1950-Enfance de l'Art, l'atelier R.Lelarge

Les cahiers de « vers l'éducation nouvelle », Centre d'entrainement aux méthodes d'éducation active, Editions du Scarabée.

R.Lelarge reprend d'Henri Wallon la distinction dans l'activité plastique de ce qui tient de l'activité symbolique et ce qui tient de l'activté motrice.  R. Lelarge repère qui si nous ne nous sentons pas la compétence d'intervenir dans l'activité symbolique d'un enfant nous pouvons nous autoriser à nous occuper de la partie motrice de l'activité plastique.

L'activité plastique repose sur quelques nécessités: Une place pour dessiner ou peindre. Des supports de formats et de qualités différents, de bons outils pouvant être rapidement mis en service (y compris terre et autres volumes). Un coin où l'on taille les crayons et se prépare la peinture. Savoir protéger toute les oeuvres, en exposer quelques-unes aprés permission des auteurs, que l'atmosphère reste sereine, que le plus petit projet puisse éclater.

(VEN n°516, octobre 2004, p.26)

L'intérêt suscité par les dessins d'enfants confirme l'éducateur dans l'importance aux consitions et aux moyens favorisant ce « goût naturel. »p.3.

Une atmosphère

Comme pour toute activité il est moins question de planning que de produire l'occasion telle que « l'appoint de matériel suscite l'envie de travailler » p.3

Ce qui aide l'enfant à se trouver lui même

La fatigue

La détente

L'énervement

Le calme

L'émulation artificielle

l'activité

La laideur

l'ordre

Critères indispensables auxquels s'ajoute la spontanéité permise par la liberté et le contact avec la nature.

Du temps

Donner à chaque enfant le temps nécessaire au travail qu'il a entrepris. Il faut reconnaître chaque individu et aménager le temps en fonction des « personnalités propres » p.4.

Il s'agit moins de « planifier » une activité dessins que de suciter des occasions durant lesquels le matériel est à leur disposition.

Du matériel

  • Crayons : crayons noirs, de couleurs

  • le fusain

  • les craies

  • Brou de noix, bitume de judée.

  • Encres

  • La peinture -la gouache en pain-

  • Papiers de couleurs

  • Papiers à dessin petite qualité mais grande quantité

Une organisation

Le plus simple est l'atelier. Dans l'atelier l'odre le plus strict est nécessaire.

« Le papier est rangé par tailles, par qualités et par teintes. Il est facile à prendre, placé verticalement dans des cartons. […] Des boites recoivent les pinceaux, classés par tailles, le poil en l'air, d'autres les crayons, les fusains, les couleurs etc. »

Dans le temps de travail accordé à chacun, il ne faut pas oublier le temps de rangement, dix à quinze minutes.

Un regard

Le regard de l'adulte n'est pas le même que celle de l'enfant. L'enfant voit sans doute plus globalement, le dessin pour lui est une expression « abstraite » du volume et de la couleur. La couleur leur plait plus, ils sentiront la nécessité d'une forme plus précise peu à peu.

Une disposition

L'enfant attend de l'adulte qu'il le laisse faire ou quelque fois qu'il l'aide à surmonter une difficulté. Quelque chose pousse chacun de nous à louer ou sanctionner les créations de l'enfant. Nous devons cultiver une « sensibilité multiple » comme une disposition à se mettre à la place des enfants pour apprécier leurs efforts et le sens de leurs intentions.

Le fusain :

On peut le bricoler soi-même en faisant carboniser dans un petit four (petit pot à fleurs) quelques branches de « fusain d'europe, Bonnet de prêtre ou Eponymus europ... » pour les botanistes.

Les colorants :

  • Le brou de noix concentré

  • Le bitume de judée

On peut fabriquer de la gouache avec des poudres colorantes très fines que l'on broie en petits blocs humides au couteau à palette sur un marbre; on incorpore à cette pâte une certaine quantité de gomme arabique liquide et quelques gouttes de glycérine industrielle. Cette peinture peut se conserver dans des couvercles profonds ou des petites fioles de produits pharmaceutiques.

Il existe aussi la peinture à la colle. Il faut d'abord se procurer une boite métallique vide et propre par couleur. La veille placez dans chacune d'elles une cuillère de poudre de couleur et vous versez délicatement un ruisseau d'eau autour de la poudre. Le lendemain matin, la poudre a bu l'eau et elle se présente sous la forme d'un bloc umide dans toute sa masse. On peut travailler ce bloc en le broyant comme dans la préparation de la gouache. Puis on ajoutte à cette poudre de l'eau de la colle (…) confectionnée avec des colles à chaud, colle d'os, de peau, Tottin, etc. La difficulté de cette fabrication c'est le dosage de la colle. Pour cela vous peindrez un peu de papier fort avec la couleur, laissez sécher, puis tordez le paper. Si la couleur adhère bien, même quand vous passez le doigts c'est que la peinture est bien encollée.

La matière du peintre

« Chaque dessinateur découvre son matériel sur place. Organisez une chasse au matériaux colorés et, en un quart d'heure, vous serez à la tête d'un véritable magasin de couleur : petits caillous blancs ou noirs, jnaunes coquilles d'escargots, plumes, feuilles, grains etc. Non seulement vous aurez à votre dipsoition de nombreuses teintes, mais aussi des matières tres différentes lisses ou duveteuses, rayées ou unies, brillantes ou ternes, qui s'ajouteront à l'expression colorée. Balaysez un petit coin d'allée à l'ombre, un morceau de terasse, un endroit propre et plat, et vous placez ainsi devant chacun une large feuille de papier.

L'intérêt de ces dessins est multiple. […] recherche, course, escalade, découverte , appréciation de matières nouvelles qui conduisent petit à petit à l'expression. Le contact avec ces matériaux fait apparaître la nécessité de transposer.

Au bout d'un jour ou deux, le vent et le soleil auront détérioré beaucoup de la forme et de la fraîcheur de ces dessins. Il en est peut-être mieux ainsi, cela permet de recommencer. » p.8


 


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