Électricité : le rêve du chacun pour soi

Les énergies renouvelables permettent à chacun d’imaginer pouvoir alimenter directement sa maison en électricité.  Mais le développement de cette autoconsommation électrique pose de nombreuses questions techniques, économiques et politiques.

Techniques

Pour les particuliers, les pics de consommation sont plutôt situés le matin et le soir. Il faudrait pouvoir stocker l’électricité produite en journée pour l’utiliser le soir. 
« Pour l’instant, il n’existe pas de solution de stockage à un prix raisonnable », indique Joël Mercy. 
Les particuliers doivent donc rester connectés au réseau, pour pouvoir injecter une partie de leur production de la journée et disposer d’électricité le soir ou le matin.

Economiques

Par ailleurs, l’autoconsommation va permettre à certains d’économiser, parce qu’ils achèteront moins d’électricité : 100 € économisés par an pour les 4 millions de Français propriétaires de maison individuelle qui devraient être équipés pour produire en 2030, selon des prévisions de RTE, l’entreprise qui gère le réseau haute tension.

Problème : si certains payent moins, d’autres vont devoir payer plus. Car les factures  financent certaines missions de service public: 
  • abonder les aides aux plus démunis 
  • ou éviter que les habitants de Corse ou d’outre-mer paient leur électricité plus chère. 
Au-delà des taxes, les factures d’électricité servent aussi à financer le coût d’utilisation du réseau électrique.
Pour l’instant, il est le même pour tous. Mais si certains l’utilisent moins, ils souhaiteront payer moins. Surtout
s’ils sont nombreux, l’autoconsommation collective étant désormais encouragée, à l’échelle d’un bâtiment mais peut-être aussi d’un quartier ou d’une collectivité. 

Si certains utilisent moins le réseau électrique, ils souhaiteront payer moins, surtout s’ils sont nombreux.

On pourrait alors avoir des zones dans lesquelles il existe une bonne corrélation entre production et consommation, donc une utilisation limitée du réseau.

politiques

Les questions économiques rejoignent très rapidement des questions politiques.
Selon Françoise Thiébault, représentante des consommateurs au Conseil supérieur de l’énergie, l’autoconsom-
mation risque ainsi de creuser « des inégalités : 
  • entre les zones géographiques, ensoleillées ou pas, 
  • entre les habitants de maison ou d’appartement, 
  • entre les locataires ou propriétaires ou encore 
  • entre ceux qui auront, ou pas, les moyens d’investir dans des panneaux solaires ».
« Le développement de l’autoconsommation ne doit pas se faire au détriment de certains, ni au détriment
de la sécurité », a rappelé, en conclusion du colloque mi-septembre, la représentante du ministère de la
Transition écologique et solidaire. On attend de voir comment les pouvoirs publics vont accompagner ce mouvement qui, de l’avis général, est inéluctable.