1810-Johann Heinrich Wilhelm Tischbein

Selon A. Boniface. (Mehtode Pestalozzi)

Tischbein, peintre allemand, si avantageusement connu par ses figures d'Homère (1), commençait l'instruction de ses élèves par de simples traits. Au lieu de leur faire dessiner un œil, un nez, etc., il leur apprenait la tracer une ligne droite d'une longueur et dans une direction données, à tirer des lignes parallèles, à abaisser une perpendiculaire sur une ligne horizontale, à décrire l'arc d'un cercle avec sa sous-tendante; il leur faisait ensuite diviser en parties égales une ligne donnée, dont ils estimaient la longueur en pieds ou en pouces, et il leur en donnait enfin la tirer dans une longueur prescrite: il en était de même des angles, des cercles et d'autres figures géométriques. Quiconque, disait-il, .peut tracer sans instrument une figure de géométrie, estimer la longueur des lignes, la grandeur des angles, ne rencontrera guère de difficultés pour dessiner exactement les contours d'un objet quelconque, puisque les détails mêmes d'une tête d'homme forment entr'eux des angles.

Tischbein, ayant ainsi préparé ses élèves, les faisait dessiner aussitôt d'après nature, en leur donnant pour modèles des objets très simples, tels qu'une pierre. une feuille, un fruit, un vase, etc., et ne leur mettait sous les yeux des dessins de bons maîtres qu'après les avoir ainsi exercés pendant quelque temps. Il a formé par ce moyen de très-bons élèves, parmi lesquels on distingue M. Roentgen, directeur de l'atelier des peintres de la manufacture royale de porcelaine à Berlin.