Pollution aux nitrates La Directive européenne sur les nitrates règlemente les périodes d’épandage d’effluents d’élevage, de boues d’épuration et de composts en fonction de leur rapport carbone/azote, indicateur de la vitesse de minéralisation des produits épandus. Elle couvre une grande partie du territoire alsacien, notamment toute la plaine. L’ensemble du territoire du SCOTERS est concerné par le périmètre des zones vulnérables aux nitrates en dehors des communes suivantes : Daubensand, Ettendorf, Geiswiller, Issenhausen, La Wantzenau, Lixhausen, Melsheim, Neugartheim-Ittlenheim, Rhinau, Ringeldorf, Scherlenheim, Strasbourg, Wickersheim-Wilshausen, Wilwisheim, Zoebersdorf. Concernant la qualité de l’eau distribuée, on observe une amélioration avec une diminution générale des teneurs maximales mesurées en nitrates sur le territoire. Des teneurs en nitrates comprises entre 25 et 50 mg/l ont été notées entre 2007 et 2009 au niveau des Unités de Distribution (UDI) suivantes : SDE Erstein Nord, SDE Erstein Sud, SDE Benfeld et Rossfeld, Communauté de communes Basse Zorn, Brumath, Krautwiller, Hochfelden. La teneur ne dépasse pas le seuil règlementaire fixé à 50 mg/l. En 2013, l’ARS a également identifié des teneurs en nitrates inférieures à la valeur limite sur l’ensemble du territoire du SCOTERS. Les valeurs enregistrées sur l’ensemble des stations de distribution en 2013 varient entre une teneur moyenne infé- rieure à 15 mg/l et à 25 mg/l, bien en deçà des valeurs limites.

Les nitrates [Les restrictions d'épandage restent très insuffisantes.]

1997

Premiere directive nitrate

2007

Début 2007, la France est assignée devant la Cour de justice européenne pour "n'avoir pas pris les mesures effiaces pour lutter contre la pollution des eaux par les nitrates". La France risquait

Une amende de

  • 28 millions d'euros et une astreinte de 117'882 € par jour,

Les reproches concernaient

  • Certaines parties du territoire polluées par les nitrates ne sont pas classées en zones vulnérables, ces périmètres où les teneurs sont trop importantes.
  • et les programmes d'action se révèlent incomplets et inefficaces,
  • les périodes d'interdiction d'épandage sont inappropriées,
  • les restrictions d'épandage insuffisantes.

les ministères de lAgriculture et de l'Ecologie ont donc engagé la révision des zones vulnérables. 

zones d'épandage

 

2010

Cette fois, les pénalités pourraient s'élever à

  • 60 millions d'euros et plus de 150'000 € par jour, une ardoise qui serait réglée par les contribuables !

Une fois encore, le constat est accablant: la pollution par les nitrates gagne du terrain.

  • De 215'000 km2 en 2001, puis
  • 244'000 km2 en 2007,le territoire classé en zone vulnérable est passé à
  • 256'000 km2

 

  • 15'000 communes s'y trouvaient en 2001,
  • 18'000 en 2007,
  • 19'000 aujourd'hui.

​​C'est néanmoins le résultat d'un compromis et de négociations très tendues.
Les pratiques évoluent peu Les faits sont têtus. Du côté des nappes souterraines, il est question d'une stabilisation, dans le meilleur des cas, et les évaluations relèvent surtout:

 "une augrnentation continue et régulière des teneurs en nitrates".

Pour les rivières, le rapport 2012 du ministère de l'Écologie sur la qualiié de l'eau note diminution concentrations en nitrates des cours "une d'eau dans I'Ouest, notarnrnent en Bretagne, malgrés des teneurs restant élevées, alors que I'augmentation de la concentration en nitrates se poursuit dans les autres régions Cette aggravation s'observe notamment dans les zones de culture céréalière intensive.

Depuis plus de vingt ans, la France est censée lutter contre les pollutions agricoles pour répondre aux exigences de la directive nitrates, sans résultats tangibles sur la qualité de l'eau. Pourtant, quatre programmes dàction successifs ont été imposés à la profession en zone vulnérable, avec à chaque fois un renforcement des contraintes
à respecter.
Sur le papier, dàilleurs, tout semble par fait. I-lexploitant établit un plan de fertilisation calé sur les.besoins des cultures, il enregistre les apports effectués, respecte Les périodes d'interdiction d'épandage, limite les ap-
ports dèffiuents d'élevage à 170 kg d' azote par hectare, restreint 1' épandage à proximité des cours d'eau et sur les terrains en pente. I1 assure la couverture hivernale des sols afin de piéger les nitrates, il implante une bande enher bée ou boisée sur 5 mètres de large le long des cours d'eau. Mais, dans lapratique, chaque département
a décliné le programme dâction à sa façon et, en général, seules les mesures déclaratives ou peu contraignantes ont été retenues. "On empile es pro  mille- réglementaire, analyse Gilles Huet, délégué général d'Eau et fuvières de Bretagne, làssociation la plus engagée dans le combat antinitrates depuis les années 90. On tnultiplie lesformalités administratioes, on intpose la tenue de bilans, mais on ne modife pas vraiment les Pratigues agricoles. D'ail- leurs, on prépare le 5' prograrltlne d'action, c'est la preuve de l'écbec des précédents. , Un échec qui s'explique. Dans
son récent rapport sur l'Office  national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema), la Cour des comptes juge o la
pression de contrôle insufi.sante pourfaire diminuer et souligne que o dans les zones des exploitations d'un départementfont l'objet d'un contrôle, un tautc à cornparer aoec ceux des stations d'épuration (200/o)
ce
tyÿe
les
de
pollution
»
plus sensibles, 7 0/o seulement
ou des barrages (1000/0)".

Des mesures contre-productives
De son côté, la Commission européenne n'est pas
dupe. Dans une mise en demeure adressée à la
France dès 2009, elle conteste les périodes d'inter-
diction d'épandage trop courtes, les multiples dé-
rogations, les capacités de stockage des effiuents
d'élevage insuffisantes, lâbsence de contrôle de la
fertilisation, les normes de rejets d'azote par animal
sous-évaluées, les conditions d'épandage laxistes.
Pour se mettre en conformité, le gouvernement a
publié un décret et un arrêté nitrates frn 20!1..
Mais cette nouvelle réglementation relève les pla-
fonds d'épandage de lisier au lieu de les abaisser
et pénalise les vaches laitières à l'herbe, un type
d'exploitation pourtant plus environnemental que

la stabulation. Elle vient sâjouter au relèvement des
seuils d'autorisation pour les élevages intensifs, à
la suppression des enquêtes publiques en cas
d'agrandissement et de regroupement d'installa-
tions, un ensemble de mesures guère compatibles
avec une lutte efÊcace contre la pollution de l'eau
par les nitrates. *LEtatfrançals æt schizophrène,
commente Gilles Huet. Dhn côté, il tente de sortir du
contentieux européen, de l'autre il cède auxpressions du
syndic at agri co I e m aj oritaire., Mais ces conces sions
nbnt pas suffi à la FNSEA. Le principal syndicat
agricole a déposé des recours contre ol'extension abusioe des zones oulnérables, en Loire-Bretagne,

Rhône-Méditerranée-Corse, Seine-Normandie,
Rhin-Meuse, Artois-Picardie et Adour-Garonne.Le nouveau zonage repose sur des arguments scien-
tifques insz.ffisammentfondés et sur un nnanque de
argre-t-tl,
classement engendre
concertation notoire,
d'irnPortantes conséguences tant en termes économigues
gu'en termes de lourdeurs administrati'ttes pour les
e xp I o itan ts agrico le s
franç ais. "Les grandes cultures ne sont pas taxées
Ala Confédération paysanne, en revanche, il n'est
pas'question de contester les zones vulnérables.
uElles sontfonction de l'état de laressource en eau»'
admet Jacques Pasquier, responsable du dossier
eau. Mais le 5'programme d'action, qui doit en-
trer en vigueur le l" septembre prochaip, passe
mal. "Tout le monde reconnaît l'intérêt
herbagers et on en parle méme en Bretagne
des systèmes
pour restau-
rer la qualité de I'eau, mais les éleoeurs qui travaillent
en système hertager a'uec des'uaches laitiàres aupâturage
une grande partie de l'année sont pénalisés, alors que
l'éleoage intensif en stabulation estfaoorisé, c'est ab-
surde. Et il y a nettement plus de contraintes sur l'éle-
oage que sur les grandes cultures, ça iexPlique par l'oh'
session de la Bretagne qui a été la première ré§on polluée
et qui subit les marées aertes, mais c'est aberrant. La
pollution nitrates prooient beaucoup des grande.r
cultures. rBt pourtant, elles sont moins taxées ; les
agences de l'eau prélèvent une redevance sur les
élevages, mais aucune sur les nitrates provenant
des engrais minéraux utilisés en grandes cultures,
comme si 1es céréaliers pouvaient polluer tranquil-
lement. Un message désastreux, pas vraiment en
phase avec lbbligation de lutter contre les nitrates
d'origine agricole. On attend désormais la sen-
tence européenne, tant sur la révision des zones
vulnérables que sur la pertinence des mesures
prises. Pour les consommateurs, I'enjeu est de taille,
ils subissent déjà la double peine en finançant d'un
côté les aides communautaires versées aux exploi-
tations agricoles responsables de cette pollution
aialeurs impôts, puis en payaît pour la dépollu-
tion de l'eau contaminée oia leurs factures d'eau.
Il ne manque plus que les possibles pénalités fi-
nancières pour compléter f injustice...

Opération transparence sur les eaux en bouteille

À la demande des professionnels, 330 molécules de synthèse ont été recherchées dans quarante eaux minérales et de source. Aucune trace de médicament n’a été trouvée. Mais d’autres polluants ont été décelés.

Critère essentiel d’une eau minérale : sa « pureté originelle » imposée par la réglementation, et qui repose sur la préservation des sources.

Suite à l’alerte lancée par «60» il y a deux ans (voir n° 481, avril 2013), les professionnels des eaux embouteillées ont fait analyser quarante marques par le laboratoire de physico et toxico-chimie de l’environnement de l’Université de Bordeaux.

172 MÉDICAMENTS RECHERCHÉS

Un an et 13 200 analyses plus tard, les données sont rassurantes, en particulier pour ce qui concerne les médicaments. Aucune trace de tamoxifène, ce médicament contre le cancer dont nous avions noté la présence dans nos analyses, ni d’aucun des 171 autres médicaments recherchés, n’a été retrouvée dans les eaux embouteillées. On ne peut, bien évidemment, que s’en réjouir. 

En revanche, les chercheurs ont décelé des nano- traces de pesticides dans 9 échantillons sur 40, soit une proportion supérieure à nos propres analyses.
Explication des industriels : il s’agit de « molécules issues d’herbicides anciens », aujourd’hui interdits, mais qui persistent dans les eaux souterraines.
Preuve que notre environnement est globalement contaminé par les polluants d’origine humaine, comme nous l’avions déploré.
Enfn, parmi la trentaine de molécules émergentes recherchées, les analyses ont révélé une trace d’alkylphénols, ainsi que quatre échantillons positifs aux acides perfuorés, omniprésents dans notre quotidien sous la forme de revêtements au téfon, d’imperméabilisants, etc. Leur source ? « Probablement les eaux de pluie, un élément qui n’est pas contrôlable », note Lodovico Di Gioia, ingénieur au département recherche de Danone.
PATRICIA CHAIROPOULOS

Et l’eau du robinet ?

Encore plus menacée par la pollution, l’eau du robinet est également très surveillée. Un arrêté du 11 janvier 2007 fxe les exigences de qualité pour 70 paramètres microbiologiques et physiologiques (chlore, pesticides, nitrates, turbidité...).

Fontaine, boirai—je de ton eau ?

Les eaux en bouteilles ont de moins en moins la cote. Voilà plusieurs années que les ventes sont en recul, -6.5% en 2007, — 7,5% en 2008, et encore - 2% en 2009.

La baisse du pouvoir d‘achat et la crise économique y sont sans doute pour beaucoup, mais elles doivent aussi compter avec un nouvel ennemi, la prise de conscience de
leur impact environnemental. Nul n’ignore plus que le transport par camion émet des gaze à effet de serre et que le meilleur déchet est celui qu‘on ne produit pas, Or. quand il s‘agit d'eau, il sullit
de passer à celle du robinet pour éviter les déchets en plastique! Et puis les villes relèvent le défi. Paris. Besançon, Lyon, Dijon…. elles sont
de plus en plus nombreuses à communiquer pour vanter l‘eau qu'elles produisent.

Au Centre d‘inlormation sur l‘eau, un organisme créé par les entreprises du secteur (Suez. Veolia, la Saur principalement), on constate d'ailleurs un regain de confiance en l’eau du robinet. Selon le dernier baromètre annuel - les Français et l‘eau », 85% des personnes interrogées lui font confiance et 77% apprécient sa qualité Un palmarès qui pourrait être flatteur si ce n‘est que les sondés ne sont plus que 65 % ”a se dire satisfaits quand il s‘agit de la boire : 33% d‘insatisfaits évoquent principalement le goût et le chlore. et une petite minorité les risques de pollution.

Potabilité au robinet

Entre le recul de l‘eau en bouteilles et les rélractaires à l‘eau du robinet. il reste une place à prendre etcesont lesœmles filtrantesqui tirent leurépingle du ieu. Elles connaissent même une croissance quasi exponentielle. De 200000 carales vendues en 2000, le numéro un. Brita. est passé à 1 million en 2008 et à 12500001‘an dernier. La concurrence affiche elle aussi des progressions spectaculaires. si bien qu‘il s‘est écoulé près de
2 millions de carales lillrantes en 2009.

Ce succès prouve que la confiance en l‘eau du robinet demeure toute relative. A Que Choisir. nous pouvons le comprendre. Nous avions de- noncé la pollution de l‘eau du robinet par les nitrates dès 1990 (QC n° 257). puis par les pesticides (QC n° 341) avant d‘alerter. en 1999. sur les teneurs en plomb parlois inquiétantes au robinet (QC n° 363)

Mais ces alertes ont porté. Si les rivières et les nappes phréatiques sont toujours très contaminées. l‘eau potable fait l‘objet de traitements. Recevoir une eau trop chargée en nitrates relève aulourd‘hui de l‘exception. La si-
tuation reste moins satisfaisante pour les pesticides mais les dépassements de normes sont peu nombreux. Pour le plomb. la réglementation s'est durcie. La limite a été abaissée de 50 à
25 pg/litre (microgrammes par litre) pour l‘eau potable. et les branchements publics en plomb doivent être remplacés au plus tard en 2013, le programme est d‘ailleurs bien avancé. Le pro-
blème du plomb concerne surtout des immeubles anciens. quand des conduites intérieures en plomb desservent encore des cuisines.
Face à une eau potable en général de qualité. le succès grandissant des carales filtrantes se justifie

Pour se prononcer. Que Choisir a réa-
lisé deux tests en laboratoire. Le premier porte
sur des carales neuves achetées en magasin. le
second surl'eau du robinet et l‘eau filtrée de trente
et une familles volontaires habitant différentes

régions. Résultat. les carafes neuves répondent
en partie à leurs promesses malgré quelques
faiblesses (voir test p. 40). À l'usage. au domi-
cile des utilisateurs de Carafes qui ont lait tester
leur eau. c‘est. en revanche. catastrophique.
Les microbes s'ébattent
joyeuse ment
Nous avons elfectué 31 analyses. et il n‘y en a
pas une pour sauver la mise à la liltration de
l'eau ! Nous ne nous attendions pas a des résul-
tats brillants. compte tenu des analyses failæ il
a quelques années. mais la surprise est de taille.
î quelques exceptions près. tous ces logements
reçoivent une eau du robinet potable. or aucune
de ces trente et une familles ne boit une eau
conforme aux normes ou d‘aussi bonne qualité
une fois filtrée (voirtest p. 42). En cause, une eau
qui se charge en argent. métal peti recommandé
dans l‘eau de boisson. et une prolifération micro
bienne qui la rend non conforme aux normes.
Alors. quelle eau boire?Assurément. plutôt l‘eau
du robinet que l‘eau filtrée. car il est paradoxal
de recevoirune eau conlorme qui a été contrôlée
et de la boire. une fois translormèe. en eau non
potable. Dans les zones soumises à une pollu-
tion chronique. si l‘inquiétude reste lorie en mi-
son de traitements insulfisants ou mal maitrisés.
mieux vaut se rabattre sur l‘eau en bouteilles. il
importe surtout d‘exiger une eau de qualité au
robinet auprès de sa mairie. c‘est en effet aux
collectivités locales que revient l‘obligation de
distribuer une eau conforme. u
Élluhætn Cumul:
nomandmlque Gaëlle llndry

 

Les carafes filtrantes améliorent-elles la qualité de l‘eau du robinet ?

Première réponse avec une série de tests à la sortie de leur emballage.

Supprimer le goût de chlore, retenir le calcaire et le plomb sont les principales promesses des Carafes filtrantes.
Mais les utilisateurs leur prêtent aussi le pouvoir d'éliminer les nitrates et les pesticides.

Nous avons donc également testé leur efficacité sur ces substances, même quand elles ne prétendent pas les traiter.
Chères à l'usage Si les Carafes sont commercialisées 'a un prix très abordable, l'usage est beaucoup plus coûteux.

Une fois équipé. le client devient captif, il doit changer de cartouche toutes les quatre semaines, au pire toutes les six semaines, Si le litre filtré coûte bien moins chaque l'eau en bouteilles, il est, en revanche, prohlbltll par rapport au litre d‘eau du robinet.

Efficacité Ilmltée

Chbre. Les fabricants de carales affirment qu'elles éliminent le chlore et Ils disent vrai, nos ana- lyses en laboratoire le prouvent.
Pour une eau versée BVEC une teneur en chlore de 0,14 mg/l, l’eau filtrée descend à 0,02 mg/I, au pire à 0,04 mg/I. L‘efficacité se
maintient sur l'ensemble des prélèvements, que la cartouche soir à ses premiers jours d'utilisation ou en fin de parcours.

Un sérieux bémol cependant, cette efficacité est inutile:

en 2003, nous avions démontré par un test que laisser reposer l'eau du robinet au frais pendant une heure éliminaii tout autant le chlore. Quant au rapport qualité! prix, il est bien meilleur!

Plomb.

Pour ce test, l‘eau versée est enrichie en plomb à 25 pig/I puisque c‘est la limite réglementaire actuelle pour l'eau de distribution. Six carafes abaissent les teneurs a moins de 10 pig/I, c’est
actuellement le seuil de détection et Il deviendra la limite réglementaire à partir de 2013.
Seule la carafe Terraillon est moins efficace. Les œrafes présentent donc un intérêt réel pour le plomb, a condition toutefois d‘avoir un taux élevé à son domicile, ce qui n‘est pas si
courant. Dans les trente et un logements testés en conditions réelles (voir p. 43), le plomb n‘étaiiiamais présent au robinet, même dans l‘ancien.

Nitrates.

Inutile d‘acheter une carafe filtrante si on redoute une contamination de l‘eau du robinet par les nitrates. elle sera inefficace. C'est ennuyeux pour les consommateurs qui craignent une pollution mais on ne peut pas le reprocher à ces carafes quand elles ne prétendent pas les traiter. La pollution de l’eau du robinet par les nitrates est d’ailleurs devenue peu fréquente. Même en Bretagne. où le dépassement des normes a, par le passé, imposé des distri- butions d’eau en bouteilles, les multlples et coûteuses solutions curatives, stations de traitement avec dénirratatlon, abandon des captages polluéset intercon- nexions de réseaux, permettent de fournirune eau du robinet qui respecte les normes alors que la ressource en eau demeure très polluée.

Glyphome.

Impossible de rechercher tous les pesticides, nous avons opté pour le glypho- sate, la matière active des désherbanis les plus utllisés aussi
bien en agriculture que par les collectivités et les particullers, d'autant qu'il est devenu un polluant majeur des rivlères et
des nappes souterraines. Avec sa molécule de dégradatlon, l‘Ampa, c’est un des pestlcides les plus fréquemment retrouvés dans la ressource en eau. Les
résultats des carafes sont moyens et assez uniformes, aucune marque ne se détache par de meilleures performances.
Mais il faut rappelerqu'à part Culligan, elles ne prétendent pas retenirles pesticides.
 

Absurde

Toutes les carafes se vantent de réduire le calcaire, et c’est une motivation d‘achat fréquente pour les consommateurs. Sans
doute oubllent-ils que ce qu'lls appellentxcalcaire », c’est du calcium absolument lndispem sable %! l’organlsme (Voir encadré
ci-dessus). L'èlimlner de l‘eau potable est tout simplement absurde. Mais puisque les carales affirment réduire le calcaire, nous avons mesuré leur effica- cité. Alors que l’eau versée est à 80 mg/l de calcium, les eaux
filtrées sortent autour de 60 mg/I.Tant mieux pour la santé des urlllsateurs mais, au vu des arguments marketing, c’est plutôt médiocre

Ôter le calcrum de l'eau, une hérésie

L e «calcaire» que les caraies filtrante; disent réduire est en fait du calcium. Or, les apports en calcium sont indispensables à l‘organisme et l‘eau permet une bonne assimilation sans apporter de calories supplémentaires, c‘est tout bénéfice. Le calcium est essentiel pour la construction osseuse des enfants et adolescents,
pour les femmes enceintes, pour la lutte contre l‘ostéoporose. Contrairement à une idée bien ancrée, il est même utile contre les calculs rénaux. « Quand les apports en calcium sont suffisants, l'om/are de calcium est bloqué dans l’intestin. En revanche, sîl y a peu d‘apports en calcium, [brulure est absorbépur l7ntestin erpasse dans les reins, ce qui favorise la formation de calculs, explique le docteur Michel Daudon, biologiste a l'hopital Necker, a Paris, et directeur du laboratoire Cristal spécialisé dans la recherche sur les calculs. On recommande donc des apports normaux de calcium, ycompns aux sir/ets sensibles. L'eau et les produits laitiers sont intéressants, ils offrent une bonne biodisponibilité du calcium, alors que certains aliments d‘origine végétale (céréales, par exemple) contiennent des phytates qui réduisent l‘assimilation du calcium. :

Parfait si c'est neuf

Aucun défaut et aucun dévelop-pement de microbes à signalersur les carafes neuves testées enlaboratoire. Les cartouches nese component pas en nids amicrobes, c‘est rassurant mais
les conditions sont optimales: la pièce d‘analyses est exclusive- ment consacrée aux carafes. l'accès réservé aux techniciens chargés des essais, l‘eau filtrée immédiatement placée au réfrigérateur.

Mieux vaut s‘en passer Les carafes qui utilisent des cartouches aux sels d’argent relarguent du métal dans l'eau filtrée. Les Fabricants soulignent
pour leur défense que la limite réglementaire qui fixait à 10 ugll les teneurs maximales en argent
pour l’eau potable a été supprimée. C‘est vrai, mais c‘est d'abord parce qu‘elle n‘avait plus lieu d‘être du fait qu‘on ne retrouvait
jamais d'argent dans les eaux de distribution. Et si l‘OMS (Organisation mondiale de la santé) établita 100 ug/l la teneur limite, Incorporer de l‘argent a l'eau de boisson comme le font les Carafes ne présente strictement
aucun intérêt.n -)

À l'usage, rien ne va plus

Si les carafe; testées en laboratoire obtiennent des résultats qui n’ont rien de déshunorant, les analyses effectuées chez 31 foyers équipés témoignent toutes d'une forte dégradation de la qualité de l’eau du robinet quand elle est filtrée (voir pages sulvantes). Face à tes résultats désastreux. 0ue (hais/rdétonsellle vivement l'usage des <arales filtrantes.

Si les carafes filtrantes ne posent pas de véritables problèmes quand elles sont testées neuves en laboratoire, il en va autrement quand elles sont utilisées à domicile.

Filtration Inutile

Dans plus d'un logement sur quatre, le chlore est indétectable dans l'eau du robinet, la filtrer est inutile. Quand il est présent, les carafes l‘éliminent ou le
réduisent, à deux exceptions près, à Billlers 456} et Paris 10!. Mais rappelons-le, placer de l’eau du robinet une heure au Vrais est aussi efficace.

L‘a hsent

L‘eau a été analysée dans 31 luge- ments a travers la France, et il n‘y a pas de plomb au robinet, même
dans l'ancien. Le risque existe néanmoins dans les immeubles anciens quand les conduites in- térieures sont en plomb. Pour le
limiter, il faut laisser couler l‘eau du robinet dela cuisine quelques minutes au premler tirage le matin ou après une absence

Dans les clous

La présence excessive de nitrates au robinet est devenue l‘exception plutôtque la règle, nous n‘avons trouvé aucune
concentration hors normes, quelle que soit la région. La filtration n'a pas lieu d‘être.

On reste hors norme


Si les nitrates sont dans la norme, ce n’est pas toujours le cas pour les pesticides. Sur les
31 logements analysés, la limite réglementaire de 0,1 ug/l est dépassée trois fois. On constate
alors une efficacité des carafes réelle mais limitée, on reste hors norme dans deux cas sur trois.

Les carafes déraillent


Une grosse majorité de carafes délivrent une eau adoucie qui a perdu une grande partie de son calcium, c‘est absurdeDésastreux |

C‘est la catastrophe,

l‘eau filtrée grouille de microbes dans la plupart des cas. Si les résultats des Carafes neuves sont corrects en laboratoire, a l'usage, c‘est désastreux: l’eau n‘est plus du tout potable sur les paramètres microbiologiques. Sur les 31 eaux de carafe analysées, la microbiologie ne reste conforme aux normes que dans quatre logements (Caen Z,Toulouse 1, Lyon 8, Coudekerque-Branche) où le changement de cartouche
avait eu lieu le matin même ou lesjours précédents. Des germes rigoureusement interdits dans l‘eau potable sont même suspectées dans l’eau filtrée de quinze logements, c‘est
inquiétant. Car si ces eaux filtrées très dégradées ne provoquent pasforcement de maux de ventre ou de gastm-entéfltes, elles
augmentent sérieusement le risque. Filtrer l‘eau perd ici tout son sens puisque l‘eau du robinet arrive conforme aux normes.

Le seul cas de non-conformité, à Talence, s'explique par une contamination du robinet lui- même selon le laboratoire qui a
procédé aux prélèvements.

Il ne fait pas notre bonheur

L’eau du robinet ne contient jamais d’argent, Mais toutes les Carafes qui utilisent des
cartouches traitées aux sels d'argent relarguent ce métal dans l‘eau filtréeà des teneur en général très supérieures 'a la limite de 10 ug/l qui existait
par le passé pour l'eau potable.

Des réservoirs à microbes

Les résultats sont désastreux pour l’eau filtrée, etce dans la quasi—totalité des logements
analysés. Alors, comment expliquer de tels écarts entre les carafe: neuves testées en laboratol re et leurs performances
àl'usage? C‘est en fait assez simple. En laboratoire, les carafes
sont manipulées en milieu protégé, ce qui n'a rien à Voir
avec « la vraie vie» et l'atmosphère des cuisines. Mettre la
cartouche en place sans s'être lavé soigneusement les mains ou au moment où quelqu‘un
tousse ou éternue à proximité peutsuffire à la contaminer. Elle devient alors un réservoir à microbes. Une fois déposés
dessus, ils se trouvent dans un milieu très propice à leur prolifération. L'autre raison, majeure. c‘est la température de conser-
vation. Le laboratoire place l’eau au réfrigérateur dès qu‘el le est filtrée alors que les usagers (29 surles3l qui ont parli<lpé au test) boivent l'eau à température ambiante presque toute
l‘année. se ui en période de fortes chaleurs Or. une fois que l'eau a « chopé» des microbes en
passant à travers la cartouche, ils se développent vite si le froid ne les bloque pas, d‘autant que
l‘eau filtrée peut stagner des heures dans la carafe avant d‘être consommée.

Le changement de cartouche, en revanche. ne semble pas en cause. Il intervient, selon les familles, tous les mais (c‘est parfait) ou tous les deux mois (c’est limite), mais cela n'a guère influé surles
résultats, toujours mauvais. |: