Biberons mais aussi boîtes de conserve et bonbonnes à eau peuvent renfermer du bisphénol A qui se retrouve dans leur contenu.

La suspicion ne fait que croître visé—vis de ce composé dont la toxicité demeure mal cernée.

Le bisphénol A (BPA) est un sujet de conversation quotidien à la sortie des crèches, Sa présence dans certains biberons inquiète d‘autant plus qu'il fait partie de la grande famille des perturbateurs endocriniens, ces redoutables composés qui interagissent avec notre système hormonal.

C‘est même pour cette propriété qu‘il a été remarqué, dans les années 30. par un chimiste qui cherchait un œstrogène de synthèse pour la fabrication de médicaments. Le scientifique a abandonné cette piste non sans s'extasier au passage sur les propriétés plastifiantes du BPA. Aujourd’hui. ce dernier suscite moins l‘admiration que la crainte,

Car les études s‘accumulent qui laissent penser que le BPA présente divers effets déléteres. Nombreuses sont les expériences sur le rat montrant qu'il interfère avec les fonctions de reproduction, que ce soit sur les animaux directement exposés uu sur leur descendance On constate notamment des altérations de la fertilité, une baisse de la qualité du sperme. des pubertés précoces. 

D’autres études suggèrent un lien avec les cancers hormonodépendants (sein, prostate): le BPA favoriserait la prolifération des cellules cancéreuses. mais aussi inhiberait l'action des médicaments utilisés en chimiothérapie en cas de cancer du sein. 

Chez les femmes tentant une fécondation in vitro, la concentration des urines en BPA serait liée à une moindre production d‘ovocytes, donc à une chance de réussite réduite. 

Chez des ouvriers chinois exposés professionnellement, des problèmes sexuels (diliicultés érectiles etc.) ont été mis en évidence.

Signaux d'alerte

Mais les observations ne se limitent pas à la sphère reproductrice, Ainsi. une récente publication de l'lnra (Institut national de la recherche agronomique) de Toulouse montre des effets sur l'intestin. 

«Depuis [Sons, on sait que des Vêcepleurs aux œslmgènes sont présents dans [a paroi de l‘intestin, explique Éric Houdeau, qui a dirigé cette recherche.  Les perturba/eurs endcvcriniens peuvent donc interférer avec son fonctionnemenl. Nous avons montré. surdes rats, qu‘à (les doses dix /ois inférieures [: celle considé—rée comme sûre chez l‘homme, 

le BPA affecte la perméabilité de I'il'i'testin. Or. le nouveau-né a besoin d‘une perméa» biiité élevée pour que son intesiin apprenne à jouer correctement son rôle de filtre sélectif, qui laisse passer les composés bénéfiques pour l‘orgrinisme et bloque les autres, On constate ainsi que l‘exposition dans le ventre de la mère et pen- dant l‘allaitement augmente le n‘snue de dévelop- per une inflammation intestinale sévère chez les femelles une fois arrivées à l'âge adulte » 

Enfin, certaines publications mentionnent. chez des jeunes rats exposés avant la naissance, des etiets neuro-comportement…x.

Ce sont d‘ailleurs ces études que l‘Alssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) & citées lors de la restitution de son dernier avis en février, évoquant des «signaux d‘alertw qui doivent, selon elle, conduire à accélérer la recherche pour mieux cerner les risques. Un avis semblable à celui publié parla Food and Drug Administration (FDA) américaine un mois auparavant, d'après lequel «les études récentes fournissent des raisons de s‘inquiéter des éventuels

> y a une accumulation de données allant dans le même sens, tout en évoquant certains biais méthodologiques (nombre d‘animaux observés insuffisant, absence de groupe contrôle, résultats non reproduiLs par plusieurs études successives).
«Un autre sujet de controverse important entre scientifiques est la pertinence du modèle étudié, le rat. explique Patrick Péniche], endocrinologue et directeur de recherche à l'unité Inserm “Environnement. reproduction et cancers hormone-dépendants". Certains, notamment des experts des agences, pensent que les humains ont une capacité, que n‘a pas le rat. (: neutraliser le BPA en le liant à une autæ molécule. D‘autres, dont
je suis, soutiennent qu‘il circule aussi sous forme libre, donc toxique, dans notre organisme, en particulier chez le fœtus. Quoi qu‘il en soit, les mêdicuments sont bien testés chez la souris: s‘il y a
un problème. on ne les commercialise pas. Pourquoi agimit—on différemment avec le BPA ?,

Le casse—tète des emballages
Bernard Jégou, également directeur de recherche à l‘Inserm (Institut national de la santé et
de la recherche médicale). biologiste de la reproduction et coauteur de La Fertilité es-telle en
danger? …. 

a, lui aussi. du mal à comprendre certaines critiques des agences. Pour lui. il est normal que toutes les études ne répondent pas aux canons de la toxicologie classique. «La proble‘matique des perturbateurs endocriniens date de moins de 20 ans et est très spécifique C‘est une science qui se fabrique en marchant, qu 'on ait
beaucoup de déchets n‘est pas étonnant Mais certains articles déchirent le brouillard. Ils suscitent une
inquiétude légitime, il faut maintenant nous donner les moyens pour approfondir la recherche. -
En attendant, que faire pourcirconscrire les risques? Suspendre la commercialisation des bi-
berons au bisphénol A, comme le propose le Sénat? Ce serait. sans doute, médiatiquement payant. Mais la question serait loin d'être réglée.

Car nul ne peut affirmer aujourd'hui que les plastiques de substitution sont absolument sûrs et ne relarguent aucun composé toxique. Surtout, l'exposition via les biberons n'est pas la
seule en cause. «Nous venons de doser le BPA dans le sang de 100 cordons ombilicaux () Nice,
révèle Patrick Fénichel. Ils en contiennent tous. le plus souvent autour de l à 10 nanogrammes
parmitlilitre, des doses susceptibles d‘induire des effets nocifs. - En l‘occurrence. ce ne sont pas
les biberonsqui sont en cause mais l‘exposition de la mère via notamment les conserves et les
bonbonnes à eau. L‘industrie de l‘emballage doit donc elle aussi trouver d'urgence des subs-
tituts aux résines époxy. Un casse—tête. Si elles recouvrent 90% des boîtes de conserve, c‘est
qu‘elles réunissent, aux yeux des professionnels. toutes les qualités: résistance à la corrosion.
adaptation à tous types de boîtes. absence d'interférence avec le goût des produiœ. .. mais aus-
si évaluation de la toxicité. Car là encore, il ne servirait à rien d'interdire dans la précipitation
les résines époxy si les remplaçants potentiels ne sont pas plus sûrs. Pour l‘heure. le consom—
mateura intérêt à adopterquelques mesures de précaution (voir encadré, p. 29). Car il y a tort à
parier que les matériaux au contact avec les aliments n'ont pas Iini de faire parler d'eux. fl
Fabienne Maleysson
Dosskr tedmlqu! ”Ahule Mami:


Phtalates

Les phtalates, ces assouplissants de plastiques qui composent beaucoup de jouets en PVC. Ils sont utilisés dans les plastiques souples et flexibles. Ils sont des perturbateurs endocriniens. Ils peuvent provoquer chez les enfants une puberté précoce, qui affectera ces derniers tout au long de leur scolarité.

Des phtalates interdits dans les jouets vendus en Europe ont été retrouvés dans une poupée. Cancérigènes et toxiques pour la reproduction, ces substances peuvent être absorbées par la peau ou par la bouche.

Ils sont présents partout dans notre environnement (3 millions de tonnes, par an, fabriquées de par le monde). ils sont utilisés dans la fabrication:

  • de jouets en plastique pour enfants,
  • d’emballages alimentaires et
  • de matériel médical
  • de produit d'entretien (détérgents)
  • de shampoings
  • de crémes
  • de vernis à ongle
  • de peintures

nous sommes exposés aux phtalates par inhalation (air et poussières domestiques) et par contact ou ingestion. Ils migrent facilement des emballages vers les aliments riches en graisses, ou des jouets en plastique que les enfants portent à la bouche. Les phtalates sont aussi des perturbateurs endocriniens (PE avec les parabénes et alkyphénoles). Ils ont des effets néfastes sur:

  • la fertilité (diminution de la mobilité des spermatozoïdes)
  • le développement fœtal.
  • l'asthme

Risques dans l’utilisation que nous faisons de ces récipients Certains aliments, comme les aliments gras, peuvent devenir eux-mêmes une source de contamination. Les graisses peuvent être transférées au plastique, modifier sa stature et activer la migration des molécules
toxiques vers les aliments. Sur certains récipients plastiques on mentionne que l’utilisation d’huile ou de corps gras est à proscrire. Risques liés à la durée de stockage et à la température. Evitez de conserver des aliments dans du plastique. Surtout n’y réchauffez pas les aliments ou n’y transvasez pas des aliments chauds.

dimanche 16 septembre 2018

  « TOXICITÉ Vers la fin du bisphénol À ?
On savait déjà que le bisphénol À allait être interdit dans les contenants alimentaires en janvier 2015. Ségolène Royal, ministre de l'Écologie, a décidé d'aller encore plus loin en annonçant que le perturbateur endocrinien sera également prohibé dans les tickets de caisse à la même date. De nombreuses enseignes l'ont déjà supprimé. » 60-2014