Dessin-1930: Wiliam Steig

W. Steig est -entre autres- l’excellent illustrateur de "écoute petit homme" le livre manifeste de W. Reich.

Biographie William STEIG (1907-2003)*

William Steig, né le 14 novembre 1907 à New York, mort le 3 octobre 2003 à Boston, fait partie des dessinateurs américains les plus importants du XXe siècle. Il a été un prolifique auteur de dessins d’humour et satiriques, puis de littérature d'enfance et de jeunesse. Sa carrière débute quand il vend ses premiers dessins au New Yorker en 1930, dont il devient le collaborateur pendant cinquante ans et pour lequel il réalisa plus de 1 600 dessins. En 1953, Steig écrit le livre Rêves de gloire et autres dessins, dans lequel il explique le rôle des enfants dans le destin de l’humanité. L’artiste débute une carrière d’illustrateur dans les années 1960 et publiera de nombreux livres pour enfants, avec une prédilection pour les histoires d’animaux. En France, ont été traduits entre autres Dominic, L'Île d'Abel, Roland, le cochon ménestrel, Caleb et Kate, Basile boude, Gorki plane, La Surprenante histoire du docteur de Soto, Irène la courageuse, Amos et Boris, Salomon le clou rouillé, Sylvestre et le caillou magique. Il est aussi l'auteur de Shrek ! (1990), un ouvrage illustré relatant les aventures d'un ogre vert, un personnage qui inspira Shrek (2001), film en images de synthèse réalisé par les studios DreamWorks, qui fut suivi de deux autres films. Steig, dont la manière de dessiner a d’abord été très proche des cartoonists du New Yorker, a emprunté ensuite aux maîtres anciens tout comme à Picasso et à Klee pour se constituer un style très personnel, à la fois naïf et sophistiqué.

*Une ligne satirique. R.O. Blechman, Paul Flora, William Steig, Tomi Ungerer,  15 novembre 2013 – 16 mars 2014, Musee T.Ungerer.

Introduction*.

W.Steig est connu pour ses albums jeunesses souvent récompensés. Elevé dans le Bronx il a dessiné ses premieres illustration dans le journale de son école.
En 1930 Steig commença à proposer ses illustration humoristiques au New Yorker et à d'autres magazines comme Judge, Life and Collier's.

«Je commence toujours par le visage ».

Expique Steig, alors que la profondeur psychologique et la variété de ses styles débordent de la taille modeste de ses dessins.
Plein d'empathie, les dessins de Steig expriment avec affection l'isolement, la souffrance et l'absurde tentative de comprendre les autres.
Sentiments auxquels les enfants sont sensibles, sentiments auxquels nous sommes aussi sensibles quand nous retrouvons notre propre enfance.

«Je n'ai jamais eu l'impression d'avoir grandi ».
 
* "From The New Yorker to Shrek: The Art of William Steig", Jewish Museum de New-York, 4 novembre 2007 au 16 mars 2008. document: TJM_Steig.pdf

Elevé au Bronx.

Son père Joseph Steig , sa mère Laura et son grand frère Irwin sont arrivé en 1903 de Lemberg  (en Ukraine) et son sont installé à Brooklyn où est né Henry, William naquit peut avant leur déménagement de la famille dans le Bronx.
Joseph Steig était peintre en bâtiment et Laura couturière tout en étant artistes.

Les parents ont encouragé leurs fils à choisir des carrières artistiques tout en leur transmettant leur idéal socialiste.
Certains des dessins de William Steig peuvent être interprétés comme des portraits de sa famille :

  • Celui d'un père « peintre du dimanche »
  • Celui d'une mère couturière dans Brave Irène (1986).

The New Yorker.

Steig rejoint le New Yorker en 1930. Durant 73 ans il y publie 1600 dessins et réalise plus de 120 couvertures. A son arrivée Steig se démarquait en illustrant ses propres idées. Progressivement Steig intègre les douceurs des classes moyennes dans son iconographie faite de la misère des immigrants.

 

Symbolic Work.

Durant les années 40 Steig proposa le travail le plus personnel et le plus « habité » de sa carrière. Ces dessins « symboliques » furent publiés dans :

  • About people (1939)
  • The lonely Ones (1942)
  • Persistent Faces (1945) -une ode à Picasso-

Avec la seconde guerre mondiale le travail de Steig s'enfonça plus encore dans les profondeurs de l'âme. En 1946 Steig fait face à un divorce et à des problèmes de santé. Il consulte alors le controversé psychiatre juif Wilhelm Reich (1897-1957). Steig trouva dans les théories de Reich des réponses à son existence. Notamment par le biais de retraite dans « l'accumulateur d'énergie orognastique », sorte de boite faite de couche arternées de matières organique et non organiques qui captent cette énergie.
Steig adopta le traitement de Reich en s'installant dans sa propre boite régulièrement jusqu'à la fin de sa vie ( à 96 ans).
Steig illustrera le manifeste de Reich «Ecoute petit homme » (1948), et lui dédicacera « l'agonie dans le jardin d'enfant » (1950). C'est ainsi que Steig trouva le chemin d'une liberté d'expression qui n'aura nul autre équivalent.

Sylvester, Shrek et amis.

La carière de Steig semblait orientée vers l'édition pour enfant. C'est en 1968 -à soixante ans- que Steig publie son premier livre pour enfant « CDB ! ».
Son père aimait lui raconter l'histoire d'un brillant juif-polonais vainqueur d'un roi, ce qui a sans doute prédisposé le petit Steig à inverser les histoires traditionnelles ce qui fut toujours l'occasion de déclarer son affection sincère pour les démunis ceux qui :

  • se protègent des chevaliers auprés des monstres
  • chassent les princes charmants
  • sont très heureux de leur malheur
  • sont des monstres qui s'aiment dans leur village répugnant.

Ces scenari aspirent tous à un idéal de justice sociale. Pour communiquer ses idées Steig décrit un personnage en quête de lui même, devant faire face à ses émotions et gagner leur autonomie.

Epilogue.

« When Everybody wore a Hat » est la conclusion du parcours de Steig. Il retrouve ses premiers traits, son héros comme Steig retrouve la sécurité de son foyer, il retourne à la maison (coming back home).
Ce livre publié quelques mois avant sa mort en 2003 retrace les premières années de Steig. Certains des dessins de l'album sont des réeditions de la serie « A la recherche du temps perdu » publiée 1959 dans le New Yorker. Ce dernier livre confirm la ligne de Steig à la fois naïve et mature, resserant le lien entre la sincérité de l'enfance et l'exigence de l'art.


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