2014-Scolarité: Maternelle

Après des vacances avec bébé, vient le moment de se quitter… Vous reprenez le travail et votre tout-petit retourne à la crèche ou chez la nounou. Les conseils d’Anne Gatecel, psychologue, pour préparer et vivre au mieux cette séparation.

Réfléchir à ce qu’apporte la séparation

Pendant les vacances, vous avez pleinement profité de votre tout-petit, passé du temps avec lui, assisté à sesprogrès, partagé des instants complices. Voilà une jolie parenthèse qui se referme temporairement. 

Au moment de la rentrée, vous appréhendez sans doute un peu de retrouver un rythme de vie soutenu, de devoir passer vos journées loin de lui… Pour dépasser ce cap en toute sérénité, voyez aussi les avantages de cette situation. Chez sa nourrice, à la crèche ou encore à l'école, votre enfant évolue dans unenvironnement adapté, qui l'ouvre à de nouveaux horizons, l'enrichit et le rend plusautonome

De votre côté, votre travail vous rappelle que vous n'êtes pas seulement un papa ou une maman ! Et ça, c'est bon également pour votre enfant.

Préparer votre enfant

Votre tout-petit, lui aussi, doit s'extraire ducocon douillet des vacances ! Pour lui assurer une transition en douceur, essayez de vous organiser pour que les journées soient les plus courtes possibles les premiers jours après la rentrée

Peut-être aura-t-il envie d'emporter avec lui une ou deux photos de vacances, ou des coquillages ramassés à la plage, pour les montrer à la personne qui le garde. Un excellent moyen d'assurer une continuité rassurante entre le temps privilégié des congés et le quotidien plus agité. 

N'hésitez pas non plus à lui parler de votre travail en termes très simples : il pourra se représenter ce que vous faites quand vous n'êtes pas avec lui et n'imaginera pas d'incroyables histoires !

 

Le 20 août 2014 Anne Gatecel, psychologue, propos recueillis par Isabelle Gravillon, cahier Parents, Popi, septembre 2011

 

comment faciliter la séparation ? 

Après des vacances avec bébé, vient le moment de se quitter… Vous reprenez le travail et votre tout-petit retourne à la crèche ou chez la nounou. Les conseils d’Anne Gatecel, psychologue, pour préparer et vivre au mieux cette séparation.

Assumer le moment du départ

Il saute de joie dans les bras de lanounou, sans un regard pour vous ? Ou, au contraire, il sanglote et s'accroche à vos jambes ? L'instant de la séparationn'est pas toujours aisé et provoque souvent l'apparition d'une petite boule dans la gorge… On est tous passés par là ! 

Mais dans le fond, il n'y a rien d'inquiétant : votre enfant ne fait qu'exprimer des émotions, joyeuses ou tristes, et c'est très bon signe. Il a le droit notamment d'être en colère, de redouter une longue journée sans vous, de se demander si vous allez bien revenir

S'il verse beaucoup de larmes, prenez le temps d'un gros câlin et de quelques mots : “Ta nounou va bien s'occuper de toi et te consoler et, ce soir, on sera à nouveau ensemble.” Petit à petit, il va retrouver ses repères, ou s'en créer d'autres, et la séparation deviendra plus facile.

Ménager une bonne entente avec la personne qui le garde

Un point crucial : c'est parce qu'il sent quevous appréciez cette personne qu'il peut accepter de rester avec elle sans trop d'appréhension. La manière dont vous vous adressez à elle, devant lui, compte donc énormément. 

Le matin, quand vous le laissez, privilégiez un échange cordial avec elle, un court récit de la soirée de votre bambin (ce qu'il a mangé, à quoi il a joué…) plutôt que d'égrener une liste de consignes ! Et si c'est chez elle qu'il va sur le pot pour la première fois, réjouissez-vous, vous n'avez rien raté ! Vous avez réussi, au contraire, à créer uneatmosphère de pleine confiance dont bénéficie votre tout-petit.

Soigner les retrouvailles

Le moment des retrouvailles est aussi important que celui de la séparation : ils sont les deux faces d'une même pièce. Quand vous revenez chercher votre enfant, laissez-le décider du tempo, même s'il traîne un peu pour venir vous embrasser. Il peut avoir besoin d'un petit délai pour cesser l'activité qu'il avait entreprise. Sans doute veut-il aussi se faire un peu désirer ! 

En rentrant à la maison, là aussi, essayez de laisser le temps au temps
, quitte à coucher votre enfant une demi-heure plus tard : le bain, le repas, l'histoire avant de dormir sont des étapes dont il a besoin. Chaque soir, il lui faut son comptant de présence et d'attention pour réussir plus facilement à se séparer le lendemain matin.

 

Le 20 août 2014 Anne Gatecel, psychologue, propos recueillis par Isabelle Gravillon, cahier Parents Popi, septembre 2011

dimanche 11 février 2018

  « Un outil pédagogique avant tout
Dès la petite section de maternelle, le travail des élèves est évalué en fonction des compétences et des connaissances définies par les programmes officiels de l'école maternelle. Guidés par ces instructions émanant du ministère de l'Education, les enseignants de chaque niveau (petite section, moyenne section, grande section) établissent ainsi une grille d'évaluation pour leur classe et la remplissent à différents moments de l'année.

Certains gardent ce livret pour les archives de l'école, d'autres le diffusentauprès des parents. Remplir ce document n'est pas une obligation pour l'enseignant, qui n'est pas non plus tenu de le remettre aux parents. Il s'agit avant tout d'un outilréservé à l'équipe pédagogique.
Pas de notes, seulement des symboles
Ce livret ne comporte jamais de notes, ni en chiffres ni en lettres. Conçu pour être le moins stigmatisant possible, il n'impliqueaucune forme de classement. Il s'agit en fait d'une évaluation qui se veut résolument constructive et encourageante. Elle permet de savoir si une compétence est acquise, en cours d'acquisition ou pas encore acquise.

Les enseignants le signifient en utilisant des symboles, soit des visages plus ou moins souriants (de rieur à “neutre”), soit descouleurs (le vert indique que la compétence est acquise, l'orange, qu'elle est en cours d'acquisition et le rouge, qu'elle n'est pas encore maîtrisée par l'enfant).
En parler avec son enfant
Si l'enseignant décide de remettre le livret d'évaluation aux parents – une ou deux fois dans l'année – il l'accompagne souvent d'explications écrites ou organise une réunion. Ces documents sont en effet assez longs et peuvent lister des dizaines de compétences.

En général, l'enfant a pris connaissance de son livret en classe et connaît bien la signification des symboles.

Il est important malgré cela de revenir dessus avec lui, tranquillement à la maison. Il aura plaisir à vous expliquer ce qu'il sait faire, ce qu'il apprend à l'école… et à constater que vous y accordez du temps et de l'attention. » Popi

dimanche 11 février 2018

  « Qu’est-ce qu’une première expérience scolaire réussie ?
Lucile Barberis : On peut dire qu'un enfant a une première expérience scolaire réussie lorsqu'il est heureux de venir à l'école et de rencontrer les autres, qu'il a du plaisir à faire les activités qu'on lui propose, qu'il a une curiosité naturelle et un goût d'apprendre soutenus par les adultes qui l'entourent, et enfin qu'il se sent dans une relation de confiance. C'est sur ces bases-là que pourront se construire par la suite les apprentissages fondamentaux de l'école élémentaire.

Car, ne l'oublions pas, ce sont des enfants qui arrivent à l'école maternelle, et non pas des élèves. Et la mission essentielle de l'école maternelle est d'abord de développer leur potentiel dans tous les domaines (motricité, langage, “intelligence sensible”, arts plastiques, imaginaire, relation aux autres), pour leur permettre de s'épanouir, de construire leur personnalité et de devenir ainsi des écoliers équilibrés et solides, qui arriveront ensuite à apprendre à lire, écrire et compter.
Réussir à l’école maternelle, n’est-ce pas aussi avoir acquis les compétences définies par le programme ?
L.B. : Le programme de l'école maternelle définit en effet les domaines d'activités à aborder et les compétences qu'il faut avoir acquises à la fin de la grande section.

Ce programme est très bien fait et très complet, mais on observe parfois des “dérives” dans la façon de l'interpréter, qui peuvent rassurer certains parents, mais qui ne favorisent pas forcément la réussite des élèves.
Quelles sont ces “dérives” ?
• L.B. : Une tendance à ne privilégier que ce qui concerne l'apprentissage scolaire du "lire, écrire et compter", au détriment d'autres domaines essentiels du programme, spécifiques à l'école maternelle: la création, la libre exploration, les expériences sensorielles, l'imagination, le vivre-ensemble.

• Une tendance à accélérer les apprentissages. Or, comme je le dis souvent, "ce n'est pas en tirant sur la queue du têtard qu'on le fait devenir grenouille !" Ce n'est pas en apprenant aux enfants à lire, écrire et compter de plus en plus tôt qu'on leur permettra à tous de réussir. Au contraire, c'est ainsi qu'on laissera des enfants sur le bord du chemin. Rien ne sert d'accélérer les processus, il faut du temps, et on sait très bien que pour chaque enfant ce temps est différent.

On sait aussi que pour réussir dans la vie, ou réussir son école maternelle, on a besoin d'avoir les expériences les plus riches, les plus colorées, les plus fortes, les plus enrichissantes (par rapport au monde, par rapport aux autres), d'avoir le temps de découvrir le monde et de vivre ensemble.

• Une tendance à évaluer, dès la moyenne section, les compétences qui devraient être acquises en fin de maternelle, avec le risque d'identifier chez certains enfants des difficultés qui n'existeraient pas un an plus tard et de créer ainsi des difficultés pour la suite de la scolarité.

Or, si l'on se réfère aux textes officiels, il n'est pas obligatoire de commencer, dès la grande section, à travailler les compétences du cycle suivant (CP, CE1). Cela est prévu seulement pour les enfants qui ont acquis plus vite que les autres les compétences de la fin de l'école maternelle. » Popi

dimanche 11 février 2018

  « Les raisons du rejet de l'école peuvent être multiples. Les comprendre permettent d'aider l'enfant.

Peut-être est-il anxieux ou souffre-t-il d'un manque d'estime de soi ? Aux parents de le rassurer et de lui redonner confiance en lui. Dans de nombreux cas cependant, le refus de l'institution scolaire viendrait d'une « intolérance à la frustration » : quand l'école est le seul endroit où l'enfant ressent une contrainte, il la rejette en bloc. Inutile donc d'aller chercher des explications incroyables. « Je reçois souvent en consultation des enfants qualifiés de surdoués, s'étonne Didier Pleux. Or, dans neuf cas sur dix, il s'agit simplement d'enfants qui n'aiment pas l'école parce que c'est le seul endroit où ils reçoivent des règles. Ce sont souvent des enfants qui refusent d'apprendre autrement que dans le plaisir ».

Pour remédier au problème, il faut bien souvent revoir l'éducation à la maison...



Encadrer l'enfant, lui donner des règles

Il n'est pas facile de devenir des parents sévères après avoir été permissifs.

Les changements doivent s'opérer à petite dose. « Il faut faire en sorte que l'enfant comprenne que les choses ne sont pas dues mais qu'il y a toujours une justification, poursuit Didier Pleux. Donner de l'argent de poche à un enfant qui stagne à 5 de moyenne ne l'encourage pas à faire des efforts.

Evidemment, il ne faut pas dépasser certaines limites : les « tu n'auras rien à Noël » ne fonctionnent pas car, pour le coup, la sanction est trop sévère et inadaptée. » Il faudra aussi instaurer quelques contraintes à la maison pour éviter que l'enfant ne stigmatise l'école. Lui demander de vider le lave-vaisselle par exemple. Un petit effort qui ne vous transformera pas pour autant en parents indignes !





Redonner le goût d'apprendre

Un écueil à éviter absolument : dénigrer l'école ou les enseignants. Il faut au contraire aider l'enfant à trouver de l'intérêt à ce qu'il fait et à se projeter dans l'avenir. « Demandez-lui ce qu'il veut faire plus tard, poursuit Didier Pleux. Cela l'aidera à trouver de l'intérêt pour les matières enseignées. Il veut devenir journaliste mais il refuse l'orthographe et les conjugaisons ?

Tout est utile en soi, mais les enfants ont parfois du mal à établir des liens de cause à effet. Enfin, n'hésitez pas à jouer sur la corde sensible de la frustration et aidez-le justement à moins la percevoir. En évitant par exemple de faire ses devoirs dans l'urgence : si on s'y met dès le vendredi soir, on passe le week-end l'esprit libre et à s'amuser...





Mis à jour par Psychonet Production le 26/07/2011
Créé initialement par Psychonet Production le 25/08/2003 » Psychonet