Aliments: Bio

Le Consommateur d'Alsace, n°229. Que Choisir; Science et avenir; 60 millions

2019/06 BIO: QUEL IMPACT SUR NOTRE SANTE ? (60MC)

Environnement, économie… Si l'alimentation bio nourrit beaucoup d'espoirs, l'expansion de cette production risque de se faire au détriment de ses intérêts premiers.

Les chiffres avancés par l'Agence bio (Agence française pour le développement et la promotion de l'agriculture biologique). Ce groupement d'intérêt public, qui dresse chaque année un état des lieux, a constaté que

  • en 2018 plus de 9 Français sur 10 déclaraient avoir consommé des produits bio.
  • Près de 75 % en mangeaient au moins 1 fois par mois, et 12 % tous les jours.
Au niveau économique : 

  • en 2017, les Français ont acheté pour plus de 8 milliards d'euros de produits alimentaires bio, soit 17 % de plus qu'en 2016. 
Mais il faut alors rappeler que l'agriculture bio doit répondre à une obligation de moyen. Elle ne garantit en aucun cas que le produit est inoffensif pour l'environnement ou meilleur pour la santé.

Produire sans molécules chimiques de synthèse, c'est l'argument n° 1 de l'agriculture biologique. Avec, en ligne de mire, la volonté de protéger l'environnement. Ces objectifs sont en partie atteints : d'après une étude suisse parue en 2012 dans la revue scientifique américaine PNAS, les sols cultivés en agriculture bio renferment que 40% de vie en plus que ceux en agriculture conventionnelle !

Mais bio ne signifie pas sans pesticides ni engrais. Certaines substances dites “naturelles” sont parfaitement autorisées, telle:

  •  la bouillie bordelaise, qui contient du cuivre, pour combattre des champignons comme le mildiou.
  • L'huile de neem (un arbuste tropical) détruit certains insectes, dont les bourdons. 
  • Des engrais à base de sang de bœuf séché ou de guano sont, pour leur part, très riches en azote.

L'origine naturelle ne garanti pas l'inocuité de ces substances C'est d'ailleurs à ce titre que la Commission européenne s'est interrogée récemment sur la suppression de la bouillie bordelaise en agriculture bio, même si elle n'a pas encore osé sauter le pas.

La demande des consommateurs s'est développée à une telle vitesse que certains producteurs n'hésitent pas à appliquer au bio les recettes de l'intensif. Ils pratiquent ainsi la monoculture sur d'immenses parcelles et qui détruit la microfaune des sols et utilise des engins motorisés polluants. Sans compter qu'il faut davantage de main-d'œuvre et de surface pour produire en quantités équivalentes.

Une étude internationale, publiée en décembre 2018 dans la revue Nature, alerte quant au fait que ce besoin en terres supplémentaires accélère la déforestation et provoquerait donc un relargage de (CO2) plus important dans l'atmosphère. Or, le CO2 se trouve être l'ennemi n° 1 du climat.

Autre point noir dans le bilan carbone du bio, la mondialisation. Manger des fraises en hiver ou des avocats tous les jours n'a aucun sens écologique, même s'ils sont bio ! Les produits hors saison et (ou) d'origine lointaine, en raison de leurs modes de production, de conservation et de transport, qui font majoritairement appel aux énergies fossiles, ont un bilan catastrophique pour l'environnement. D'après l'Agence bio, en 2017:

  • 60 % des fruits bio et 
  • 30 % des légumes bio 
consommés en France étaient importés ! Et avec l'engouement pour les produits exotiques comme les agrumes et les fruits tropicaux, la tendance n'est pas à la baisse.

La motivation du “bien-manger” ne s'appuie sur aucune réalité scientifique. Rappelons d'abord que la réglementation européenne quant à la teneur maximale en résidus de pesticides:

  • est la même pour les fruits et les légumes bio que pour ceux produits en agriculture conventionnelle. 
Mais et c'est bien le moins que l'on peut attendre du bio -, plusieurs études, dont une parue en avril 2019 dans Environmental Research, confirment que la consommation d'aliments bio réduit l'exposition aux pesticides : dans les urines des consommateurs, on retrouve significativement moins de fongicides et d'herbicides de synthèse.

En 2014, une vaste analyse de plus de 340 publications scientifiques conduite par une équipe de l'université de Newcastle, reprise ensuite par la Commission européenne, a conclu à une différence notable au niveau de la teneur enantioxydants, plus élevée dans les produits bio. Certains pourraient aussi contenir plus de vitamine C et de caroténoïdes, mais l'écart avec les produits conventionnels est moins marqué. En ce qui concerne tous les autres nutriments (oligoéléments, minéraux, vitamines, fibres...), aucune différence n'a été mise en évidence.

L'effet de l'alimentation sur notre organisme s'opère tout au long de notre vie et il est intimement lié à nos habitudes (activité physique, consommation d'alcool et de tabac, exposition environnementale…..). Ainsi, en 2017, une revue très complète de la littérature scientifique, publiée par des Danois dans Environmental Health, concluaït que 

« les liens entre alimentation bio et santé sont insuffisamment documentés par les études épidémiologiques ».

C'est dans ce contexte qu'une étude française a beaucoup fait parler d'elle à l'automne 2018.

Menée entre 2009 et 2016 par le Centre de recherche épidémiologie et statistique Sorbonne Paris Cité (Cress) sur près de 70000 personnes, elle conclut à une

 « diminution de 25 % du risque de cancer (tous types confondus) chez les consommateurs “réguliers” d'aliments bio comparés aux consommateurs plus occasionnels ». 

Mais les chercheurs ont aussi précisé que 

« le lien de cause à effet ne peut être établi sur la base de cette seule étude » ! 

En effet, un cancer met en général plus de 10 ans à se développer. Or, cette étude n'a duré que 7 ans et n'a porté que qui sont a priori des personnes plus vertueuses que la moyenne quant à leur hygiène de vie.

Toutes les statistiques économiques le montrent, le bio coûte plus cher, notamment parce qu'il nécessite davantage de main-d'œuvre, et ses rendements sont plus faibles que ceux de l'agriculture conventionnelle. 

Mais aussi parce que Les marges brutes de la grande distribution sont, en moyenne, 2 fois plus élevées pour les produits bio que pour ceux issus de l'agriculture conventionnelle. Si l'on veut réduire le surcoût du bio et que celui-ci profite avant tout aux agriculteurs qui le produisent, il est essentiel de privilégier les enseignes spécialisées et les circuits courts, avec notamment les ventes directes de producteurs ou les produits bruts et de saison.

Une étude menée par l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) et ses partenaires sur plus de 29000 personnes et publiée en avril 2019 dans The American Journal of Clinical Nutrition montre ainsi que les grands consommateurs de bio ont des 

« habitudes alimentaires particulières, caractérisées par une part plus importante de végétaux et des apports plus faibles en viande rouge et de produits laitiers », 

ce qui en soi est déjà « nutritionnellement plus sain » et « moins impactant pour l'environnement ».

Plus encore que manger bio les yeux fermés, pour protéger l'environnement et sa santé consistent à augmenter sa consommation de fruits et de légumes, en privilégiant les produits locaux et de saison, à diminuer sa consommation de viande et de charcuterie, et à limiter les produits ultratransformés. 

Ce sont d'ailleurs les dernières recommandations nutritionnelles, diffusées en janvier 2019 par l'agence Santé publique France. Et, si l'on veut revenir à l'essence même de l’agriculture biologique, s'intéresser à de nouveaux labels, plus exigeants, comme:

  • Bio Cohérence, 
  • Nature & Progrès, 
  • Demeter ou Biodyn. 
Car un vent nouveau souffle sur le bio, l'obligeant à se remettre en cause. 

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L'Agence Bio, présentait le 21 février 2019 

les chiffres annuels de la filière, et s'est intéressée cette année au profil des acheteurs fraîchement convertis, définis comme achetant bio depuis moins d'un an. 

En forte progression, ils sont passés:

  •  de 9% en 2017 
  • à 17% en 2018. 
Les 18-24 ans sont Les plus représentés, devant Les personnes à faibles revenus (20%) et les femmes (19%). Les nouveaux consommateurs, plus jeunes et moins aisés, invoquent davantage des raisons éthiques et de bien-être animal quand les aînés s'attachent plus à préserver leurs santé et à rechercher des aliments de qualité et goûteux.La protection de l'environnement s'avère en revanche un levier majeur pour toutes les générations. Enfin, sans surprise, le prix reste problématique pour 84% des jeunes consommateurs, même si 43 % estiment normal de payer plus cher un produit bio.
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Est-ce que manger bio protège plus du cancer ?

Les travaux se succèdent pour tenter d'en apporter la preuve. 
En 2014, une étude britannique menée sur 623'080 femmes avait mis en évidence une réduction de 21 % du risque de développer un lymphome non hodgkinien (un cancer du sang) chez les consommatrices de produits bio
Récemment, une étude française menée sur près de 70'000 personnes (78 % de femmes) a montré une baisse de 25 % du risque de cancer chez les consommateurs réguliers (les participants devaient indiquer s'ils en consommaient « jamais », « occasionnellement » ou la « plupart du temps » sans autre précision sur la quantité) de bio. Cette association était importante pour les Iymphomes (76 %) et les cancers du sein chez les femmes ménopausées (34 %) sans qu'un lien de cause à effet ait pu être établi. 
Les biais sont difficiles à éviter, les personnes qui mangent bio étant souvent plus attentives à leur hygiène de vie et donc à leur santé en général Le rôle protecteur du bio pourrait s'expliquer par sa plus faible teneur en pesticides. Mais cette hypothèse demande à être confirmée.

Les adeptes du bio moins touchés par certains cancers 

Les consommateurs réguliers d'aliments bio « présentent un risque moindre  de 25 % de développer un cancer, par rapport aux non-consommateurs ou aux consommateurs épisodiques », selon une étude épidémiologique NutriNetSanté, publiée fin octobre dans le Jama Internal Medicine.

Le lien est « particulièrement marqué » pour les cancers du sein en post-ménopause (- 34% de risque) et les lymphomes (- 76%). Ces résultats s'appuient sur un échantillon de 68 946 personnes de la cohorte NutriNet-Santé, suivies de 2009 à 2016. Les chercheurs avancent deux hypothèses. 

D'abord, les résidus de pesticides nettement moindres dans les aliments bio, alors que les études suggérant un lien entre pesticides et certains cancers s'accumulent. 

Ensuite, les teneurs potentiellement plus élevées, dans les aliments bio, en certains nutriments comme les antioxydants, les polyphénols, les caroténoïdes, la vitamine C, ainsi que des profils d'acides gras plus bénéfiques. 

L'étude souligne toutefois que ces variations sont modestes, et que leurs conséquences sur la santé «restent à déterminer ». Prudents face aux biais possibles, les auteurs rappellent qu'il faut «confirmer ces résultats par d'autres études épidémiologiques » avant de prendre des mesures de santé publique, car de multiples facteurs (hygiène de vie, antécédents familiaux...) autres que l’alimentation influencent la survenue ou non d'un cancer. 

(1) Réalisée par une équipe mixte de l'Inserm, l'Inra, l'Université Paris 13 et le Cnam.

Chronologie

1985 : cahier des charges bio français et premier logo AB.
1991 : première réglementation bio européenne (règlement CEE n° 2092/91, complété en 1999 pour les productions animales).
1999 : premier logo bio européen.
2009 : nouvelle réglementation bio européenne (règlement CE n° 834/2007). Le texte fixe aussi des exigences de base en production d’algues marines et d’aquaculture biologique.
2014 : modification des modalités d’application de la réglementation bio concernant l’aquaculture (règlement d’exécution UE n° 1358/2014).
2014 : début de la révision de la réglementation bio européenne.
2017 : approbation d’un compromis par les États membres.
2017 : nouveau cahier des charges bio français (arrêté du 27 mars 2017). Le chapitre sur la production aquacole, qui n’était plus applicable depuis l’extension de la réglementation européenne, est supprimé.
2018 : approbation de la nouvelle réglementation européenne par le Parlement et le Conseil pour applica-
tion à partir du 1 er  janvier 2021 ?

Sources : Agence Bio, Inao, Commission européenne, Parlement européen

Que Choisir [MARIE—NOËLLE DELABV AVEC CLAIRE GARNIER]

Le secteur du bio affiche une santé éclatante !

La filière jouit d'une croissance à deux chiffres depuis des années. Elle a atteint 20% en 2016!

Environ 260 000 hectares de terres sont entrés en première année de conversion l’an dernier et seront certifiés d’ici à 2018. Tandis que la part de surfaces agricoles bio, actuellement de 5,8%, pourrait se hisser à 20% durant la prochaine décennie. Les experts les plus optimistes tablent sur la possibilité d’arriver à 50% en 2050. Aujourd’hui, la filière amorce un tournant que souhaite accompagner l’Union Européenne — qui dicte les exigences du label AB (voir notre fiche pratique, p. 60) — grâce à une nouvelle législation. Cette dernière est censée «renforcer la confiance du consommateur pour permettre au développement du secteur de se poursuivre », selon les vœux du commissaire européen à l‘Agriculture, Phil Hogan. Mais croître sans faillir à ses missions est un veritable défi et l’Europe peine àjouer son rôle de tuteur.

Bruxelles accouche d'une souris

De meilleures conditions d’élevage , plus de production locale  : les attentes du consommateur se diversifient face à des promesses parfois ténues mais souvent tenues. La principale motivation des adeptes du bio demeure toutefois ses bienfaits supposés pour la santé. À juste titre. Comme l’ indiquent nos résultats, si l'intérêt sanitaire à consommer bio varie selon les familles d’aliments, pour les végétaux cela réduit significativement l‘exposition aux résidus de pesticides!

Un bénéfice que Parlement et Conseil européens ambitionnaîet de renforcer via une nouvelle réglementation bio, plus exigeante. Hélas. la montagne législative, empêtrée dans des débats houleux, a accouché d‘une souris le 29 juin dernier 2017.

La Commission a en effet dû renoncer à sa mesure la plus ambitieuse, le déclassement des produits contaminés. Son objectif: introduire des seuils de résidus de pesticides interdits dans le bio, dont le dépassement entraînerait le déclassement automatique des produits. Un projet notamment soutenu par la Belgique et l’Italie, qui appliquent une politique semblable à l’échelle nationale.

Mais il a été abandonné sous la pression d'une majorité d’Etats, dont la France, qui a invoqué le principe d'obligation de moyens et non de résultats sur lequel repose le bio européen.

Autrement dit, le label AB ne certifie pas qu'un produit est dénué de pesticides, mais simplement que le producteur met en oeuvre les conditions pour cultiver sans engrais chimiques. «Pénaliser les agriculteurs bio à l'heure où les contamination fortuite par les cultures conventionnelles sont encore trop nombreuses serait injuste et cette mesure ne peut voir le jour sans un principe de pollueur-payeur», estime Stéphanie Pageot, présidente de la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab). Elle rappelle toutefois que certains labels bio privés (voir notre fiche pratique, p. 60) prônent des mesures strictes pour lutter contre ces contaminations fortuite en interdisant les exploitations mixtes, celles qui produisent en bio et en conventionnel.

Les prix ne baissent pas

En attendant que les États se mettent d’accord, le nombre de magasins spécialisés en bio explose et les distributeurs généralistes étoffent leurs gammes. Cette hausse de l‘offre devrait infiéchir les prix. Pourtant, nos relevés dans 1518 magasins montrent que la facture pour un même panier de courses est au moins 70% plus élevée en rayon bio qu‘en rayon conventionnel ! Or, le prix reste le premier critère de choix des ménages (48 %) devant l’origine du produit (36 %), selon la récente étude Inca 3 de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l’environnement et du travail). Certes, «produire vert demande plus de maind ’æuvre et d ’espace pour une production égale», rappelle Stéphane Bellon, de l‘Institut national de la recherche agronomique. Et le bio rémunère souvent mieux les producteurs. Mais cela ne justifie pas une telle cherté et la question des marges des distributeurs se pose. L’Agence bio, plate—forme nationale de promotion du bio, nous promet plus de transparence grâce à un observatoire des marges et des prix. On espère avoir les premiers résultats en 2017, notamment pour le lait et le steak haché. Pour sa part, l’UFC-Que Choisir boucle une étude sur la question. Ses conclusions devraient être dévoilées très prochainement. 


Manger Bio, Plus sain

Si les attentes vis-à-vls des produits bio se diversifient, préserver sa santé et bien se nourrir demeurent les principales motivations des consommateurs. A juste titre?

Coté nutrition, l’intérêt du bio n’est pas  flagrant.

Les principales méta-analyses de ces dernières années s’accordent à rctrouver un taux légèrement plus élevé d’antioxydants dans les fruits, légumes et céréales bio, de même qu’un taux plus important de «bons» acides gras dans les produits laitiers et les œufs bio. Mais concernant les vitamines et minéraux, il semble qu’il n'y ait pas de différence. Nos analyses le confirment. «Des résultats peu surprenants», selon Stéphane Bellon, chercheur à l’Inra (Institut national de la recherche agronomique), qui rappelle que le cahier des charges bio n‘implique stricto sensu : "que" la suppression des engrais chimiques. Soit un facteur parmi bien d’autres qui influencent la richesse nutritionnelle des végétaux. «Le climat, la météo, le moment de la récolte, la rotation des cultures, ou encore la taille et la densité des parcelles sont autant des critères qui vontjoucr sur la teneur en nutriments des végétaux», précise le chercheur.

En revanche, l'intérêt pour la santé d’une alimentation bio est plus tangible.

Certes, peu d'études à ce jour ont évalué l‘effet direct de la consommation de nourriture bio sur la santé humaine. Et hormis quelques indications montrant une baisse des risques d‘allergies chez les enfants, les résultats ne sont pas concluants.

«Ilert dfiicile d 'établir un lien direct entre ce régime et la santé de la population générale, ne serait—ce que compte tenu des biais sociologiques. Car le bio touche en premier lieu une population qui a davantage les moyens de se Pre'occuper de sa santé. Mais il y a du bon sens openser que manger bio est plus sainpour la raison évidente que ce régime fait baisser l’exposition aux engrais chimiques. Orle lien entre surexposifion aux pesticides et maladie est, lui, démontré»,

rappelle le professeur Robert Bäiouki, dre l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Ces trente dernières années, les scientifiques ont établi un lien entre exposition aux pesticides et

  • maladie de Parkinson,
  • cancer de la prostate, ou encore certains
  • cancers hématologîques chez les agriculteurs, mais aussi leurs enfants et les populations rurales qui ne sont pas exposées professionnellement.

Quant à la population générale, «depuis quelques années, les preuves s‘accumulent concernant le risque de cancer de la prostate et, surtout, le développement neurocomportementa/ lie à des expositions lors de périodes sensibles du de’weloppement, in utero et pendant l‘enfance », conclut le P‘ Barouki.

L’intérêt sanitaire du bio est moins évident du côté de la production animale, comme le montrent nos résultats. Toutefois, un rapport de 2017 du service de recherche du Parlement européen note un avantage indirect à l’usage limité des antibiotiques en agriculture biologiquc: une réduction du risque global de résistance à ces traitements..

L'étude:

Nous avons sélectionné 71 produits, 46 bio et 25 conventionnels. disponibles en maeasins spéclallsés ou en grandes surfaces. Les aliments

visés étaient les suivants: bananes. carottes, citrons. œufs. filets de poulet et mueslls. us uesum … Pour chaque type d'aliments. des analyses nutritionnelles (sur fruits et légumes éniuchés) et

une recheche de contaminants sur les produits tels que vendus. (sauf pour les bananes: sur fruits entiers puis éoluans) ont été faites.

> cote nutrition, nous avons mesuré la teneur en matière

sèche et en macmnutrlments des échantillons (lipides. protéines. glucides). complétée. selon les aliments: par l'analyse du profil des acides gras (muesus. œuts, filets de poulet); par le dosage des fibres (mueslls. bananes _

citrons. carottes), de vitamines

et de minéraux (tltrons,

carottes. banana); par le profil

des sucres et le taux de sel

(muesiis). Nous avons aussi

évalué le pouvoir antioxydant

des fruits et légUmes. _


Le Consommateur d'Alsace, n°229.

Le cahier des charges de l’agriculture bio interdit l’usage des produits chimiques de synthèse (pesticides et engrais) et des OGM. Concernant ces derniers, un seuil de tolérance (fixé de manière arbitraire par les pouvoirs publics) de contamination accidentelle par les OGM se situe à 0,9 %. Au-delà, le produit est “déclassé”. Le principe de dilution n’existant pas, ce seuil s’applique donc pour chaque ingrédient ou aliment, pris individuellement. En agriculture bio, on préfère prévenir que guérir. Pour cela, les agriculteurs de la filière tentent d'anticiper les maladies et les attaques de “ravageurs“. Par exemple, en respectant la rotation des cultures qui permet de couper le cycle des parasites et des maladies. Si cela n'est pas suffisant, ils ont recours à des pesticides d'origine naturelle. P55ncmss mo, NATURELS... ms monms ! Une liste de pesticides bio, autorisés par la réglementation, a été établie. Sept catégories de produits sont répertoriées: - les substances actives d'origine animale ou végétale (purin d'ortie, huiles végétales, pyréthrines...) ; - les micro-organismes ; - les substances produites par des micro-organismes ; - les substances à utiliser uniquement dans des pièges ou des distributeurs (phéromones et certains pyréthrino‘r‘des) ; - les préparations à disperser en surface entre les plantes cultivées (molluscicides) ; - les autres substances traditionnellement utilisées dans l'agriculture biologique (notamment cuivre, souffre, huile de paraffine...) ; - les autres substances telles que l’hydroxyde de calcium et le bicarbonate de potassium. Même si ces pesticides sont autorisés dans l’agriculture bio, ils ne sont pas pour autant anodins. Ce n'est pas parce qu'ils sont “naturels“ qu’ils sont "sans danger“. Autrefois, les producteurs utilisaient la nicotine comme insecticide naturel, mais ce produit s'est avéré être dangereux à manier, la roténone extraite de plantes africaines est mortelle pour les poissons, même à très faible dose. En raison des aspects cités, ces deux produits, d'origine naturelle, sont interdits par la règlementation bio européenne depuis quelques années. Cela étant, il faut remettre en perspective la dangerosité entre les produits utilisables en bio et les pesticides chimiques. Ceux utilisés en bio se dégradent plus rapidement que les produits de synthèse, à l’exception du soufre et du cuivre. De fait, on trouve moins de résidus dans la nature et donc, indirectement, dans les aliments.

Les interdictions totales

L‘envahissement des mauvaises herbes est nuisible. En bio, les seuls moyens utilisables sont la rotation des cultures, les procédés mécaniques de travail du sol et le désherbage thermique. Autrement dit, les herbicides sont interdits. Il faut savoir qu’en agriculture conventionnelle, les herbicides représentent 35 % des pesticides utilisés. En sachant que cette famille comprend des molécules connues pour être des contaminants majeurs des eaux de surface. Concernant la lutte des champignons, les moyens utilisés sont le paillage (pose de plants formés de matériaux servant d'écran plus ou moins imperméable entre le sol et l’atmosphère, la solarisation et les fongicides). Concernant la solarisation, elle consiste en la pose d'un film plastique en polyéthylène sur le sol. Celui-ci permet la désinfection solaire du sol. Les deux principaux fongicides utilisés sont le cuivre, utilisé sous différentes formes, ainsi que le soufre. Ces deux produits de contact sont préventifs, sensibles au lessivage. Il faut tout de même noter que le soufre, très utilisé en viticulture bio, est issu du raffinage de gaz et de pétrole, provenance qui est loin d'être durable. 0

CONVERSION DES SOLS

Tout agriculteur conventionnel décidant de “passer“ en agriculture bio doit observer un temps de conversion. Cette période permet de s’assurer que les sols sont en bon état écologique lorsque l'agriculteur commence à vendre du bio labellisé. Cette conversion s'applique parcelle par parcelle, en fonction des cultures. Elle est de deux ans pour les cultures annuelles ou semipérennes. Et de trois ans pour les cultures pérennes. Durant cette période, l'agriculteur acquiert de nouveaux savoir—faire basés sur une plus grande observation de la nature et sur l'emploi d'engrais et de pesticides naturels.

En théorie, d'autres contrôles se font depuis la production primaire d’un produit biologique, en passant par son stockage, sa transformation, son transport jusqu'à sa vente au consommateur final. Ces contrôles sont menés par l'un des six organismes agréés par les pouvoirs publics : Aclave, Agrocert, Ecocert, Qualité France, SGS et Ulase.

jeudi 05 avril 2018

  « [2018] 30 % environ des denrées bio sont étiquetées « origine UE », voire « hors UE ». Il existe deux systèmes d’autorisation pour les produits fabriqués hors de nos frontières. Une
douzaine de pays bénéficient d’un « accord d’équivalence ». » 60 millions

jeudi 05 avril 2018

  « "Mieux que Bio"
Les petites différences tiennent à des techniques ou à des substances supplémentaires que la Commission a reconnues indispensables à la production ou aux conditions climatiques locales.

Une “bizarrerie” pointée par une campagne publicitaire sur la banane antillaise lancée en mars 2017... Son slogan : « Mieux que bio, c’est possible. »
L’allusion visait les fruits bio importés, en particulier de République dominicaine, qui « peuvent être traités par plus de huit substances interdites en agriculture bio dans l’Union européenne »,
On peut en effet s’interroger sur les différences parfois non négligeables entre deux produits bio, l’un d’ici, l’autre d’ailleurs... » 60 millions, 2018

jeudi 05 avril 2018

  « Selon les derniers chiffres de la Répression des fraudes, le taux d’irrégularités sur le bio s’élève à 14,2 %, avec des substances interdites dans 5 % des échantillons qui sont, pour beaucoup, issus de pays tiers. » 60 millions, 2018

jeudi 05 avril 2018

  « TOUS LES BIO NE SE VALENT PAS Qu’il s’agisse de tromperie ou de simples différences de qualité, nos essais montrent parfois de réels écarts au sein d’une même famille de produits. » 60 millions, 2018

jeudi 05 avril 2018

  « À ce jour, il n’existe pas, au niveau européen, de « limites maximales de résidus » (LMR) spécifiques aux produits bio. Pour hiérarchiser nos résultats, nous nous sommes donc basés, en partie, sur les recommandations de l’Association allemande des professionnels de la filière biologique (BNN).
Au sein d’une même famille de produits bio, on trouve donc des aliments moins vertueux
que d’autres... Même si c’est sans doute sans commune mesure avec les produits conventionnels : pour le miel par exemple, lors d’un précédent essai, nous avions trouvé en moyenne six résidus de polluants dans les miels conventionnels contre 0,3 résidu dans les bio. » 60 millions, 2018

jeudi 05 avril 2018

  « Dans les chocolats bio, l’une des molécules trouvée est le DEET; les ouvriers agricoles s’enduisent de ces répulsifs antimoustiques afin d’éviter d’être contaminés par des maladies comme la dengue, le virus Zika, etc., et ce, en accord avec une recommandation de l’OMS. Toutefois, la présence de cette molécule traduit un manquement aux règles d’hygiène dans l’exploitation. Quant aux quantités de résidus retrouvées, la plus forte est dans le chocolat Lidl (0,033 mg/kg) » 60 millions, 2018

jeudi 05 avril 2018

  « Des plastifiants dans les huiles d’olive. Ils peuvent provenir des contenants ou des joints des machines utilisés sur la chaîne de production. Quatre références dépassent la limite de migration spécifique. Pire, il s’agissait notamment de phtalates reconnus comme perturbateurs endocriniens et interdits dans les matériaux en contact avec des denrées alimentaires grasses. La référence
Marque Repère-Bio Village (E.Leclerc) affiche la plus forte concentration (3,7 mg/kg). » 60 millions, 2018

jeudi 05 avril 2018

  « Les huiles de Tunisie sont globalement les plus contaminées en plastifiants et en
HAP ; elles arrivent par ailleurs en seconde position (derrière les huiles d’Espagne) pour
les solvants. Les huiles d’olive françaises sont les plus polluées par les résidus de pesticides. » 60 millions, 2018

jeudi 05 avril 2018

  « meilleure huile: Vigean et Bonneterre..
meilleur café: Casino Bio, Alter-Eco, Lidl MaxHavelar
meilleur miel: Bonneterre
meilleur sucre de canne: Alter-Eco
meilleure quinoa: Alter-Eco
meilleur riz: Markal, Casino Bio » 60 millions, 2018

jeudi 05 avril 2018

  « Le nouveau règlement bio européen entrera en vigueur le 1er janvier 2021. Hormis un étiquetage
plus précis concernant l’origine du produit, il n’y aura pas de vrai changement pour le consommateur.
Globalement le futur règlement ressemblera à l’actuel, avec des précautions visant à prévenir la contamination accidentelle par des substances non autorisées.
Ainsi, la proposition de limites maximales de résidus dans les produits finis, n’a pas été retenue.

Pour l’heure, seule l’Italie et la Belgique ont mis en place certains seuils à ne pas dépasser.

Pour les opérateurs ayant démontré leur bonne application de la réglementation pendant trois
années consécutives, le contrôle sur place pourra être espacé de deux ans maximum. Cela étant,
chaque État membre peut être mieux disant et la France pourrait rester sur le contrôle annuel. » 60 millions, 2018