La formule des « 5 portions de fruits et légumes » par jour est si puissamment martelée qu'elle résonne en slogan. C'est le premier Programme national nutrition santé (PNNS de 2001) qui avait accouché de cette recommandation très médiatisée et reconduite d'un plan santé à l’autre, avec des résultats plutôt mitigés. 

Seulement 1 quart environ des Français la respectent. Cette proportion a même diminué en 10 ans, passant entre 2007 et 2017 de 27 à 25 %.
Pour les jeunes de 2 à 17 ans, c'est pire encore : 6 % seulement des enfants et des adolescents sont dans les clous (selon le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie, 2017), les personnes les plus âgées restant les plus grands consommateurs de végétaux.

Ces chiffres vont de pair avec d'importantes disparités sociales et régionales. 

On se nourrit davantage de légumes et de fruits dans les zones de production. Le Nord est le mauvais élève, et les petits revenus rognent sur les produits frais dans leur budget. II faut aussi rappeler que ce bilan médiocre concerne un pays où, malgré quelques scandales sanitaires et la baisse continue de sa consommation depuis les années 1990, la viande figure toujours dans les représentations du menu idéal.

Quels sont les arguments avancés par les scientifiques pour insister autant sur le point phare des plans santé ? Après tout, l'espérance de vie en France reste l’une des plus longues au monde. Avec 82 ans en moyenne à la naissance, notre pays occupait la 10° place au classement en 2017 (source : Institut national d'études démographiques).
En amont du 4° PNNS (2017-2021), une centaine d'experts ont planché entre 2012 et 2016 sous les auspices de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) pour tout réactualiser et proposer de nouveaux repères nutritionnels en faisant le point sur la recherche.
Les recommandations qui en sont issues viennent d'être de nouveau aménagées, et quelques-unes ont été publiées en préambule du prochain PNNS 2018-2022, qui vient enrichir le plan 2017-2021.

L'un des résultats les plus attendus de cette expertise a de quoi faire sursauter. 
En réalité, les fameux 400 g de fruits et légumes si fermement conseillés ne suffiraient pas. 
« Après analyse de travaux approfondis et rigoureux, il en faudrait en réalité de 650 à 700 g au quotidien », souligne François Mariotti, professeur de nutrition à AgroParisTech et président du comité d'experts spécialisés en nutrition impliqué dans l'étude.

Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), qui élabore le PNNS, n'a pas retenu ces chiffres et s'en tient toujours à 400 g, à la différence d'autres pays plus ambitieux. Serait-ce pour ne pas décourager davantage les Français, déjà “petits joueurs" ?
Pourtant, une méta-analyse publiée en 2017 dans International Journal of Epidemiology confirme l'évaluation de l'Anses. 
« La réduction des risques pour les maladies cardio-vasculaires et pour la mortalité générale est effective à partir d'une consommation de 800 g de fruits et légumes par jour, et de 600 g par jour pour le cancer », concluent les auteurs de cet article très repris.
Ils ajoutent qu'une consommation de 500 g par jour aurait déjà pu éviter 5,9 millions de morts prématurées dans le monde (en 2013), ce nombre s'élevant, avec 800 g, à 78 millions.

Dans ses conclusions, l'Anses encourage à diversifier ses menus et ses sources d'approvisionnement, de façon à limiter les risques liés aux contaminations (notamment par les traitements phytosanitaires). On peut néanmoins se demander si passer de 400 g de végétaux au double n'augmente pas ces risques.

Le rapport d'expertise étudie donc aussi les relations entre la consommation de certains groupes d'aliments (céréales complètes, produits laitiers, poisson, viande...) et les risques pour la santé.
Parmi les maladies chroniques les plus fréquentes, ont été retenus:
  • l'obésité, 
  • le diabète de type 2, 
  • les maladies cardio-vasculaires, 
  • certains cancers, 
  • l'ostéoporose et 
  • le déclin cognitif. 
Les fruits et les légumes font partie des groupes scrutés. Ce long travail n'a pas toujours dégagé de conclusions probantes. C'est le cas pour ce qui concerne l'ostéoporose et le déclin cognitif.

UN ACCOMPAGNEMENT ANTI-OBÉSITÉ 

Plus fréquente dans le nord de la France et dans les foyers aux revenus les plus modestes, l'obésité concernait
  • 25,6 % des personnes disposant de moins de 900 € par mois, et seulement
  • 7 % des plus aisées (au-dessus de 5300 €), en 2012.
La moyenne nationale se situait alors à 15 %, elle est passée à 17 % en 2015. Manger davantage de fruits et de légumes diminue le risque de prise de poids, mais les données sont encore insuffisantes pour établir une relation de cause à effet, conclut le rapport d'expertise. Ce dernier émet cette hypothèse : c'est la baisse de la densité énergétique qui agirait favorablement.
Les végétaux sont moins caloriques que nombre d'aliments industriels, souvent gras et sucrés. En tout cas, les chercheurs ont une certitude : les boissons sucrées sont associées à des kilos en plus. Entre autres parce qu'elles s'ajoutent au reste : on sirote rarement un soda en se privant de dessert pour compenser. Le classement récent des jus de fruits dans cette catégorie s'inscrit dans le droit fil de cette constatation.
« La preuve n'est pas faite que le sucre des fruits n'a pas la même action que celui des sodas, mais on ne peut pas affirmer non plus que les fruits sont moins bons pour la santé que les légumes », commente le P' François Mariotti.

UN ROLE A JOUER .EN PREVENTION DU DIABETE

En forte augmentation depuis les années 2000, le diabète de type 2 touche 3 millions de Français. Un apport important en fibres, conjugué à davantage d'antioxydants et à moins de calories au quotidien, pourrait jouer un rôle préventif, indique l'Anses. Il s'agit de pistes à explorer, faute d'études en nombre suffisant ou d'hétérogénéité pour apporter des preuves formelles. Ces 3 facteurs figurent parmi les points forts d'une alimentation riche en végétaux. Le rôle bénéfique des légumes verts et des baies a notamment été étudié, mais les données restent, là encore, un peu justes. Par ailleurs, une fois de plus, les boissons sucrées se trouvent sur la sellette. En absorber plus d'une par jour augmente le risque.

A LA POINTE POUR CONTRER LES MALADIES CARDIO-VASCULAIRES 

Les maladies cardio-vasculaires sont à l'origine de 150000 décès par an. Même si les taux de survie progressent, 
l'infarctus est la première cause de mortalité chez les femmes et  la deuxième chez les hommes, et 
l'accident vasculaire cérébral, la troisième cause
Ce sont pour ces affections que les études se montrent le plus affirmatives : le risque cardio-vasculaire diminue de 4 % pour chaque portion quotidienne supplémentaire de 80 g de fruits ou de légumes, le bénéfice étant avéré dès la première portion.
Jouer sur la diversité des couleurs végétales dans l'assiette serait un plus, chacune étant associée à un apport spécifique de phytonutriments.

Selon la méta-analyse d'International Journal of Epidemiology déjà citée, la consommation d'agrumes, de pommes, poires, légumes verts à feuilles, brassicacées (choux, cresson, navet, radis...) et salades serait liée à une diminution des maladies cardio-vasculaires. 
Il existe certains biais dans ces études, notamment parce que ceux qui mangent plus “sainement” sont souvent plus attentifs à leur santé, attitude ayant une incidence sur leur état général, mais ces distorsions sont très souvent prises en compte.

DIFFERENTS BOUCLIERS VIS-A-VIS DU CANCER

Les trois cancers le plus fréquemment recensés en France sont, par ordre décroissant, 
  • celui de la prostate, 
  • celui du sein et 
  • le cancer colorectal. 
On estime à 400000 par an le nombre de nouveaux cas, et à 150000 celui des décès (chiffres 2017 Institut national du cancer). En ce qui concerne le cancer de la prostate, les légumes exerceraient une action protectrice. Sauf que les résultats des recherches n'ont pu déterminer les plus efficaces parmi les légumes à feuilles, ceux qui sont riches en caroténoïdes ou les brassicacées, groupes plus spécifiquement étudiés.

Les liens avec d'éventuelles interactions alimentaires sont moins complexes à établir pour les cancers du sein non hormonodépendants : les risques diminuent avec une absorption biquotidienne de fruits et légumes, en particulier s'ils sont riches en caroténoïdes - cependant sans preuves causales suffisantes. Quant au cancer colorectal, les travaux suggèrent que la consommation de fruits et légumes en réduit modestement le risque. Toujours selon la métaanalyse d'International Journal of Epidemiology, les légumes verts ou jaunes (carotte, céleri, épinard...) et les brassicacées diminueraient globalement les risques de cancer.

Nombre de preuves formelles manquent donc encore (sauf en ce qui concerne les maladies cardio-vasculaires) pour pouvoir affirmer à coup sûr que les fruits et les légumes sont la panacée.
Néanmoins, ils sont bénéfiques dans la prévention des grandes maladies d'aujourd'hui, au moins parce que leur consommation diminue celle d'autres produits que l'on sait moins recommandables, car trop gras, trop transformés ou trop sucrés. Ces synthèses et études sur l'alimentation s'efforcent de prendre en compte le maximum de biais et de paramètres.

Toutefois, reconnaît le Pr François Mariotti, 
« on se fonde sur des analyses souvent incapables d'intégrer la complexité des éléments en jeu et de leurs modes de répercussion. Et la taille trop restreinte des échantillons empêche l'évaluation des effets santé à long terme d'un genre spécifique de préparation. Par exemple, on en reste aux hypothèses pour savoir s'il faut préférer le cru au cuit. On ne peut entrer dans les détails. Or c'est ce qui parle au public. Ainsi, faute d'études, difficile de mettre en avant un végétal plutôt qu'un autre, même si les légumes à feuilles ou la tomate figurent probablement parmi les plus intéressants. Mais l'omniprésence de la tomate dans l'alimentation aux États-Unis va sans doute de pair avec le nombre important d'études qui lui sont consacrées ».

A NOUVEAUX CHOIX, NOUVEAUX MODES DE VIE

Le Pr François Mariotti plaide pour une vision globale d'une alimentation centrée sur la consommation quotidienne de fruits et de légumes, la plus variée possible pour diversifier les sources de phytonutriments. 
« On peut affirmer que, dès que l'on augmente leurs rations, on obtient un bénéfice santé. Il y a un second avantage, tout aussi important. En mettre davantage au menu tend à déplacer les équilibres alimentaires et diminue la densité énergétique des repas. Si l'on tient compte des autres grands conseils privilégier les céréales complètes, réduire les produits animaux et transformés, se nourrir de choses plus brutes -—, il s'agit d'une révision profonde de la façon de se nourrir. »

VERS UNE ASSIETTE "A 80 % VEGETALE" ?

Ces nouveaux choix ne bouleversent pas seulement le contenu des assiettes. Manger autrement, c'est s'organiser, voire vivre différemment.
Beaucoup plus de fruits et de légumes dans la cuisine signifie des courses plus volumineuses (700 g de végétaux au quotidien, cela fait près de 3 kg par jour pour un couple avec 2 enfants), un temps plus long passé devant les fourneaux, des recettes à trouver, davantage d'inspiration.
« C'est un investissement en temps et en énergie plus qu'en coût », soutient le P' François Mariotti, qui recommande même, dans l'idéal, une « alimentation à 80 % végétale », reprenant la formule de Michael Pollan, journaliste américain militant de la végétalisation de notre alimentation : « Eat [real] food. Not too much. Mostly plants » (mange de la vraie nourriture, surtout végétale, et en quantité raisonnable). 

DES HABITUDES BIEN ANCREES

L'enquête Ideal Meal a été menée par Edenred (qui compte dans ses produits le Ticket Restaurant), en interviewant sur leurs habitudes alimentaires 2 500 de ses collaborateurs dans 14 pays, entre juin 2013 et décembre 2015. Il leur a été demandé, par exemple, de définir leur repas idéal en 3 termes.
  • Pour la France, le palmarès donne : « Équilibré, fait maison, viande. » C'est le seul pays à avoir inscrit la viande dans ses choix. On comprend mieux pourquoi il est si difficile pour certains d'en venir aux fruits et légumes !
  • Les préférences de la Grèce, « légumes, salade, grec », sont les plus végétales. 
  • L'Italie souscrit sans surprise aux pâtes (avec « méditerranéen et plaisir »).
  •  Quant aux États-Unis, ils cultivent le paradoxe en rapprochant ces trois adjectifs : « Sain, sucré, consistant. » 

LES AMBITIONS DU PNNS 2018-2022 POUR LES ADULTES

L'objectif des 5 fruits et légumes par jour ne change pas, mais, pour encourager les plus petits consommateurs,
le futur Programme national nutrition santé (PNNS) a fixé des buts (au-dessous desquels il ne faudrait pas descendre) moins ambitieux : qu'au moins 80 % des adultes mangent 3,5 portions de fruits et légumes par jour, et 55 % d'entre eux au minimum 5 portions.

En situation de pauvreté, les enjeux sont d'au moins 1 portion par jour pour tous les adultes, et au minimum 3,5 pour la moitié d’entre eux. C'est mieux que rien.

PRODUCTION ET CONSOMMATION FRANÇAISES

La France est le 3° producteur européen de fruits et de légumes frais, après l'Italie et l'Espagne. Cette production ne concerne que 2 % des terres agricoles utilisées. Les légumes les plus cultivés sont les tomates (également les plus exportées), les carottes et le maïs doux. La moitié des fruits produits sont des pommes.

En 2014, l'arboriculture fruitière ne concernait que 1,1 % des surfaces bio, et le maraïchage, 1,6 %. En 2017, les Français ont acheté 85,1 kg de fruits et 82,8 kg de légumes par ménage. Ces achats ont été effectués pour un tiers en hypermarché. La part de marché des circuits alternatifs (vente directe, par exemple), de 5,5 % à peine, est en hausse.

DES PROPORTIONS FLUCTUANTES

 Au cours des années 1980, les experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) se sont inquiétés de la flambée des maladies cardio-vasculaires. Les recherches d'alors révélaient qu'une consommation accrue de fruits et légumes allait de pair avec une diminution des risques et, en 1990, l'OMS en fixait les rations à 400 g au minimum par jour. || s'agissait d'un chiffre plancher et non d'un idéal, plus proche de la fourchette de 600 à 800 g. Par la suite, ces 400 g ont été déclinés en 5 portions de 80 g, faciles à mémoriser.
5 PAR JOUR, 5 A DAY, 5 AL DIA, 5 AMTAG...
Le chiffre 5 a souvent été retenu comme slogan dans divers pays, mais avec des tailles de portion variables.
Les habitudes alimentaires ne sont pas étrangères à ces fluctuations. 
  • Au Japon, l'objectif est de 350 g de légumes et de 200 g de fruits (souvent coûteux) par jour. 
  • En Espagne, c'est l'inverse : 2 légumes et 3 fruits, avec des rations d'environ 150 g pour les premiers.
  • En Australie, le slogan « Go for 2 & 5 » sous-entend 2 portions de 150 g pour les fruits, 5 portions d'au moins 75 g pour les légumes. 
  • Au Canada, il s'agit de 5 à 10 portions de 80 g ; 
  • en Suisse, de 5 portions de 120 g ;
  •  au Danemark, d'un total de 600 g. 
  • Les États-Unis conseillent de 120 à 150 g par portion, en excluant notamment du compte les pickles, les olives, le guacamole et la noix de coco. 
Avec son objectif de 400g, la France n'est donc pas la plus ambitieuse.


“IL EST INDISPENSABLE DE SAVOIR CE QU’ON ACHÈTE” 


Président du programme national nutrition santé (PNNS), le Pr Serge Hercberg milite pour une meilleure information sur l'alimentation.

Tout n’est pas si compliqué pour bien se nourrir, selon lui. La commission d'enquête parlementaire sur l'alimentation industrielle parle de « reprendre le pouvoir sur nos assiettes ». 

Cela sous entend que nous l'avons perdu. Est-ce le cas ?

Au niveau individuel, notre marge de manœuvre est étroite car nous sommes dans un environnement alimentaire qui n’est pas neutre, L'industrie agroalimentaire est puissante et utilise des techniques de marketing efficaces. Dans un supermarché, le positionnement des produits a été calculé de telle façon que cela provoque un certain nombre de réflexes d’achat. La publicité s’avère très efficace sur certains types d’aliments en particulier. Alors, oui, nous avons perdu en partie le pouvoir sur notre assiette. Et c’est important qu’on le récupère, au moins en partie.

Que peut-on faire ?

D'abord, il est indispensable de savoir ce qu’on achète. Il faut connaître la qualité nutritionnelle des aliments. Savoir s’ils sont trop gras, trop sucrés ou trop salés. Le logo d’information Nutri-Score a été mis en place pour cela car les étiquettes sont difficiles à lire. Malheureusement il n’est pas obligatoire.
Il faut que les industriels adhèrent à ce concept, ce qui aujourd’hui n’est pas le cas d’un certain nombre d’entre eux.
Il existe aussi des applications intéressantes qui permettent de choisir en connaissance de cause (lire p. 60). Ensuite, on peut rendre moins accessibles économiquement des produits qui sont d’une médiocre qualité nutritionnelle, par des systèmes de taxation, comme on le fait aujourd’hui avec la taxe sur les sodas. On pourrait aussi subventionner des aliments de meilleure qualité nutritionnelle, les fruits et les légumes, certaines légumineuses ou des céréales peu raffinées. Cela est un bon moyen de permettre aux consommateurs, notamment les plus défavorisés, de mieux arbitrer leurs choix alimentaires.

Cela n'empêchera pas certaines marques d’être très actives sur la promotion de produits mauvais pour la santé.

C’est en effet un vrai problème : 80 % de la publicité concerne des produits qui sont gras, sucrés ou salés et souvent à destination des enfants. Là aussi, l’Etat devrait pouvoir interdire qu’on fasse la promotion d’aliments qui ne sont pas intéressants d’un point de vue strictement nutritionnel, et à l'inverse faciliter celle de produits d’une bonne qualité nutritionnelle.

Ÿ a-t-il un vrai combat de lobbys entre les acteurs de la santé, qui savent comment on doit bien manger, et l’industrie agroalimentaire, qui se défend en parlant de faux procès, argumentant qu’elle a réduit de 20 % le sel et de 30 % le sucre dans ses aliments ?

Certains industriels ont fait des efforts, c’est vrai. Mais, globalement, la situation nutritionnelle ne s’est pas améliorée, Si l’on regarde les dernières tendances de l’étude Esteban de Santé publique France, qui mesure notamment la consommation alimentaire des Français, il y a même une aggravation sur certains produits salés.

Concrètement, faut-il recommander aux gens de se détourner des produits transformés ou ultratransformés de l’industrie agroalimentaire ?

Le fait de manger plus d’aliments bruts et moins d’aliments transformés ou ultratransformés se révèle positif pour la santé. Cela est démontré par plusieurs études. On sait que les aliments ultratransformés, riches en additifs et de faible qualité nutritionnelle, accentuent le risque de certaines maladies chroniques, notamment des cancers. Réduire leur part dans le régime alimentaire est un élément favorable à la santé.
N'y a-t-il pas aujourd'huiune forme d’arnaque sur le bio ? Vendu cher et pas toujours garant d'une qualité certaine ?

Nous recommandons par principe de manger des fruits, des légumes et des légumineuses provenant de l’agriculture biologique. Cela présente un réel avantage sur la santé. Mais attention, manger bio n’est pas un vaccin ! Si vous mangez des produits gras, trop sucrés ou trop salés, ça n’est pas bon pour la santé, même s’ils sont bio. Nous insistons pour que le bio soit orienté vers les aliments d’une bonne qualité nutritionnelle, Et il ne faut pas que ce soit un argument de marketing pour faire consommer des produits qui n’ont aucun intérêt alimentaire.
Ensuite, vous avez raison, il y a le problème du prix. Ce qu’on voit dans nos enquêtes, c’est que, sans un soutien de la filière, il est difficile de le rendre accessible aux personnes défavorisées.
La viande a plutôt mauvaise presse en ce moment. Faut-il arrêter d’en manger ?

La consommation de viande rouge et de charcuterie, au-dessus d’un certain niveau, constitue un facteur de risque, notamment de cancer colorectal. Aujourd’hui, on peut ne pas manger de viande. Si l’on y tient, il faut réduire sa consommation pour ne pas dépasser 500 grammes de viande rouge et 150 grammes de charcuterie par semaine.
Concernant la viande blanche ?

Il n’y a pas de contre-indication médicale pour les volailles.
Ensuite, il faut tenir compte de l’aspect durabilité. Réduire notre consommation de viande et notamment de viande rouge présente un intérêt pour la planète. Cela a été largement prouvé.

Les régimes sont-ils utiles ou dangereux ?

Nous n’avons aucune preuve de l’utilité pour la santé de ces régimes détox, des jeûnes, des régimes « sans ».… eo.
quement, il n’y a aucun intérêt à pratiquer des S d’exclusion quand on n’a pas d’allergie particulière. Et certains peuvent entraîner des carences.

Sil on prendune journée classique, comment et que faut-ilmanger ?
Il faut essayer d’avoir une alimentation structurée. Eviter le grignotage. Ensuite, on peut adapter ses journées. L’alimentation est une question globale. Elle se gère sur le long terme.
On recommande les fameux cinq fruits et légumes par jour, de consommer une poignée de fruits secs dans la journée, des légumineuses au moins une fois par semaine, de manger des céréales complètes, du pain ou du riz complet, pas trop de viande rouge, du poisson, pas trop de gras, de sucré ni de salé. Il ne faut pas être obsessionnel. On peut manger trois religieuses à un repas ! Mais il ne faut pas le faire tous les jours. Enfin, il faut privilégier le frais autant que possible, tout en sachant que des légumes en conserve ou surgelés gardent un vrai intérêt nutritionnel.

L’obsession de bien manger ne devient-elle pas un peu excessive ?
Je ne crois pas. Il est indispensable de changer nos comportements. Une partie de la population s’inquiète à juste titre de ce qu’elle mange. Il faut faire pression sur l’industrie agroalimentaire pour qu’elle améliore la qualité de ses produits. On peut comprendre que les consommateurs soient un peu perdus dans leur vie quotidienne. Mais cela reste une vraie question de santé publique. La bataille du Nutri-Score a montré qu’il y a une volonté politique pour agir. Quatrevingt-cinq industriels et distributeurs ont adhéré au NutriScore. D’autres essaient toujours de le torpiller. Il y a encore du chemin à faire. Propos recueillis par Christophe Doré

dimanche 09 décembre 2018

  « Les slogans et autres prospectus sont inefficaces!
C'est ce que révèle une étude de Santé publique France qui compare le respect des recommandations nutritionnelles en 2006 et 2015. Lecture édifiante: quasiment tous les paramètres empirent. Nous mangeons en moyenne moins de fruits, de légumes et de glucides complexes issus par exemple des céréales, mais davantage de graisses, d'acides gras saturés, de sucres simples issus des produits sucrés et de sel. Des comportements favorisant l'obésité, le diabète, les maladies cardio-vasculaires et certains cancers, entre autres.
En 2017 un rapport du Haut conseil de santé publique avait déjà constaté les limites de 2 ces campagnes d’information et encouragé l'adoption d'une politique globaleincluant des mesures réglementaires (fiscalité nutritionnelle, encadrement du marketing, etc.). Une large diffusion du Nutri-Score (voir p. 24), pour passer des slogans imprécis au choix des produits les plus favorables à la santé, est aussi encouragée. » Que Choisir

vendredi 01 mars 2019

  « La dernière mouture du Plan national nutrition santé (PNNS 4) encourage à réduire fortement la consommation de viande, dans le cadre d’une alimentation plus saine.
Les apports de fruits et légumes sont à augmenter, les Français étant encore loin des «5 fruits et légumes par jour ».
Produits de saison, locaux et bio Nouveauté, les légumineuses (pois, lentilles, haricots...) et les fruits à coque non salés (noix, noisette, amande...) sontles bienvenus dans nos assiettes au quotidien. Pour le reste, privilégiez les céréales sous forme complètes, et réduisez drastiquement les produits gras, sucrés et salés, ainsi que les boissons sucrées et l'alcool. Les produits notés D ou E parle Nutri-Score sont à limiter. » Que Choisir

vendredi 01 mars 2019

  « Le PNNS 4 se mêle également d’environnement. Ainsi, les auteurs incitent à consommer des fruits et légumes de saison, et à acheter des aliments produits localement et si possible issus de l'agriculture biologique.
En parallèle, ils déconseillent les produits ultratransformés, du fait de la présence «de nombreux additifs dont on ne connaît pas encore précisément l'impact sur la santé humaine », explique Santé publique France. » Que Choisir

vendredi 01 mars 2019

  « Côté sport, on passe à la vitesse supérieure.
Les 30 minutes de marche quotidienne préconisées dans les précédents PNNS passent à 30 minutes « d'activités physiques dynamiques » : renforcement musculaire, assouplissements où équilibre. Quant aux personnes sédentaires, c'est-à-dire celles vissées sur un siège toute la journée, elles doivent penser à se lever et à bouger toutes les deux heures environ. » Que Choisir

vendredi 01 mars 2019

  « Un menu radical, Hasard du calendrier, la revue médicale The Lancet a publié simultanément un travail sur Les régimes à la fois sains et durables ®. Objectif: élaborer un menu qui préserverait la planète tout en nourrissant correctement ses 7 milliards d'habitants. Il implique un changement drastique de notre façon de manger, en divisant par deux notre consommation de viande rouge (moins d’un steak par semaine) et de sucre, et en doublant celle de fruits et légumes, légumineuses et fruits à coque.
ILexige aussi une transition vers des systèmes agricoles durables.

Cette proposition du Lancet suit la même direction que Le PNNS 4, en plus radical.
Les chercheurs n'ont pas eu à tenir compte des habitudes alimentaires d’un pays en particulier, ni de l’acceptabilité de leurs propositions par la société. Les seuils du PNNS pour la viande rouge et l’alcool semblant être des concessions aux habitudes des Français, amateurs de pavé de bœuf et de vin. &

(1) Food in the Anthropocene, The Lancet,

16 janvier 2019. » Lancet