Parents-Pères

Un fabricant de briquets est à l’origine de la première fête des Pères en France. Célébrée dans plus de 75 pays dans le monde, ne représente-t-elle qu’un événement commercial ? Cette interview de Jean Le Camus, professeur de psychologie, lui donne une tout autre dimension et montre au contraire ce qu’elle apporte… à un enfant !

 

notes des sujets et éléments abordés lors des cafés parents.

les pères et les limites

Identifié les besoins (et attentes) d'un enfant vis à vis de son pére.

Depassement de soi    Considération    Sécurité    Découverte
Imaginaire    Accompagnement    Prendre sa place    Liberté
Plaisir dans l'action    Equilibre dans la relation    Protection    Création
Cadre    Regularité    Patience    Compréhension
Appentissage    Lien privilegié    Présence    Récit
 

Que fête-t-on quand on fête les pères ?

Jean Le Camus : L'enfant tire des bénéfices de la présence et de l'action deson papa à ses côtés. La fête des Pères correspond dès lors à un désir légitime et opportun des parents

Le père tient une fonction importante dans le développement de l'enfant, au même titre que la mère. La coparentalité, le respect des droits de l'enfant, le respect de l'égalité des sexes entre le père et la mère et la reconnaissance des configurations familiales dites “atypiques” sont essentiels pour aider l'enfant à bien grandir

C'est tout cela que l'on fête en France letroisième dimanche du mois de juindepuis 1952.

Pourquoi faut-il entretenir cette tradition et quelle image du père faut-il célébrer ?

J. L. C. : La fête des Pères est l'occasion de s'approprier et de diffuser une vision positive de la paternité. Je pense qu'il faut désacraliser l'image du père, qui doit passer du statut de “père de famille” à celui de “père de l'enfant”

Il n'est nullement question d'opposer la figure du père sévère, incarnant la loi, à celle du papa poule. Bien sûr, le père, aidé de la mère, se doit de montrer les limites à l'enfant, afin de l'aider à intérioriser les interdits. Bien sûr, le père, premier “autre”, a un rôle essentiel à jouer dans lasocialisation et l'identification sexuée du tout-petit. 

Mais il contribue également à la construction du langage et de l'intelligence de l'enfant, de même qu'à son ancrage affectif. Il s'agit donc de promouvoir la paternitédans une fonction concrète d'éveil et de dynamisation de l'enfant, afin de l'aider àgrandir, à se réaliser et à s'autonomiser.

Faut-il préparer la fête des Pères avec les enfants ?

Jean Le Camus :  Oui, et avec autant de soins que pour la fête des Mères. Le lieu de la préparation le plus démocratique est évidemment l'école

Les enseignants de la maternelle et du primaire peuvent annoncer que le jour J approche et réserver quelques moments pour la conception de cadeaux à valeur symbolique. La complicité entre la mère et l'enfant renforce le caractère secret des anticipations de l'enfant, qui a toujours plaisir à faire la surprise.

Comment aborder cette journée lorsque le père est absent de la vie de l’enfant ?

J. L. C. : Si le père a disparu, la mère doit rappeler son souvenir, au besoin à l'aide dephotos ou de films, en évoquant le fait qu'elle n'était pas seule dans la mise au monde de son enfant

Par ailleurs, en France, 1,6 milliond'enfants vivent séparés de leur père biologique, avec une mère isolée ou au sein d'une famille recomposée. Dans ces cas, si les relations sont saines, la fête des Pères doit être célébrée avec le père biologique, mais aussi avec le nouveau compagnon de la mère

Éric Fottorino écrit dans Questions à mon père :  “Comme on peut aimer deux enfants, on peut aimer deux pères.” Si les relations ne sont pas de la meilleure qualité, il faudra simplement faire confiance à l'enfant et à son papa, qui sauront trouver la bonne formule.

 

Le petit dernier hurle, l’aîné ne veut pas s’habiller, les parents craquent : c’est la crise à la maison ! Comment faire retrouver le calme à toute la famille ? La parole à des papas qui ne manquent pas d’idées pour désamorcer les situations difficiles. Extraits.

Francis : “On change de parent”

“On joue le bon flic et le méchant flic raconte Frédéric, père de deux filles. Le parent bad cop rappelle les interdits et tient ses positions, le parent good cop est plus ouvert sur le dialogue. Bien sûr, d'une crise à l'autre, on alterne les rôles !” 

Quand l'orage gronde, plusieurs papas conseillent de “changer de parent”. Avant de prendre le relais, Philippe prend même soin d'“isoler la maman et de lui servir un verre”. “C'est efficace de changer de parent, note Francis. L'enfant a un nouvel interlocuteur et il est obligé de se repositionner.”

Jean : “Je passe en cuisine”

“Je passe en cuisine avec les filles quand elles sont agitées, dit Jean, féru de petits plats. Oriane se calme bien en écossant les haricots !” 

Olivier opte pour une soirée crêpes quand ses enfants sont en petite forme : “C'est un peu la fête, et puis ils participent, ça les occupe…” “Faire des choses ensemble, ça fonctionne toujours”, remarque Jean.

Philippe : “Je lance le quart d’heure de gros mots”

“Je lance le quart d'heure de gros mots quand Amédée et Madeleine parlent mal, dit Tanguy. Avec ma femme, on en rajoute : on se tient n'importe comment, on jure… Et comme on est bien plus forts que les enfants dans ce domaine, ils sont désarçonnés, voire outrés, et tout rentre dans l'ordre !”

Philippe aussi pratique la surenchère avec succès : “Si Vianney réclame un bonbon au petit déjeuner, je réponds : "Ben oui, tu vas prendre aussi une pizza, un verre de Coca…" Ça tue le caprice dans l'œuf.”

 

Florent : “Je fais diversion” 

“Je fais diversion quand Juliette ne veut pas manger, en lui racontant plein de choses. Du coup, elle oublie son caprice”, constate Florent. Lionel aussi utilise la technique : “Si je ne veux pas que Cléophée regarde la télé, je lui fais oublier son envie avec des puzzles, de la pâte à modeler… 

Je dois m'occuper d'elle pour qu'elle passe à autre chose. Idem en balade, quand elle ne veut plus marcher. Je lance une chasse au trésor des pirates, on cherche des indices, je monte toute une histoire pour la motiver.”

Pour contrer les crises en voiture, Lionel chante ou s'amuse à chercher avec sa fille une voiture rouge volée. Dans la voiture de Tanguy, “On écoute l'histoire de la mouette et du chat qui lui apprit à voler. Ça fait 57 fois mais c'est toujours le silence religieux quand on passe le CD !”

Francis : “Je fais des grimaces”

“Je fais des grimaces à Laurine quand elle boude, confie Francis. Dès qu'elle sourit, elle a perdu !” Père de trois enfants, Nicolas constate aussi que “l'humour marche bien, car il introduit du décalage. Il aide l'enfant à se regarder lui-même et à dédramatiser. L'autre jour, Johann s'est mis à chouiner et je l'ai imité. Surpris, il m'a regardé et il s'est mis à rire. Fini les pleurs !”

Une stratégie à manier avec précaution : il s'agit de taquiner, pas d'humilier. Et c'est valable seulement pour les pleurnicheries, pas en cas de chagrin ou de colère.

Florent : “On met de la musique à fond et on danse” 

“On met de la musique à fond et on danse, dit Florent. Je m'agite souvent avec les filles sur "Les éléphants d'Inde" des Satellites, un groupe que j'aime bien. On se défoule, on rigole, c'est un moment privilégié, qui se révèle aussi utile en cas de caprice. 

Si Jeanne refuse de travailler son violon, je lui propose qu'on commence par "Les éléphants d'Inde". Comme elle adore ça, elle est toujours d'accord pour se mettre ensuite au violon.”

 

Trop de bruit ?

Chuchotez. Jouez à écouter les bruits du silence.

 

Trop de temps pour s'habiller ?

Il faudra être prêt avant la fin de la chanson.

 

Des heures pour ranger ?

Lancez une course contre la montre.

 

Grosse colère ?

Demandez à votre enfant de dessiner sa colère, ou désignez un coussin ou une peluche dédiée pour se défouler.

 

Grognon ?

Enumérez chaque soir les petits bonheurs de la journée.

 

Tendu ?

Proposez un massage relaxant.

 

Difficile à table ?

Associez votre enfant à la préparation. Concoctez ensemble des repas de couleur (tout rouge, tout vert…) 


Parents-idées de papas

Le petit dernier hurle, l’aîné ne veut pas s’habiller, les parents craquent : c’est la crise à la maison ! Comment faire retrouver le calme à toute la famille ? La parole à des papas qui ne manquent pas d’idées pour désamorcer les situations difficiles. Extraits.

Francis : “On change de parent”

“On joue le bon flic et le méchant flic raconte Frédéric, père de deux filles. Le parent bad cop rappelle les interdits et tient ses positions, le parent good cop est plus ouvert sur le dialogue. Bien sûr, d'une crise à l'autre, on alterne les rôles !” 

Quand l'orage gronde, plusieurs papas conseillent de “changer de parent”. Avant de prendre le relais, Philippe prend même soin d'“isoler la maman et de lui servir un verre”. “C'est efficace de changer de parent, note Francis. L'enfant a un nouvel interlocuteur et il est obligé de se repositionner.”

Jean : “Je passe en cuisine”

“Je passe en cuisine avec les filles quand elles sont agitées, dit Jean, féru de petits plats. Oriane se calme bien en écossant les haricots !” 

Olivier opte pour une soirée crêpes quand ses enfants sont en petite forme : “C'est un peu la fête, et puis ils participent, ça les occupe…” “Faire des choses ensemble, ça fonctionne toujours”, remarque Jean.

Philippe : “Je lance le quart d’heure de gros mots”

“Je lance le quart d'heure de gros mots quand Amédée et Madeleine parlent mal, dit Tanguy. Avec ma femme, on en rajoute : on se tient n'importe comment, on jure… Et comme on est bien plus forts que les enfants dans ce domaine, ils sont désarçonnés, voire outrés, et tout rentre dans l'ordre !”

Philippe aussi pratique la surenchère avec succès : “Si Vianney réclame un bonbon au petit déjeuner, je réponds : "Ben oui, tu vas prendre aussi une pizza, un verre de Coca…" Ça tue le caprice dans l'œuf.”

 

Florent : “Je fais diversion” 

“Je fais diversion quand Juliette ne veut pas manger, en lui racontant plein de choses. Du coup, elle oublie son caprice”, constate Florent. Lionel aussi utilise la technique : “Si je ne veux pas que Cléophée regarde la télé, je lui fais oublier son envie avec des puzzles, de la pâte à modeler… 

Je dois m'occuper d'elle pour qu'elle passe à autre chose. Idem en balade, quand elle ne veut plus marcher. Je lance une chasse au trésor des pirates, on cherche des indices, je monte toute une histoire pour la motiver.”

Pour contrer les crises en voiture, Lionel chante ou s'amuse à chercher avec sa fille une voiture rouge volée. Dans la voiture de Tanguy, “On écoute l'histoire de la mouette et du chat qui lui apprit à voler. Ça fait 57 fois mais c'est toujours le silence religieux quand on passe le CD !”

Francis : “Je fais des grimaces”

“Je fais des grimaces à Laurine quand elle boude, confie Francis. Dès qu'elle sourit, elle a perdu !” Père de trois enfants, Nicolas constate aussi que “l'humour marche bien, car il introduit du décalage. Il aide l'enfant à se regarder lui-même et à dédramatiser. L'autre jour, Johann s'est mis à chouiner et je l'ai imité. Surpris, il m'a regardé et il s'est mis à rire. Fini les pleurs !”

Une stratégie à manier avec précaution : il s'agit de taquiner, pas d'humilier. Et c'est valable seulement pour les pleurnicheries, pas en cas de chagrin ou de colère.

Florent : “On met de la musique à fond et on danse” 

“On met de la musique à fond et on danse, dit Florent. Je m'agite souvent avec les filles sur "Les éléphants d'Inde" des Satellites, un groupe que j'aime bien. On se défoule, on rigole, c'est un moment privilégié, qui se révèle aussi utile en cas de caprice. 

Si Jeanne refuse de travailler son violon, je lui propose qu'on commence par "Les éléphants d'Inde". Comme elle adore ça, elle est toujours d'accord pour se mettre ensuite au violon.”

 

Trop de bruit ?

Chuchotez. Jouez à écouter les bruits du silence.

 

Trop de temps pour s'habiller ?

Il faudra être prêt avant la fin de la chanson.

 

Des heures pour ranger ?

Lancez une course contre la montre.

 

Grosse colère ?

Demandez à votre enfant de dessiner sa colère, ou désignez un coussin ou une peluche dédiée pour se défouler.

 

Grognon ?

Enumérez chaque soir les petits bonheurs de la journée.

 

Tendu ?

Proposez un massage relaxant.

 

Difficile à table ?

Associez votre enfant à la préparation. Concoctez ensemble des repas de couleur (tout rouge, tout vert…)