2018-Pharmacie: Medicaments

Que Choisir 12/2018, 03/2019

Revue: Prescrire 2019

Chaque début d'année, la revue médicale indépendante Prescrire dresse le bilan des médicaments plus dangereux qu'utiles. Pour l'édition 2019, plusieurs spécialités ont été ajoutées à cette liste noire.

# La méphénésine (Décontractyl), 

ce « myorelaxant » est autorisé en traitement d'appoint des contractures musculaires douloureuses. Son efficacité n’est pas supérieure à celle d’un placebo. En conséquence, ses effets indésirables (somnolences, vomissements, réactions d’hypersensibilité) sont disproportionnés. Même en crème pour application locale (Décontractyl baume), cette substance peut provoquer des atteintes graves de la peau.

# L’oxomémazine (Toplexil, Humex toux sèche et génériques) 

Est un sirop antitoux bien connu des familles. C'est également un sédatif, qui entraîne somnolence et baisse de la vigilance. Sa notice témoigne du grand nombre et de la variété des autres problèmes qui peuvent être provoqués par ce médicament: troubles de la mémoire ou de la concentration, vertiges, tremblements, confusion, sécheresse de la bouche, troubles de la vue, rétention d'urine, constipation, etc. Pour ces raisons, Que Choisir recommandait déjà de l'éviter en 2016.

# La cimétidine (marque générique) 

est autorisée pour le traitement du reflux gastro-æsophagien (brûlures d'estomac). Prescrire propose de l'écarter car elle expose à nettement plus d'interactions médicamenteuses que d’autres médicaments de la même classe (dits «antihistaminiques H2 » tels quelaranitidine/Antazac). Pour ces raisons, Que Choisir avait déjà conseillé des solutions alternatives.

# Le trinitrate deglycéryle (Rectogesic) 

est une pommade utilisée dans les fissures anales. Prescrire conseille de ne pas y avoir recours en raison de sa faible efficacité au regard de forts maux de tête.

# Enfin, la revue médicale recommande d'éviter 

l’ulipristal à 5 mg (Esmya), 

un médicament autorisé en gynécologie (traitement de tumeurs bénignes de l'utérus), ainsi que 

l’acide obéticholique (Ocaliva), 

autorisée en gastroentérologie pour certaines maladies du foie. Pour ces deux traitements aussi, les inconvénients se révèlent plus élevés que les bénéfices. &


LEVOTHYROX 2018

Des expertises ordonnées dans le feuilleton du Levothyrox, la justice est entrée en scène. Le 4 novembre, le tribunal de grande instance de Toulouse a renvoyé l'évaluation du préjudice d'anxiété et du préjudice moral revendiqués par 42 patients à une expertise médicale.
Trois experts seront désignés pour décider si la nouvelle formule du Levothyrox, commercialisée depuis l'été 2017 par le laboratoire Merck, est à l'origine des effets indésirables rapportés. Ils devront dire si la nouvelle formule a aggravé des symptômes existants ou en a fait émerger d'autres, et si les victimes gardent des séquelles de la période où elles ont pris Le médicament. Chaque plaignant réclame 30 000 € de dédommagement.
Le tribunal a aussi exigé que l'ancienne formule reste disponible pour Les personnes en ayant besoin. Le laboratoire a déjà répondu que ce serait Le cas, et que cela serait valable tout 2019 pour les patients ayant une ordonnance.