2018 (Marianne)

La liste des produits soupçonnés de contenir des perturbateurs endocriniens semble ne jamais arrêter de s'allonger. Cosmétiques, produits ménagers, emballages. Près de 800 substances chimiques ont des propriétés perturbatrices endocriniennes avérées ou suspectées, rappelle Santé publique France, en se fondant sur un rapport de l'OMS. « Les perturbateurs endocriniens interférent avec les fonctions endocrines, gouvernées ‘par les glandes endocrines qui produisent les différentes hormones essentielles à notre santé, à notre équilibre et à notre développement », décrit l'agence sanitaire.

Diverses études épidémiologiques observent qu'ils peuvent, en particulier, « interférer avec les fonctions reproductives, les fonctions thyroïdiennes, les fonctions surrénaliennes », poursuit-elle. 

En septembre dernier, des chercheurs de l'Inserm s’alarmaient de «l'effet cocktail » des perturbateurs endocriniens : 

« Ilapparaît désormais clairement que continuer à focaliser les recherches sur ces produits chimiques ‘individuels”est de nature à sous-estimer le risque lié à leurs expositions simultanées, particulièrement chez les femmes enceintes. »  


2010, 

le  terme devient familier depuis la mise en cause du bisphénol A (BPA) et son interdiction dans les biberons en 2010. 

Mais cette substance ne constitue qu’un exemple parmi des dizaines et peut—être des centaines de composés capables d’interagir avec notre système hormonal. 
En laboratoire, les chercheurs ont mis en évidence des propriétés de perturbation endocrinienne dans plusieurs familles de produits chimiques auxquels nous sommes quotidiennement exposés:
  • l’alimentation, 
  • la pollution de l’air intérieur ou extérieur et le 
  • passage transcutané 

2011, 

lorsque la Santé publique France a étudié l’imprégnation des femmes enceintes à divers perturbateurs endocriniens (PE), toutes présentaient, dans leur sang ou leurs urines, des taux mesurables de:
  •  phtalates, 
  • pesticides, 
  • dioxines 
  • et retardateurs de flamme, 
et le BPA était présent chez les trois quarts d’entre elles. 
Sans qu’on puisse en tirer de conclusions précises sur leur santé ou celle de leurs bébés, ces résultats reflètent clairement l’omniprésence des PE. 
Encore est-on loin de les avoir tous recensés: 
des soupçons pèsent sur plus d’un millier des quelque 143 000 produits chimiques utilisés par l’industrie.

Parallèlement, de nombreuses pathologies dont l’apparition peut être favorisée par l’exposition aux PE sont en augmentation:
  • Cancer du sein chez la femme jeune, 
  • du testicule chez l’homme jeune, 
  • malformations génitales chez le petit garçon,
  • troubles neurocomportementaux chez l’enfant, 
  • obésité et diabète
autant de cas dans lesquels un lien avec les PE a pu être évoqué. Mais, en réalité, il ne s’agit pour l’instant que de suppositions.

Des signaux qui interpellent 

«Il faut se garder des extrapolations parfois simplistes et s’en tenir aux faits, met en garde Bernard Jégou, directeur de recherches à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) et à l’Ecole des hautes études en santé publique, l’un des premiers scientifiques à s’être intéressé aux PE. Voir les perturbateurs endocriniens derrière toutes les pathologies, même quand les données ne sont que partielles, voire incertaines, donne des arguments aux négationnistes, qui voudraient faire croire qu’il n'y a aucun problème. 
Cela dit, certaines constatations nous mettent en alerte, par exemple, le fait que dans certaines régions du monde, on observe a la fois:
  •  une baisse de la qualité du sperme et 
  • une augmentation des malormations génitales a la naissance et 
  • des cancers du testicule. 
On soupçonne un lien de l’ensemble avec une exposition in utero. » 

Etablir un lien entre des pathologies constatées au sein des populations et les PE est une véritable gageure. D’abord parce qu’elles sont toujours multifactorielles : 
outre l’aspect génétique, nous sommes exposés à tout un panel de polluants, PE ou non, sans compter les facteurs liés au mode de vie (équilibre alimentaire, exercice physique, stress, etc.).
Comment déterminer de façon certaine, lorsqu’une pathologie se déclare, à quel(s) facteur(s) elle est due ? Mais cette limitation générale se double dans le cas de PE de leurs particularités qui en font de véritables casse-tête pour les scientifiques.

Les scientifiques face à l'imprévisible 

Primo, dans bien des cas, de très faibles doses suffisent à provoquer des effets visibles en laboratoire. 
Cela se vérifie, par exemple, pour le bisphénol A ou les phtalates. 
«Par definition, les hormones sont des substances qui peuvent agir à três faible concentration, explique Catherine Viguié, directrice de l’équipe « gestation et perturbation endocrinienne » à l’unité Toxalim de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique). C’est la même chose pour les PE. On voit des effets à des doses de l’ordre du nanogramme [un millième de microgramme, ndlr] par millilitre de sang. » 
Même si on interdit telle substance dans les produits alimentaires par exemple, les quantités infimes migrant depuis l’emballage peuvent suffire à poser problème. Pour corser l’exercice, certains PE se comportent de façon tout à fait extravagante aux yeux d’un toxicologue. 
« jusqu’à présent, toute la toxicologie était basée sur le principe de Paracelse : c’est la dose qui fait le poison, rappelle Catherine Viguié. Le problème, avec les perturbateurs endocriniens, c’est que cela ne se vérifie pas. Parfois, la substance sera plus toxique à une certaine concentration qu’à une concentration plus forte. » 
Le bisphénol A est un des spécialistes de ces réponses erratiques, ce qui fait dire à un toxicologue aguerri qu’il n’a 
«jamais rencontré une substance aussi ch. . . » 
et nous conduit à conclure que l’Union européenne ferait mieux d’interdire un composé aussi imprévisible. 
«Sur les cellules de cancer du testicule, nous avons mis en lumière un effet antiprolifératif du BPA à forte dose mais prolifiratif  à faible dose, appuie Patrick Fénichel, gynécologue et endocrinologue au CHU de Nice et chercheur à l’Inserm. Au niveau du nanogramme par millilitre de sang, il stimule les cellules cancéreuses dans le testicule. Or c’est à ce taux que nous l’avons retrouvé dans le sang de cordon des nouveau-nés. » 
Cette particularité des PE constitue un véritable défi pour qui cherche à fournir une base scientifique au législateur. 
« Quand on évalue une molécule, on ne sait pas si un virage va se produire et où. Il faut tester un très grand nombre de doses, cela complexfie énormément l’évaluation », soupire Catherine Viguié.

Troisième difficulté, l’effet cocktail possible. 

Dans un mélange de PE, ce à quoi nous pouvons en pratique être exposés, les effets de chacun peuvent s’additionner (ce n’est pas propre à ces composés), mais aussi agir en synergie. Le mécanisme a été démontré in vitro : deux PE très faiblement actifs par eux-mêmes ont « coopéré » pour activer un récepteur, si bien que la toxicité du mélange était beaucoup plus forte que l’addition des deux.
 Aujourd’hui, des chercheurs travaillent à démontrer cet effet sur l’homme. Or, la réglementation encadre le plus souvent composé par composé, comme s’ils n’étaient pas susceptibles d’interagir.

Tous  les concepts sont à remettre à plat Last but not least, nous ne sommes pas également sensibles aux PE à toutes les périodes de la vie.
« C ’est in utero, lorsque se développent tous les organes, qu’ils sont le plus susceptibles d’effets délétères. On a beaucoup de données la—dessus »,  constate Robert Barouki, médecin et directeur de recherche en toxicologie à l’Inserm.
Car, contrairement à l’âge adulte où les hormones ont un effet transitoire, chez le fœtus et le nouveau-né, elles ont une fonction de programmation de l’organisme.
Une interférence peut donc produire des dégâts irréversibles, d’où l’importance pour les femmes enceintes d’être vigilantes. 
Ensuite, pendant toute l’enfance, se poursuit le développement du système nerveux. Puis la puberté incluant la prépuberté qui commence avant 10 ans chez les filles — est une période particulièrement vulnérable pour le développement du système reproducteur. 
Conséquence: 
« Si une étude n’a pas couvert une période critique, on peut passer a côte’a’ ’un eflèt toxique, met en garde le scientifique. Lorsqu’on étudie le rapport entre exposition a la dioxine et cancer du sein, on ne trouve rien tous âges confondus, mais une association forte chez les filles exposées avant 14 ans. » 
Une difficulté supplémentaire pour les chercheurs, qui doivent tenir compte de cette importance de la fenêtre d’exposition. 
«Nous avons besoin de remettre a plat tous les concepts admis jusque-là en toxicologie pour établir la manière la plus pertinente de gérer les perturbateurs endocriniens», résume Robert Barouki.

2013

Il y a donc encore beaucoup de pain sur la planche pour les scientifiques. Mais, comme le soulignait le Parlement européen en 2013, le fait que les connaissances soient encore fragmentaires ne doit pas faire obstacle à des mesures de protection sanitaire pour éviter des conséquences potentiellement graves pour la santé humaine et l’environnement. 

LEGISLATION 

Officiellement, la Commission européenne planche depuis des années sur une régulation des perturbateurs endocriniens susceptible de protéger les citoyens. Endormie par les sirènes de l’industrie, elle tergiverse et a pris un retard intolérable.
Bientôt huit ans que les autorités européennes ont promis de prendre à bras-le-corps le problème des perturbateurs endocriniens.

2009

Huit ans et, concrètement, rien n’a changé pour les citoyens, qui continuent à y être exposés quotidiennement.
C’est par un règlement publié en octobre 2009 que tout commence. Il concerne les pesticides et interdit que soient approuvées pour cet usage les substances «considérées comme ayant des fitsperfurâaz‘eurs endocriniens pouvant être néfastes pour ! ’bomme». Dans les années qui suivent, des restrictions similaires apparaissent dans la réglementation sur les biocides…, les produits cosmétiques ou les substances chimiques en général (Reach).
Mais pour encadrer les perturbateurs endocriniens (PE), encore faut—il les identifier. La science qui étudie ces substances est jeune, en pleine construction, il n’existe pas de liste oflîcielle et même pas encore de définition réglementaire. La Commission doit donc en établir une, qui servira de base aux réglementations à venir.
C’est ce à quoi elle aurait dû s’employer sans délai, avec le concours des scientifiques les plus reconnus, puisque l’Union est supposée «garantir la protection de la santé humaine dans toutes ses politiques ». Mais «les institutions européennes n’ont pas le budget pour payer des experts indépendants, du coup elles travaillent avec quiconque veut bienfizire profiter de son expertise gratuitement. Une aubaine pour les scientifiques payés par ailleurs par des industriels», déplore Martin Pigeon, chargé de l’agroalimentaire à l’association Corporate Europe Observatory, qui met au jour le pouvoir des groupes de pression.
Un sujet explosif Pour ceux qui s’intéressent à la façon dont l’Union légifére, ce dossier va devenir un cas d’école. Car le sujet est explosif: si la définition des PE est large, de très nombreuses substances chimiques pourraient en faire partie, avec les contraintes réglementaires et les impacts économiques que cela implique. Mois après mois, le processus va s’enliser, pris en otage par des luttes d’influence sans fin aux dépens des citoyens européens.
Conflits entre directions de la Commission et entre États membres, selon qu’ils préfèrent préserver la santé ou le business, coups tordus des différents lobbies (produits chimiques, matières plastiques, pesticides, cosmétiques. . .): tout concourt à retarder la décision, comme le détaille de façon très précise la journaliste Stéphane Horel dans son livre Intoxication (2).
Fruit d’une enquête minutieuse, l’ouvrage décrypte les stratégies des lobbies industriels pour instiller dans les esprits le doute sur la nocivité des PE et se prémunir contre des réglementations trop rigoureuses. Le point culminant de cette guérilla réside dans une attaque aussi massive qu’inédite: à l’initiative de scientifiques largement financés par l’industrie, une lettre ouverte paraît simultanément dans 14 revues de toxicologie, remettant en cause la particularité des PE et invoquant, de façon très surprenante de la part de scientifiques, le «bon sens».
Les chercheurs indépendants spécialistes de la question ont beau réagir vertement, appelant àla transparence sur les conflits d’intérêts et fustigeant le mélange entre science et politique, le mal est fait. 

En septembre 2013, 

la Commission décide de demander une étude d’impact pour mesurer l’efl°et des différentes options réglementaires qui s’offrent à elle. «En général, nous estimons que de telles études constituent un outil pour améliorer les politiques publiques, précise Pelle Moos, responsable de ce dossier au Beuc (Bureau européen des unions de consommateurs), dont l’UFC—(be Choisir est . membre fondateur. Mais en l’occurrence, il s’agit et ’une manœuvre de l’industrie et de certaines personnes au sein dela Commission pour retarder et finalement fizire dérailler le Processus démocratique. C’est inacceptable ! » La Commission condamnée pour avoir failli Un avis partagé par de nombreuses parties prenantes, à commencer par le gouvernement suédois qui, soutenu par plusieurs pays, dont la France, et par le Parlement européen, traduit la Commission devant la Cour de justice de l’Union européenne au motif du retard pris à légiférer sur la définition des PE. Fait rarissime, en décembre 2015, la Cour condamne la Commission pour avoir failli à son obligation. Démontant un à un tous ses arguments, elle l’invite à respecter l’équilibre entre le bon fonctionnement du marché intérieur et le niveau élevé de protection de la santé humaine, animale et de l’environnement prévu par les textes, et souligne que l’impact économique ne doit influer en rien sur la définition de critères scientifiques. La Commission ne peut plus reculer. En juin 2016, elle présente une proposition de définition des PE. .. et déclenche un concert de protestations. Le projet prévoit que soient considérées comme PE les substances qui répondent à trois conditions: un mode d’action endocrinien, un effet indésirable sur la santé humaine et l’existence d’un lien de causalité entre les deux. Cette troisième condition est inacceptable aux yeux des experts indépendants, car la preuve est quasi impossible à apporter scientifiquement. Ou alors cela peut prendre des générations comme le montre le cas du distilbène, dont les effets délétères ne sont apparus que dans la descendance des femmes qui en ont pris pendant leur grossesse. «Les critères exigéspur la Commission sont trop stricts pour protéger les populations. Elle a mis la barre si haut que même les produits chimiques pour lesquels il existe despreuves sérieuses de leur toxicité auront des dficulte's à ] ’atteindre », s’inquiète alors l’Endocrine Society, une société savante regroupant des médecins et chercheurs de tous pays. De fait, avec cette définition, même le bisphénol A (voir p. 54), dont aucun scientifique sérieux ne conteste les propriétés de perturbation endocrinienne, passerait entre les mailles du filet!
Un projet de règlement favorable à l’industrie Comme le gouvernement français, le Beuc et bien d’autres, l’Endocrine Society préconise une classification semblable à celle des cancérogènes (certain, probable ou possible). Un moyen de taper vite et fort sur les PE les plus préoccupants et de prévoir des contraintes réglementaires adaptées aux évolutions des connaissances scientifiques pour les autres. Las, Bruxelles fait la sourde oreille: par deux fois, en décembre et février dernier, elle publie un nouveau projet de règlement mais sans prendre en compte cette proposition. «Refuser la classfication graduée est très choquant, s’indigne le Pr Bernard ]egou, directeur de recherches à l’Inserm et à l’Ecole des hautes études en santé publique. S ’il faut que des preuves formelles soient apportées avant que la réglementation se mette en place, on va attendre 20 ans! Les preuves scientfiques sont au centre de mon travail et de mes convictions, mais l’incertitude est consubstantielle a‘ la science.
Au lieu d’en tenir compte, la Commission s’embourÔe dans les contre—feux mis en place par l’industrie. Le poids des lobbies et le cynisme de ce qu’elle est en train de mettre en place sont intolérables. » Le mot est faible: loin de dessiner des critères plus protecteurs pour la santé humaine, la proposition de décembre prévoit, contre toute logique, (à part celle du lobby phytopharmaceutique) une tolérance pour les pesticides conçus pour agir comme perturbateurs endocriniens sur les ravageurs! Une dérogation qui n’a «aucune raison d’être» selon les autorités françaises, qui ont fait savoir leur opposition.
Reste à espérer que la vigilance de notre gouvernement sur ce dossier perdurera quel que soit le résultat de l’élection présidentielle. 0 (1) Produits exerçant une action contre les nuisibles, hors agriculture (répulsifs, antiparasitaires, produits de traitement du bois, etc.).
(2) Ed. La Découverte, 2015, 19 €.
i Comment s‘en prémunir ?
Même si les perturbateurs endocriniens (PE) sont omniprésents, quelques bonnes habitudes permettent de limiter notre exposition. Il faut notamment être vigilant pour les femmes enceintes et les enfants. ‘ ) effet des perturbateurs L endocriniens est particulièrement délétère pendant certaines «fenêtres d’exposition»: la vie fœtale (d'où l'importance pour les femmes enceintes d’être vigilantes), les premières années de vie et la puberté, qui débute parfois dès huit à neuf ans. L’enfant n‘est pas à l‘abri, car son système nerveux est en développement. On peut donc considérer que la période à risque s‘étend de la conception à la post—puberté.
Celles et ceux qui projettent d'avoir un enfant doivent aussi être prudents, car l'exposition préconceptionnelle des parents pourrait avoir des répercussions sur l’enfant.
Pour les autres périodes de la vie, la littérature scientifique est moins abondante. Voici les bons réflexes pour circonscrire l'exposition aux PE.
ALIMENTATION - N’utilisez pas de récipients en polycarbonate. Ils contiennent du bisphénol A. Ils portent parfois le sigle PC ou le chiffre 7 à l'intérieur d'un triangle (ce marquage n'est cependant pas obligatoire). Ils sont désormais interdits à la vente. Si vous en avez, ne vous en servez pas.
- Ne faites pas chauffer les aliments dans du plastique.
Transférez sur une assiette les plats préparés du commerce et utilisez une casserole en Inox plutôt qu'une bouilloire en plastique pour faire bouillir de l’eau. Préférez les récipients (biberons inclus) en verre.
- N’abusez pas des produits type fast—food car leurs emballagesen carton ou papier (carton à pizza, cornet de frites, étui à sandwich) peuvent aussi être contaminés par les PE.
. Consommez moins d‘aliments transformés.
En effet, la chaîne de fabrication et/ou l’emballage peuvent donner lieu à des contaminations. Limitez les chewing-gums avec BHA (E320) ou BHT (E321).
- Préférez les fruits, légumes et céréales biologiques. Vous diminuez l’exposition aux pesticides potentiellement perturbateurs endocriniens.
À défaut, pelez les végétaux qui peuvent l'être.
- Consultez notre carte interactive de la qualité de l‘eau WJ/UËQÇNI‘IKIŒUSSŒ.
Si vous habitez une des rares communes desservies par une eau contaminée en pesticides, préférez l’eau en bouteilles.
SANTÉ nr nmurfi . Si vous êtes enceinte, évitez \ autant que possible les antalgiques (paracétamol, aspirine, ibuprofène). En tout cas, ne prenez pas d'ibuprofène pendant le premier trimestre de grossesse.
- Consultez notre dossier (http:llufcqc.link/cosm558) pour éviter les cosmétiques contenant des PE. Évitez surtout ceux qui ne se rincent pas ou ont un longtemps de pose avant rinçage. Pour votre bébé, soyez sobre: bannissez le parfum, utilisez eau et savon plutôt que lingettes et produits pour le change.
- Si votre enfant a des poux, n‘utilisez pas un insecticide neurotoxique. Choisissez un produit étouffeur.
- Préférez le dispositif intra-utérin (stérilet) àla pilule contraceptive. La pose d'un stérilet est envisageable même chez la jeune fille.
- N’achetez pas de vêtements antlbactérlens. Ils contiennent souvent du triclosan, un PE.
AIR mrfimnun nr nxrñnmun ‘ - Ne fume: pas et évitez les atmosphères enfumées.
. Bannissez tous les produits supposés parfumer ou assainir l'atmosphère et préférez une bonne aération.
- Passez l‘aspirateur très régulièrement puis la serpillière humide pour que les enfants jouent sur un sol dépoussiéré.
- Peignez et meublez la chambre d‘un bébé à naître bien a l‘avance et aérez abondamment. Si vous êtes la maman, laissez les travaux de peinture à d’autres.
- Luttez contre les mouches avec des moyens mécaniques (bandes collantes, tapette).
- Portez des gants si vous devez utiliser des biocides (antiparasitaires pour animaux domestiques, produits de traitement du bois). Éloignez les enfants et aérez; faites-le dehors si c’est possible.
- Jardinez sans pesticides, de nombreuses techniques sont efficaces (associations de plantes, rotations, paillage, etc.).
Bisphénol A: Pas si indispensable !
Sept ans après nos analyses montrant une omniprésence du BPA dans les aliments testés, ce composé a quasiment disparu. Alors que les industriels le présentaient comme irremplaçable et tentaient de bloquer son interdiction, ils ont appris à s’en passer.
e bisphénol A (BPA) est un L des perturbateurs endocriniens dont les effets sont les mieux documentés. On l’emploie notamment dans la fabrication d'un plastique dur, le polycarbonate, et dans les résines qui recouvrent les parois intérieures des boîtes de conserve et canettes. Voilà sept ans, nous avions analysé sa présence dans les aliments contenus dans des conserves, canettes ou encore dans le lait chauffé au biberon.
Tous les échantillons ou presque en contenaient. Ce perturbateur endocrinien a ensuite été interdit dans les biberons (en France puis en Europe) puis, par étapes, en France uniquement, dans tous les contenants au contact avec des aliments. Avant l’entrée en vigueur de la loi, la profession a freiné des quatre fers. Plastics Europe, le lobby du plastique dans l'Union européenne, invoquait «une substitution inutile et artificielle qui perturberait fortement le marché ». Le très libéral Institut Molinari osait avancer que l‘interdiction du BPA serait comparable à celle des voitures ou des couteaux qui peuvent eux aussi être dangereux.
Les professionnels de la conserve s'inquiétaient du délai nécessaire pour modifier leurs habitudes. Finalement, les industriels ont relevé le défi et même s'ils affirment que la substitution leur a coûté «plusieurs dizaines de millions d’euros», le consommateur n'a pas vu les prix flamber. Le BPA avait l'avantage de s’adapter à tous types d'aliments et de boîtes. Les substituts, essentiellement des résines de polyester utilisées avant la généralisation de ce composé, sont moins polyvalents, il faut donc jongler avec l'un ou l'autre.
Dans bien des cas, ils ne permettent pas une conservation aussi longue et il a fallu raccourcir certaines durées de vie. Passer de trois à deux ans, par exemple.
Pas très gênant pour le client.
Manque de transparence Reste la question de l'innocuité de ces substituts. Là-dessus, les industriels de la conserve se fient aux assurances des fournisseurs de boîtes, qui se fient aux assurances des fournisseurs de vernis, qui se fient aux assurances des fournisseurs d’ingrédients pour vernis, qui se retranchent derrière le secret industriel.
Même si, théoriquement, les autorités de contrôle veillent au respect du règlement européen qui encadre les matériaux au contact avec les aliments, cette opacité donne des arguments aux opposants à l'interdiction du BPA, qui soulignent qu’au moins ce composé était bien connu.
En réalité, il était surtout bien connu pour ses propriétés de perturbation endocrinienne et son comportement imprévisible.
Son interdiction était nécessaire notamment pour protéger les femmes enceintes. Même si les substituts peuvent difficilement être pires, davantage de transparence ne nuirait pas.
F. M. avec les essais comparatifs RÉSULTATS ENCOURAGEAN‘I‘S Nous avons analysé les mêmes produits qu‘en 2010 (OC n° 481) à quelques ajustements près.
Nos recherches ont porté sur le BPA et sur d‘autres bisphénols (S, F. BADGE) soupçonnés d‘effets similaires et que l‘Agence française de sécurité sanitaire déconseille fermement d'employer comme substituts. Aucun aliment ne contient trace de ces composés. Nous avons recherché les mêmes substances dans le revêtement intérieur des boîtes, en utilisant une solution propice à leur libération qui simule l‘effet du temps. 5 boîtes (*) relarguent du BADGE, le bisphénol le moins préoccupant. La canette de bière 1664 libère du BPF et la boîte de champignons Saint—Eloi du BPA. Le BPF a une analogie de structure avec le BPA et une activité œstrogénique semblable, il est indésirable dans les revêtements au contact avec les aliments. Quant au BPA, il est interdit. Sa présence dans le vernis des champignons Saint—Eloi est—elle intentionnelle ou issue d’une contamination?
Difficile de trancher. Mais il est regrettable que cette marque ne maîtrise pas ce risque et se contente de nous faire part de son étonnement.

2015

Plein les cheveux une vingtaine de molécules suspectées d’être des perturbateurs endocriniens seraient présentes dans les cheveux des femmes en âge de procréer, selon une enquête menée par l’association Générations futures.
Ces substances sont susceptibles de modifier le fonctionnement hormonal: thyroïde, puberté précoce, malformation des organes reproducteurs, infertilité.) 
L‘enquête s'est donc intéressée à l‘exposition des jeunes femmes vivant en ville, surtout en Ile-de-France. De mars à octobre 2014, 28 volontaires y ont participé. Au total, 64 substances ont été recherchées, dont:
  • 54 pesticides, 
  • 6 retardateurs de flammes bromés et 
  • 4 PCB. 
En moyenne, ce sont 21 perturbateurs endocriniens (dont 19 pesticides) par femme qui ont été retrouvés. Le nombre de molécules par échantillon de cheveux s’étend de 12 à 32. 
"Ces résultats montrent une contamination généralisée, ce qui nous inquiète c'est un effet sur la vie des enfants"

2016

Une étude épidémiologique menée par l'Institut français de la santé et de la recherche médicale (Inserm) montre que l'exposition des femmes enceintes à des perturbateurs endocriniens peut affecter le comportement des petits garçons. 
Il est question:
  •  d'hyperactivité, 
  • d'anxiété et 
  • de crainte devant les situations nouvelles. 
"On a des signaux d'alerte sur les effets sanitaires" de ces perturbateurs endocriniens chez l'enfant, précise Rémy Slama, directeur de recherche à l'Inserm, invité dimanche 1er octobre de franceinfo. 
Les agents concernés sont 
  • le bisphénol A, 
  • le triclosan (un agent antibactérien présent dans certains dentifrices et savons) et 
  • le DPB (un phtalate utilisé dans les colles et les vernis à ongles). 
franceinfo : Qu'avez-vous observé précisément lors de cette étude ?  
Rémy Slama : Ce qu'on observe, c'est notamment dans le cas du triclosan, c'est que les enfants, dont les mamans ont les niveaux de triclosan les plus élevés, ont davantage de troubles émotionnels. Dans le cas du bisphénol A ce sont plutôt des comportements de type hyperactif qui sont observés. Les mamans déclarent, notamment dans le cas du triclosan, que les enfants se plaignent plus souvent de maux de tête, qu'ils sont plus soucieux ou plus nerveux dans des situations nouvelles par exemple. 
Qu'est-ce qui vous a le plus surpris dans les résultats ?  
La nouveauté de l'étude c'est vraiment ce qui concerne le triclosan. Le bisphénol A est sur la sellette depuis longtemps. Pour le triclosan, les résultats sont plus nouveaux et c'est la première fois qu'on étudie ses effets chez l'humain. Il y a quelques années, on avait déjà mis en évidence qu'il était susceptible de retarder le développement du périmètre crânien des enfants. Mais c'est la première fois qu'on met en évidence un lien possible avec ce comportement de l'enfant et ce pesticide présent notamment dans les savons et le dentifrice notamment.  
Le triclosan est interdit par l'Union européenne pour certains textiles. Faut-il l'interdire totalement ? 
Il est effectivement autorisé, jusqu'à une certaine concentration, dans les cosmétiques. Là, clairement, on a des signaux d'alerte sur les effets sanitaires de cette substance. C'est un agent antibactérien, donc il faudrait vraiment s'assurer qu'il y a un bénéfice sanitaire important, car il y a vraiment une inquiétude sur ses effets sur le neuro-développement. Maintenant, il faut admettre que les études épidémiologiques ne sont pas toujours prises en compte très rapidement par certaines agences sanitaires au niveau européen. Il y a également des débats sur la meilleure manière de réguler les perturbateurs endocriniens, avec toujours un attachement à cette logique de régulation par une dose limite, dont on se rend compte, au moins pour le triclosan, qu'elle n'est pas très efficace pour protéger les enfants.

dimanche 25 février 2018

  « La pingrerie de l’État épinglée: Une bonne idée inégalement mise en œuvre. On pourrait ainsi résumer la Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (PE), selon un rapport que viennent de rendre trois agences d’Etat, dont l’Inspection générale des affaires sociales (Igas). Ce rapport évalue la mise en œuvre d’une série de mesures décidées parle gouvernement en 2014. Hélas, la volonté politique a parfois fait défaut.
Ainsi, en matière de recherche, «les ambitions n’ont pas été tenues» et «la forte baisse des soutiens financiers depuis 2014 fragilise une communauté scientifique en construction».
L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) reçoit un satisfecit, car elle a bien évalué chaque année cinq PE, comme prévu.
Mais l‘Agence nationale de sécurité du médicament, qui n‘a pas rempli son quota de trois PE annuels, écope d‘un blâme. La surveillance de la présence de PE, elle, mériterait d’être renforcée notamment pour l‘air, les sols et les produits alimentaires.
À plusieurs reprises, le manque de financements adéquats est pointé par l’Igas, qui juge cette pingrerie incohérente avec les objectifs affichés. Or, la détermination de l’État en la matière est une nécessité dans un contexte où, soulignent les rapporteurs, l’Union européenne, en tardant à légiférer sur la question, ne joue pas son rôle de protection de la santé publique. » Que Choisir 2018

dimanche 08 avril 2018

  « Un perturbateur endocrinien est une substance qui interfère avec notre système hormonal, donc potentiellement avec de nombreuses fonctions de notre organisme. » pierre

dimanche 08 avril 2018

  « Plus de 50 hormones sont sécréte‘es par nos organes reproducteur,le cerveau (hypophyse et hypothelamus), le pancréas (notamment l‘insuline), la thyroïde et les glandes surrénales. » pierre

dimanche 08 avril 2018

  « Les perturbateurs peuvent agir à très faibles doses, tout comme les hormones, et peuvent n'avoir aucun effet en quantité 10 ou 100 fois supérieure. » pierre

dimanche 08 avril 2018

  « Si la France a banni le bisphénol A (BPA) de tous les contenants alimentaires depuis janvier 2015, l’Europe s’est enfin décidée à le réduire – à défaut de l’interdire. Le règlement européen, publié ce 14 février 2018, abaisse donc la limite de migration de bisphénol A dans les aliments, de 0,6 à 0,05 milligrammes de BPA par kilogramme de denrées alimentaires. Il sera applicable à compter du 6 septembre prochain, pour toutes les denrées alimentaires fabriquées dans les États membres de l’Union européenne. » pierre

dimanche 14 avril 2019

  « Entendant les appels de l'UFC-Que Choisir, le gouvernement a présenté un plan généralisant à tous les domaines de la consommation une définition des perturbateurs endocriniens (PE). Elle doit inclure ceux qui sont « présumés » et ceux « suspectés ».
L'Agence de sécurité sanitaire française, l'Anses, est chargée de publier d'ici à 2021, une liste officielle. De même, doit être créé un site d'information grand public sur les PE et plus largement sur les produits chimiques pour une plus grande transparence et une meilleure information des populations. » Que Choisir