Oeufs contaminés : l'Europe n'est pas en cause selon Stéphane Le Foll

Le député PS Stéphane Le Foll a écarté ce 10 août la responsabilité de l'Europe sur le sujet des oeufs contaminés. Il a pointé du doigt sans les nommer les Pays-Bas qui n'ont pas transmis l'information au niveau européen.

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L'affaire des oeufs contaminés venus des Pays-Bas a pris une tournure européenne et la question de la responsabilité se pose. "Est-ce que c'est l'Europe qui est en cause ? Non c'est le pays qui n'a pas donné l'information au niveau européen qui l'est", a affirmé le député de la Sarthe sur France inter, rejetant la responsabilité du scandale sur les Pays-Bas sans les nommer. C'est depuis ce pays qu'ont été exportés des oeufs contaminés au fipronil, une molécule toxique, vers plusieurs pays européens, dont la France.

"Il y a certains pays très organisés au niveau commercial et qui sont les derniers à donner l'information (...) il faut que de manière collective, au niveau européen, on sanctionne ceux qui n'ont pas donné l'information rapidement", a affirmé l'ancien ministre de l'Agriculture.

"Tout repose sur la fluidité et la transparence de l'information. Dès qu'il y a un problème il faut le signaler (...) et là, il semble qu'il y ait eu des manquements à une règle de solidarité par rapport à des enjeux sanitaires qu'il va falloir absolument corriger", a ajouté Stéphane Le Foll. Il s'appuie ainsi sur les propos du ministre belge de l'Agriculture Denis Ducarme, qui a déclaré mercredi à Bruxelles que les Pays-Bas avaient détecté depuis novembre 2016 la présence de fipronil dans des oeufs, d'après un rapport publié par une agence néerlandaise de sécurité alimentaire.

Une crise sanitaire européenne

Depuis fin juillet, la contamination au fipronil a entraîné la destruction de millions d'oeufs dans plusieurs pays européens. Des enquêtes judiciaires ont été ouvertes aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne et en France. Cinq établissements français ayant reçu des lots d'oeufs contaminés sont situés dans la Vienne, le Maine-et-Loire, le Pas-de-Calais, le Nord et le Morbihan. 

Dans l'Union européenne, l'utilisation de ce pesticide est interdite pour les animaux destinés à la chaîne alimentaire, mais reste courante dans de nombreux produits antiparasitaires pour les animaux de compagnie (anti-puces et anti-tiques) et dans des produits à usage domestique contre les infestations (anti-termites, anti-fourmis, anti-blattes...).

Considéré comme "modérément toxique" pour l'homme par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le fipronil est dangereux pour les reins, le foie et la thyroïde. Les faibles concentrations mesurées dans les oeufs contaminés rendent toutefois le risque d'empoisonnement très faible voire nul.




Oeufs contaminés : "pas de risque pour le consommateur"

Le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a révélé ce matin une partie d’un avis de l’agence de sécurité de l’alimentation sur les œufs contaminés au fipronil. Selon l'agence, plus de 200 000 ont été mis sur le marché en France, sans impact sur la santé de ceux qui les ont consommés.

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Des œufs contaminés au fipronil ont bien été consommés en grande quantité par les Français, sans que cela n’affecte leur santé. "Deux centres d'emballage d'oeufs dans le Nord et la Somme ont reçu des oeufs de consommation contaminés en provenance des Pays-Bas et de Belgique", a déclaré vendredi le ministre de l’Agricultre Stéphane Travert sur RMC.

Le ministre a fait état d'un avis de l'agence de sécurité de l'alimentation, l'Anses, publié ce vendredi, qui confirme selon lui que "le risque pour la santé humaine est très faible au vu des niveaux de fipronil qui sont constatés dans les oeufs contaminés, mais aussi au vu des habitudes françaises de consommation alimentaire".

"Un premier lot de 196.000 oeufs en provenance de Belgique a été mis sur le marché entre le 16 avril et le 2 mai", a-t-il précisé, avant d’ajouter que "ces oeufs ont été déjà consommés, sans impact pour la santé". M. Travert a donné la référence d'un "deuxième lot qui vient des Pays-Bas", portant le code 0NL43651-01 et comprenant "environ 48.000 oeufs qui ont été mis en vente par des magasins Leader Price entre le 19 et le 28 juillet".

Deux entreprises, une en Vendée et une en Moselle, ont aussi importé ces oeufs

"Les niveaux de contamination ne présentent pas de risque pour les consommateurs", a affirmé le ministre. "Mais en ayant connaissance du numéro de lot, s'ils préfèrent les détruire ou les écarter, ils en ont toute la liberté."

Stéphane Travert a également annoncé que deux entreprises se sont ajoutés à la liste des sociétés ayant importé des produits contaminés au fipronil. Ces "deux établissements situés dans les départements de Moselle et de Vendée ont réceptionné des ovoproduits contaminés en provenance de Belgique". Depuis le début de la semaine, cinq casseries d'oeufs - qui transforment les oeufs en ovoproduits - ont été identifiés.

Le ministre de l'Agriculture a assuré que "tous les produits contenant des oeufs issus des élevages contaminés seront retirés du marché dans l'attente de résultats d'analyse", mais ces aliments "seront remis sur le marché en cas de résultat favorable".

"Les enquêteurs vont distinguer les situations" et "si le taux de contamination est nul ou très faible, aucune mesure n'est nécessaire", a ajouté Stéphane Travert. Pour remonter jusqu'aux divers gâteaux, pâtes ou sauces pouvant contenir des traces de fipronil, "nous allons effectuer une traçabilité de l'aval qui sera systématique sur l'ensemble des oeufs qui proviennent des élevages contaminés", soit 86 exploitations en Belgique et aux Pays-Bas.



Oeufs contaminés : la liste des produits bientôt rendue publique par le gouvernement

Alors que 17 pays européens sont touchés par le scandale des œufs contaminés au fipronil, le ministère de l’Agriculture va "dans les prochains jours" dévoiler l’ensemble des produits atteints.

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"Dans les prochains jours, au fur et à mesure que des résultats d'analyse seront connus, nous allons rendre public sur le site du ministère le nom de l'ensemble des produits contaminés", a annoncé le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert au Parisien mardi.

A l'origine de l'affaire : l'utilisation du fipronil, un insecticide, par des sociétés de désinfection intervenant dans des exploitations agricoles aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne et dans le Pas-de-Calais. L’usage de cet insecticide, couramment employé pour les animaux de compagnie contre les poux, les tiques et les acariens, est interdit sur les animaux destinés à la chaîne alimentaire dans l'Union européenne.

Des oeufs contaminés par le fipronil ont été signalés dans 17 pays européens, l'affaire ayant même atteint Hong Kong. Le ministère français de l'Agriculture a recensé quatorze établissements ayant importé des oeufs ou des produits à base d'oeufs susceptibles de contenir du fipronil.

"Le risque santaire est très faible"

"Les marques, le numéro de lot, leur conditionnement et la date de mise sur le marché" devraient être publiés, concernant "les lots testés et identifiés comme contaminés au fipronil à des taux supérieurs à la limite autorisée", a précisé Stéphane Travert, avant d’ajouter que "les enseignes qui le souhaitent pourront informer leurs clients par des affichettes en magasin" et "dans certains cas, elles seront tenues de le faire."

Dans un communiqué, l'ONG Foodwatch a salué cette annonce : "La décision du ministre de l'Agriculture d'informer les consommateurs plutôt que de protéger les lobbies de l'industrie agroalimentaire est une très bonne chose." L’association regrette toutefois que cette communication porte uniquement sur les aliments contaminés au fipronil à des taux supérieurs à la limite autorisée.

"Nous exigeons la totale transparence, également sur les aliments faiblement contaminés. Les consommateurs doivent pouvoir être à même de décider en toute connaissance de cause s'ils veulent ou non consommer" ces produits, souligne l'ONG.

Dans son entretien au Parisien, Stéphane Travert juge "probable" que des produits contaminés soient encore en rayon même s'il rappelle "que le risque sanitaire est très faible du fait des teneurs observées et des habitudes alimentaires françaises".

17/08

Fipronil dans les oeufs : des gaufres retirées de la vente en France

Le ministère de l'Agriculture a publié jeudi une première liste de produits contenant des traces de fipronil vendus en France.

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Le minstère de l'Agriculture a rendue publique une première liste de produits contenant du fipronil en grande quantité. Ce sont majoritairement des aliments des marques de distributeurs, mais fabriqués aux Pays-Bas, et principalement des gaufres.

La liste cite dix-sept références de gaufres sous marque Leclerc, Carrefour, Intermarché, Leader Price, Franprix, Système U, Monoprix et Casino mises sur le marché depuis le 23 juin.

Les produits listés par le ministère sont retirés du marché car ils contiennent du fipronil à une concentration supérieure à la limite maximale de résidus réglementaire (0,005 mg/kg de produit), toutefois, les niveaux constatés "ne présentent pas de risque pour le consommateur au regard des références scientifiques", ajoute-t-il dans un communiqué.

A ce stade, les contrôles et inspections menés n'ont identifié aucune matière première ou produit élaboré présentant des concentrations supérieures à la dose susceptible d'entraîner des troubles graves en cas d'ingestion. Un bilan des contrôles officiels réalisés par les services de l’Etat sur les établissements de la filière oeufs et ovoproduits devrait être rendu public dans les prochains jours selon le ministère de l'Agriculture.

Les enquêtes dans les élevages se poursuivent pour s'assurer de l'absence d'usage de fipronil en France.


21/08


Fipronil : après les gaufres, des gâteaux aux amandes retirés de la vente

Deux produits viennent s'ajouter aux dix-sept références de gaufres présentes dans la liste publiée par le ministère de l'Agriculture jeudi 17 août. Ces produits sont retirés de la vente.

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Le 17 août dernier, le ministère de l'Agriculture a dévoilé une première liste de produits contenant du fipronil en grande quantité. Elle contenait majoritairement des aliments des marques de distributeurs, mais fabriqués aux Pays-Bas, et principalement des gaufres.

Depuis le 20 août 2017, deux références de frangipanes, des gâteaux aux amandes, de la marque Lotus s'y sont ajoutées.

La liste cite désormais dix-neuf références de gaufres et de frangipanes des marques Leclerc, Carrefour, Intermarché, Lotus, Leader Price, Franprix, Système U, Monoprix et Casino mises sur le marché depuis le 23 juin.

Ces produits sont retirés de la vente. Ils possèdent une concentration de Fipronil supérieure à la limite maximale de résidus réglementaire. Cette limite est fixée à 0,005 mg/kg de produit. Selon le ministère de l'Agriculture, les niveaux de Fipronil constatés "ne présentent pas de risque pour le consommateur au regard des références scientifiques".


24/08/2017

Oeufs contaminés : présence éventuelle d’un autre insecticide

La France n’a pas été alertée par la Commission européenne et les Pays-Bas de l’éventuelle présence d’un second insecticide dans les œufs déjà contaminés au fipronil.

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Après le fipronil, l’amitraze ? Le gouvernement néerlandais a révélé mercredi qu'un deuxième insecticide "modérément toxique" avait été utilisé par Chickfriend, le prestataire de services incriminé dans l'affaire du fipronil. Il s'agit de l'amitraze, utilisé dans un seul élevage bovin et avicole pour tuer les mouches, selon une lettre adressée par deux ministres au Parlement néerlandais.

La France n’a elle pas été informée ni par ses homologues néerlandais ni par l’Union européenne. Le ministère de l'Agriculture a indiqué mercredi n'avoir pas été alerté par les dispositifs de veille de la Commission européenne sur la présence éventuelle d'un autre insecticide, l'amitraze, dans les ovoproduits venant des Pays-Bas et de Belgique.

"Les services officiels français n'ont reçu aucune alerte du Rapid Alert System for Food and Feed (RASFF) qui auraient indiqué l'envoi de produits contenant de l'amitraze vers les autres Etats membres. La Commission européenne n'a émis aucune recommandation non plus à ce sujet", a déclaré une porte-parole du ministère.

350 inspections en élevage

Le ministère a rappelé que les services départementaux avaient reçu l'instruction le 8 août de mener des enquêtes d'ici le 31 août 2017 dans les élevages de poules pondeuses pour vérifier sur l'ensemble du territoire français si l'un des produits antiparasitaires incriminés en Belgique et aux Pays-Bas (DEGA 16 et COOPER BOOST) et contenant frauduleusement du fipronil, avait été utilisé. 

Deux types de contrôles sont réalisés : des enquêtes par l'intermédiaire d'un questionnaire auprès des élevages concernés, et des inspections de terrain ciblées en élevage. Au 18 août, "sur les 2.900 élevages français recensés, près de 2.200 retours de questionnaires en filière pondeuse ne faisaient pas état de l'utilisation de ces produits. Ces informations étaient confortées par près de 350 inspections en élevage", rapporte le ministère.

Depuis le 17 août, le ministère de l’Agriculture met à jour une liste des produits retirés de la vente en France. Des pâtes, des gaufres et des frangipanes ont notamment été "black-listées" par les autorités.