Deux dispositifs encadrent l'impact environnemental de l'agriculture en Alsace:

  • Les directives eau [SDAGE, SAGE, MAET, Directives Nitrates]
  • Ecophyto

Directives nitrates (2016)

La Directive nitrates vise à résorber les pollutions azotées d'origine agricole vers les eaux souterraines et superficielles. Elle s'appuie sur 2 instruments :

la définition des zones vulnérables:

Les zones vulnérables sont définies comme les secteurs qui alimentent des eaux, atteintes par la pollution  par les nitrates d’origine agricole, ou susceptibles de l’être si des mesures ne sont pas prises. En Alsace, la zone vulnérable couvre:

  • l’essentiel de la plaine et du Sundgau ; il existe aussi une zone vulnérable dans
  • le secteur de Bouxwiller.

La délimitation de ces zones a été revue en 2015 :

  • 5 communes de l’Arrière Kochersberg,
  • 4 de l’Outre-Forêt et 5 de la bande rhénane Nord

ont été ajoutées.

  • Quarante et une communes du Sundgau

ne sont plus classées en zone vulnérable.

L'agriculteur, l'éleveur ou le viticulteur qui a des parcelles ou un bâtiment d'élevage en zone vulnérable doit :

  • Respecter des périodes d’interdiction des épandages
  • Disposer de capacités de stockage des effluents suffisantes
  • Elaborer un plan prévisionnel de fumure et enregistrer ses pratiques d’épandage
  • Utiliser les méthodes validées de calcul des doses d’azote et faire une analyse d’azote du sol par an
  • Respecter les conditions d’épandage (sols en pente, gelés, inondés, en bord de cours d’eau …)
  • Implanter des cultures intermédiaires pièges à nitrates (CIPAN) après les cultures d’hiver et gérer les cannes de maïs, sorgho et tournesol
  • Mettre en place des bandes enherbées le long des cours d’eau
  • Maintenir en place les prairies naturelles.

Les zones vulnérables sensibles

Certains secteurs de la zone vulnérable sont considérés comme plus sensibles : ce sont

  • les zones d'actions renforcées (ZAR) et
  • les zones vulnérables renforcées (ZVR).

Dans ces zones  En plus des obligations précédentes, il faut :

  • mettre en œuvre une gestion spécifique des cannes de maïs, sorgho et tournesol (mulching)
  • limiter à 50 kg N/ha la balance azotée de l'exploitation

Ces règle sont définies par :

 

Ecophyto

A la suite du Grenelle Environnement en 2008, le plan Ecophyto a été lancé pour diminuer le recours aux produits phytosanitaires, tout en continuant à assurer un niveau de production élevé tant en quantité qu’en qualité. Les moyens mis en œuvre déclinent en 114 actions qui se concentrent autour de 9 axes.

1. Les pratiques Phyto Sanitaires

Afin de protéger les cultures contre les maladies, ravageurs ou adventices, l’utilisation de produits phytosanitaires est très largement pratiquée. Ces traitements représentent une charge financière, mais également une charge de travail non négligeable. Ils doivent être réalisés dans de bonnes conditions, afin d’assurer leur efficacité, préserver la santé de l’utilisateur et protéger l’environnement.

2. Transport des produits phytosanitaires

Selon leurs classements, le transport des produits phytosanitaires peut être soumis à une réglementation définie dans le cadre de l’Accord européen  relatif au transport international de matières Dangereuses par la Route (réglementation dite ADR). Les exploitants agricoles peuvent en être dispensés sous respect de certaines conditions.

3. Stockage

Le local de stockage, obligatoire pour tous, répond à plusieurs objectifs : préservation de la santé des personnes, protection du milieu et amélioration de la conservation, gestion des produits phytosanitaires.

4. Remplissage du pulvérisateur

Le remplissage du pulvérisateur peut représenter une étape à risque pour l’environnement. Des mesures doivent être mises en œuvre afin d’éviter ou retenir les débordements et éviter les retours de bouillie vers la ressource d’approvisionnement en eau.

5. Equipement de protection individuelle (EPI)

Le port des équipements de protection individuelle, durant les phases à risques, est indispensable pour se protéger efficacement. Ces EPI doivent être adaptés à l’utilisation, la manipulation des produits phytosanitaires.

6. Conditions de traitement

L’efficacité d’un traitement phytosanitaire dépend de plusieurs facteurs : choix du produit, dose d’application, matériel de traitement, conditions météorologiques….  La température, l’hygrométrie, l’absence de vent sont par exemple, des facteurs importants pour la réussite des traitements foliaires.

7. Rinçage et nettoyage du pulvérisateur

Le rinçage intérieur du pulvérisateur ainsi que le nettoyage externe,  sont des opérations qui peuvent être réalisées à la parcelle ou sur l’exploitation. Dans les deux situations, des obligations doivent être respectées afin de préserver l’environnement.

8. Gestion des EVPP et PPNU

Les Emballages Vides de Produits Phytosanitaires (EVPP) ainsi que les Produits Phytosanitaires Non Utilisables (PPNU) sont des déchets dangereux. Afin d’assurer leur élimination, des opérations de collectes sont régulièrement organisées par la profession agricole, en partenariat avec la filière nationale ADIVALOR.

Collectes de déchets 2016

7-8 septembre dans le Bas-Rhin 

Reprise des PPNU 

Recyclage des films agricoles usagés : 

22-23 novembre dans le Bas-Rhin 

Mise à jour le 28/06/2016


La Chambre d’agriculture d’Alsace a organisé un colloque Ecophyto-Dephy le 1er décembre 2016 pour diffuser aux professionnels de la filière viticole, les actions mises en place pour réduire l’utilisation des produits phytosanitaires en viticulture. 

Les résultats de différents projets (Dephy Expé, Dephy Ferme…) ont été exposés à un public de 100 personnes. 

La Chambre d’agriculture d’Alsace a notamment présenté les résultats d’essais du modèle Optidose® mis en place chez des viticulteurs Dephy de la région. Cette technique est un levier non négligeable pour réduire l’utilisation des produits phytosanitaires en adaptant les doses appliquées en fonction des stades végétatifs de la vigne et de la pression phytosanitaire. 

Le témoignage de Marc Metz de Stotzheim, qui a adopté cette technique sur son exploitation, a permis de venir compléter cette présentation et initier un échange avec les professionnels présents dans l’assemblée.



Des sols riches anéantis par la chimie

Sur le terrain, les initiatives se multiplient: sans aller jusqu’à passer à l’agriculture biologique, toujours très minoritaire mais en augmentation constante avec une surface cultivée doublée depuis 2007, des agriculteurs tentent d’amender leurs pratiques. 
Le réseau des fermes Dephy, dont le but est d’expérimenter des systèmes économes en produits phytosanitaires, réunit dorénavant plus de 2 600 exploitations de toute nature. Mais si les premiers résultats sont encourageants, avec des baisses de 10 à 12% des fréquences de traitement, on est loin de l’objectif de 50% fixé par le gouvernement. Car changer les habitudes ne se fait pas sans de multiples contraintes, tâtonnements et déconvenues (voir reportage, p. 48) difficiles à affronter pour des agriculteurs dont les conditions de travail et de vie ne sont déjà pas des plus enviables. En outre, ces pionniers se sentent parfois bien seuls face à un environnement qui encourage le statu quo. 
«Il faut remettre à plat tout notre système et mettre en place une agriculture durable, avant même de penser au bio, plaide Paul François. C’est une question de santé et de protection de l’environnement, mais aussi de viabilité de notre agriculture: la chimie est arrivée sur des sols riches qu’elle a complètement anéantis. Ils sont sous perfusion, ca ne durera plus longtemps. Mais certains s’arcboutent. Par exemple, la FNSEA est très embarrassée, car dès qu’on met en cause publiquement des molécules, il y a le risque qu’elles soient retirées et que les agriculteurs aient moins de solutions pour traiter les ravageurs. Le problème, c’est que nos chambres d’agriculture n’ont pas les moyens de dÿ%ndre un autre système. Quantà la formation agricole, méme si elle évolue un peu, globalement elle enseigne toujours le même modèle. » 
Tout un système à réformer Directeur de recherche à l’Inra (Institut national de la recherche agronomique), Jean-Marc Meynard en est lui aussi persuadé:  c’est tout un système qui doit se réformer. Car les pesticides ont complètement façonné les filières, de la fourche à la fourchette. 
« Un exemple: on a des variétés de pommes de terre résistantes au mildiou, fléau qui peut nécessiter dix à quinze traitements. Mais ce ne sont pas les tubercules longs et réguliers qu’exigent les industriels de la frite. Résultat, elles ne sont pas cultivées. Autre exemple, ilfaudrait diversfier les assolements, car plus les cultures reviennent vite, plus il est dificile de contrôler leurs ravageurs, ce qui nécessite toujours davantage de pesticides. Au lieu de toujours faire du blé, du mais et du colza, il flaudrait introduire du soja, des céréales et des légumineuses diverses. Mais le soja destiné à l’alimentation animale, on préfère l’acheter en tourteaux aux américains. Quant aux autres cultures de diversfication, faute de quantités suffisantes, elles ne remplissent pas les grands silos dans lesquels les coopératives ont investi. Résultat, on importe en quantité du sarrasin, le fameux blé noir breton, des lentilles ou de la moutarde censées faire partie de notre patrimoine culinaire. Tous les acteurs se sont organisés autour de la solution «simplfication + pesticides» et aucun n’a intérêt à changer tant que les autres ne le font pas. La normalisation, qui encadre la commercialisation et s’est imposée dans les années 60 et 70 au moment de l’essor des pesticides, entre également enjeu. Elle existe depuis suffisamment longtemps pour avoir configuré le comportement du consommateur, qui exige désormais des fruits et légumes d ’apparence parfaite, ce qui ne peut être obtenu sans pesticides. Tant que tout le monde ne décide pas de modifier ses pratiques, rien ne peut changer. » 
Face à ce verrouillage du système, le plan Ecophyto semble trop ambitieux dans les objectifs qu’il se fixe, et pas assez dans les moyens qu’il se donne. 
« Ce plan fàit cbanger petit à petit l’etat d’esprit des acteurs, c’est un préalable indispensable, constate jean-Marc Meynard. Il contribue aussi a mettre en lumière des méthodes alternatives et permet l’essor de la recherche a‘ leur sujet. Mais il ne s’adresse qu’aux agriculteurs et aux vendeurs de produits phytosanitaires. Alors qu’il faudrait impliquer tout le monde, des semenciers aux industriels de l’agroalimentaire en passant par les agriculteurs, les coopératives et les consommateurs. » 

De fait, quand nous rechignons à acheter telle variété ancienne résistante aux maladies, quand nous replaçons sur l’étal un concombre tordu ou une pomme un peu tachée, nous contribuons nous aussi à l’abus de pesticides. Et si nous amorcions le changement en abandonnant ces réflexes malheureux?‘  

 

 

dimanche 31 décembre 2017

  « Un échec cuisant. Lancé par le gouvernement en 2008, dans la foulée du Grenelle de l’environnement, le plan Ecophyto a totalement raté son objectif. Il faut dire que le programme était ambitieux:il s’agissait de réduire de moitié en dix ans, soit avant 2018, l’usage de produits phytosanitaires (les pesticides). voir l'article "peticides" » pierre

lundi 01 janvier 2018

  « Degré d’exposition des agriculteurs aux pesticides : « un déficit de données »

Dans un rapport consacré aux effets des pesticides, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) pointe un « déficit de données » sur le degré d’exposition des agriculteurs, qui pourrait « faire croire à l’absence de problème et induire un sentiment de sécurité ». Les Echos soulignent que de nombreuses études épidémiologiques ont démontré le lien entre les expositions aux pesticides et certaines pathologies chroniques. Le quotidien rappelle que les chercheurs de l’Inserm signalaient déjà, il y a trois ans, des « excès de risque » de développer certains types de cancers et de maladies neurologiques au sein de la population agricole française, ainsi que des troubles de la reproduction.

Les Echos, 02/08 » Les Echos

lundi 01 janvier 2018

  « INUTILE D'EN RAJOUTER !
Cinquante-neuf mille tonnes de pesticides ont été répandues sur les champs francais en 2014. C'est énorme, c‘est beaucoup trop, tout le monde est d’accord. Alors pourquoi certains ont—ils besoin de tordre les chiffres dans tous les sens pour leur faire dire n‘importe quoi?
Passons sur Cash investigation qui, en février, s’est gravement emmêlé les pinceaux en faisant un contresens total sur les données issues d'un rapport européen.
Manifestement, la polémique au sujet de cette émission sur France 2 n’a encouragé personne à davantage de précautions dans le maniement des chiffres. À l’ouverture de l'Euro début juin, le groupe de magasins biologiques Biocoop envoyait un communiqué de presse illustré d’une équipe des Bleus dotée de masques de protection. «Les Français sont déjà champions d ’Europe de l'utilisation de pesticides», clamait la légende. Sauf qu’il fallait lire la minuscule mention en bas du visuel pour constater que n'étaient pris en compte que les herbicides, molluscicides et régulateurs de croissance. Soit trois familles, dont deux assez peu utilisées.
Les fongicides, famille de loin la plus prisée en Europe, mais aussi les insecticides, acaricides et «autres produits de protection des plantes », selon la nomenclature statistique, étaient ignorés par Biocoop.
Car, pour ces produits-là, la France se place seulement entre la 3° et la 5° place, parfois distancée de très loin.
A quelles acrobaties ne se livrerait—on pas pour le plaisir d‘un jeu de mots qui tombe à pic pour faire sa promo! Autre omission gênante constatée à chaque fois que sont cités des chiffres sur l’usage de pesticides: la surface cultivée n’est pas prise en compte. Or la France possède la plus vaste de tous les États européens.
Si l'on ramène la quantité de produits phytosanitaires à l’hectare cultivé, elle se classe au 9° rang derrière Malte, les Pays-Bas, la Belgique, l’ltalie, l'Espagne, le Portugal, la Grèce et l’Allemagne. Autant dire que, si l’on veut éviter les résidus de pesticides, on n'a pas, a priori, de raisons de se méfier plus particulièrement des produits «origine France» que de ceux de nos voisins. » Que Choisir