrissons mais pas celle des boîtes de céréales.
Arrêté qui ne sera rendu public que le 29 décembre, juste après que des parents de bébés malades ont saisi la justice. Président d'une association de victimes ayant lui-même déposé plainte, Quentin Guillemain s'étonne qu'une partie de l'usine puisse continuer à fonctionner alors que Lactalis a rappelé certains lots de céréales pour enfants le 21 décembre 2017.

www.milumel.fr

 

www.picot.fr

 

www.taranis-nutrition.com

 

www.delical.fr

 

Pourquoi une nouvelle extension du rappel le 12 Janvier 2018 ? Afin d’appliquer un principe de précaution maximum, nous étendons le rappel à l’ensemble des produits fabriqués sur le site de Craon, quelle que soit la date de production, quel que soit le lot.


Lactalis: jouer avec le feu.

Comment une multinationale, aussi vigilante que Lactalis sur les processus de fabrication de produits sensibles, ayant mis en place des procédés de contrôle drastiques _ ce que personne ne lui conteste a-t-elle pu laisser se développer une contamination aussi massive ?

Pourquoi, au-delà de ces mesures de sécurité aux mailles si serrées, la bactérie a-t-elle quand même pu s'installer et contaminer un circuit ultrasurveillé sur un délai aussi prolongé ? 

Un mois après les faits, plusieurs hypothèses sont évoquées : négligence, imprudence ou même malveillance..

La Grande Distribution 

E.Leclerc a reconnu avoir vendu du lait pour bébé Lactalis malgré le rappel en vigueur. Une information qui nous rappelle le rôle des grandes surfaces dans l'effondrement de la qualité alimentaire pour cause de course folle au prix toujours plus bas. Au-dessous d'un certain seuil, on joue avec le feu. Si la grande distribution acceptait de payer le litre de lait à son juste prix, les industriels pourraient sans doute mieux maîtriser la qualité de leurs productions, voire l'améliorer.

HORREUR ALIMENTAIRE 

Confrontés au fléau de la malbouffe, les puissants de ce monde nous racontent aussi des salades, histoire de nous faire avaler n'importe quoi...

2012 Nutella

Ainsi, un amendement dit « Nutella », voté par le Sénat le 7 novembre 2012, taxant l'huile de palme dans les pâtes à tartiner au chocolat, à raison de 300 € la tonne, afin de réduire les impacts catastrophiques d'un excès de consommation sur la santé des enfants, fut aussitôt torpillé par la ministre de la Santé de l’époque, Marisol Touraine.

2000 Mc Donald

Ainsi McDo lançant sa « saga des fromages » avec un McCheese au beaufort, un McCheese au reblochon etun McCheese à la tomme de Savoie, avait juste omis de préciser que le beaufort ne représentait que 51% du fromage utilisé, le reblochon 8,5 % et latomme 6 %. Commencée en 2000. la procédure judiciaire s'est achevée en mai 2011, devant la cour d'appel de Versailles, avec la condamnation de McDo.

2003 Comigel

Ainsi, encore, la société Comigel, célèbre en 2013 pour avoir livré des lasagnes au cheval roumain pour le compte de Findus, avait été achetée ‘en 2007 par Céréa Gestion, un fonds de pension français coactionnaire d'« usines à bouffe » comme Buffalo Grill, Planet Sushi et Léon de Bruxelles, par ailleurs bras financier d'un géant du lobby céréalier connu sousle nom d'Unigrains, alors propriété du Crédit agricole, de la Société générale, de BNP Paribas et de Natixis. Quand la traçabilité de la malbouffe remonte directement à la salle des coffres.

Ainsi toujours:
  •  Du curry contenant du jaune de méthyle, un colorant industriel déclaré cancérigène, qui a été utilisé par la société néerlandaise Calcic pour teinter du couscous en boîte et des plats cuisinés. 
  • Ce même colorant toxique dans des cocktails commercialisés par le groupe Intermarché sous la marque Cigalou et Caravelle. Un scandale lui aussi révélé par le Canard'enchaîné.

Même nos bonnes vieilles pizzas, que l'on croyait hors d'atteinte de la perversion mercantile, sont touchées. Si une pizza artisanale peut être un délice, une pizza « à l'américaine » peut se transformer en horreur alimentaire. Une étude a montré que nombre de pizzas ambulantes sont des concentrés de malbouffe. 
  • La plupart seraient fabriquées avec du faux fromage à base de « Lygomme TACH Optimum », une substance destinée au marché européen depuis 2009 et composée d'amidons, de galactomannane (E 410,412, 417) et de carraghénane (E 407), deux gélifiants enrichis d'arômes artificiels particulièrement nocifs. Le genre d'aliments qui mériterait que l'on indique sur l'emballage, à la façon d'un paquet de cigarettes : « Manger tue ».
Pour le reste, la logique du productivisme agricole continue à faire des dégâts majeurs sur l'environnement et la santé. Et si la France s'est engagée à réduire de 50 % l'usage des pesticides dans son agriculture d'ici 2018, elle reste un des premiers utilisateur de « produits phytosanitaires de protection des plantes » (la formule peut laisser croire à une infusion pour convalescents...) avec:
  •  67 000 t par an, surtout dans la viticulture, 
  • derrière l'Espagne (70 000 t) et 
  • devant l'Italie (50 000 t), 
soit une hausse de 20 % depuis 2007, même si les commandes ont pour la première fois baissé en 2016. Sans oublier les abattoirs, dont les images terrifiantes, diffusées par le mouvement végan L214 révèlent une situation abominable. Au-delà de la barbarie, on sait que les conditions d'hygiène, notamment lors des abattages religieux, où les chairs sont en contact avec les organes et le sang sont parfois abominables.

Au terme de cette sinistre démonstration, nous en revenons toujours au même point. Le poison et la malbouffe pourraient être sérieusement limités, voire évités, si l'on comprenait une fois pour toutes que, plus on baisse le coût de production, plus on abaisse la qualité, donc la sécurité alimentaire. La balle est aujourd'hui dans le camp du pouvoir politique, qui ne le sait que trop bien. Ou la grande distribution est enfin contrainte, au nom du libéralisme, sans contours ni subterfuges, de payer le prix qui permet aux producteurs (paysan, artisan ou industriel), de vivre de leur travail, ou cela finira très mal. 

jeudi 03 janvier 2019

  « Salmonella du sérotype agona, de son nom scientifique, est une entérobactérie, à savoir un bacille Gram négatif évoluant dans le sol, l'eau et le système intestinal des humains ou des animaux. » Marianne

jeudi 03 janvier 2019

  « Le phénomène s'étant déjà produit en 2005 sur des laits infantiles de la marque Picot -produit lactalis- , avec 141 cas de nourrissons contaminés, l'Institut Pasteur la connaît bien. » Marianne

jeudi 03 janvier 2019

  « La présence de salmonelle dans le lait vient de l'ensilage. C'est une méthode de conservation du fourrage, destiné à nourrir le bétail, qui consiste à stocker des végétaux pilés, en l'occurrence du maïs, sous de vastes bâches en plastique, afin que leur fermentation lactique décuple les capacités énergétiques de l'aliment. » Marianne

jeudi 03 janvier 2019

  « Mal maîtrisé, l'ensilage peut devenir un bouillon de culture à grande échelle. Des animaux sauvages, notamment des rongeurs, s'introduisant sous les bâches pour manger le maïs peuvent contaminer le lot de leurs déjections. Si ces animaux sont porteurs de bactéries pathogènes, genre listeria, escherichia ou salmonella, alors le risque que les animaux nourris avec ce maïs _ensilé soient contaminés, donc le lait qu'ils produisent, est plus que réel. » Marianne