Tiques, moustiques et parasites Pourquoi ils pullulent et nous menacent 

MALADIE DE LYME, ZIKA, DENGUE, CHIKUNGUNYA... 

LES INFECTIONS TRANSMISES PAR LES PETITES BÊTES SE MULTIPLIENT.  LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE EST CERTES EN CAUSE, MAIS PAS SEULEMENT.

L‘opération de démoustication a débuté dès potron-minet, le 8 juin dernier, autour de l'hôpital d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). La cible : Aedes albopictus, le moustique tigre, capable de transmettre à l’homme le virus Zika et ceux du chikungunya et de la dengue
Un cas de dengue a été diagnostiqué chez un patient, de retour d’un voyage dans une zone infestée.
L'objectif est d'éliminer dans un rayon de 150 mètres les moustiques adultes — qui pourraient s’infecter en piquant le malade pour éviter le démarrage d’une épidémie.

Depuis 2010, la survenue de quelques cas dits autochtones s’est produite à plusieurs reprises. À Montpellier (Hérault), en 2014, 11 personnes ont contracté le virus du chikungunya rapporté d’un voyage en Afrique par un voisin. Les pouvoirs publics dégainent désormais les insecticides chaque fois qu’une personne importe l’un de ces virus dans un département où le moustique tigre est installé. Ce fut le cas 648 fois en 2016.

Les maladies dites vectorielles (véhiculées par un insecte, un acarien ou un parasite vecteur) sont en pleine expansion dans l’Hexagone. Le réchauffement climatique est souvent montré du doigt,mais il n'est pas le seul coupable. La multiplication des voyages et la mondialisation sont aussi des facteurs explicatifs. 

C’est par exemple le commerce international de pneus d’occasion entre l'Asie et l'Europe qui a permis l'arrivée du moustique tigre dans les Alpes-Maritimes, en 2004. Les femelles pondent dans les pneus, leurs œufs résistent au manque d’eau et les larves ont la capacité de ralentir leur métabolisme lorsque les conditions de température sont défavorables. Résultat : elles survivent aux longues traversées maritimes. Le moustique, originaire de Chine et du Japon, a ainsi successivement colonisé l'Amérique, l’Europe et l'Afrique, à la fin du xxe siècle.
« L'émergence Ou la résurgence de ces maladies infectieuses résulte avant tout de modifications des écoSystèmes naturels et d'aménagements par l'homme », assure Jean-François Guégsan, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement, à Montpellier.

L'URBANISATION ET LES NOUVEAUX ANIMAUX DE COMPAGNIE : DES FACTEURS DE RISQUES 

À la mondialisation des transports s'ajoutent les effets de la surpopulation urbaine et du phénomène de l'adoption d'espèces sauvages comme animaux de compagnie, tel le tamia de Sibérie, un petit écureuil vendu dans les animaleries depuis une cinquantaine d'années. Relâché dans la nature par des propriétaires lassés, il a constitué par endroits des colonies impressionnantes, comme dans la forêt de Sénart. Située dans le Sud-Est de l'Île-de-France, elle accueille plus de trois millions de visiteurs par an. 
Or ce petit mammifère est le réservoir de la bactérie Borrelia, responsable de la maladie de Lyme. 
« La bactérie est transmise à l’homme par la piqûre d’une tique Zxodes ricinus dont ces écureuils sont infestés, expose Gwenaël Vourc’h, directrice de recherche à l’Inra, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Dans cette forêt, en 2011, 10 % des tiques collectées au stade de nymphe (entre la larve et l'adulte) étaient infectées par la bactérie, et la densité pouvait aller jusqu'à 8,9 nymphes infectées par Zone de 10 mètres carrés. » 
Autre facteur explicatif important :l’urbanisation. L'étalement des lotissements sur des terres agricoles favorise par exemple le développement du phlébotome, un insecte suceur de sang qui ressemble à un minuscule moustique. Ce dernier trouve, en périphérie des bourgs, non seulement le gîte — en s’installant dans les maisons et garages — mais aussi le couvert avec la présence d’humains et d'animaux domestiques à piquer. À peine visible à l’œil nu, cette bestiole qui sévit ph