2003-Dessiner ou le plaisir de grandir de 3 à 6 ans

Dessiner, c'est magique. Entre 3 et 6 ans, l'enfant éprouve du plaisir à griffonner ou à dessiner et il en a besoin ! C'est ce que nous explique Philippe Greig, psychiatre, psychanalyste et auteur de L'Enfant et son dessin aux éditions Érès.

 

Quand et comment l'enfant commence-t-il à dessiner ?

Pour le tout-petit, le dessin est une impulsion, comme lorsqu'il empile des cubes ou saute dans une flaque. Au tout début, lorsqu'il tient un crayon, l'enfant laisse sa trace sans en avoir une claire conscience, de la même manière qu'il laisse la trace du bâton en le traînant derrière lui sur un chemin.

Vers l'âge de 2 ans, l'œil se met à suivre le tracé du crayon. Une année plus tard, vers 3 ans, l'œil précède la trace et conduit le crayon au lieu de le suivre. L'enfant rencontre alors le plaisir de la répétition, notamment quand il dessine des traits en parallèle, ou un rond qui se referme. Et un enfant qui dessine avec plaisir est un enfant qui grandit bien.

Quelle est l’influence du dessin sur l'apprentissage de l’écriture ?

L'évolution du dessin et celle de l'écriture sont strictement parallèles. Ainsi, quand l'enfant dessine le fameux bonhomme-têtard, il est capable d'écrire ses initiales. Quand il dessine un bonhomme avec tête et corps, il est désormais capable d'écrire son prénom. Enfin, en grande section de maternelle, quand il dessine un bonhomme différencié, l'enfant écrit quelques mots (« Maman », « Papa »…) et décore son dessin d'un tas de lettres qu'il a intégrées avec leur schéma graphique.

Mais on peut dire que le dessin lui-même fonctionne comme un idéogramme, avec à peu près le même niveau de complexité qu'une lettre. Ce n'est pas plus facile de dessiner un rond qu'un « R » ou un « Y ». L'idée liée à la représentation d'un graphe est présente, même avec un simple gribouillis, pas encore reconnaissable.

L’enfant qui dessine est-il un artiste ?

Le dessin d'enfant que nous lions à l'art apparaît aux alentours de 6 ans. Il provoque chez nous, un plaisir esthétique lié à notre expérience artistique. Mais il serait naïf de comparer un gribouillis d'enfant à un tableau de maître ! Pour entrer dans l'abstraction de façon artistique il faut d'abord passer par le figuratif comme l'ont fait tous les artistes abstraits.

L'enfant peut parfois venir à une démarche analogue vers l'âge de 7-8 ans en dessinant, par exemple, un énorme gribouillage représentant un orage. S'il n'est pas encore un artiste, l'enfant en a bien sûr tout le potentiel. À l'adulte qu'il deviendra de garder la fraîcheur et le plaisir liés à cette activité pour la hisser au rang d'art !

Retrouvez tous nos coloriages pour enfant

 

Le 13 juillet 2014 Philippe Greig, psychiatre et psychanalyste, propos recueillis par Delphine Soury

Présentation

Dans cet ouvrage, Philippe Greig renouvelle profondément la compréhension de l’évolution du dessin de l’enfant, des premiers gribouillis aux petites compositions, de son âge d’or à son dépérissement à l’adolescence. Il éclaire, illustrations à l’appui, la naissance de la figuration, puis le progrès du schéma corporel et la diversification des thèmes. Il en résulte une grille précieuse d’analyse et d’observation pour tous ceux qui, professionnellement ou personnellement, regardent et incitent les enfants à dessiner. L’auteur montre comment ce développement graphique de l’enfant traduit l’élan conjugué de l’attachement à ses proches et de son affirmation de soi comme sujet sexué. Ce double mouvement qui s’enracine là se prolonge dans l’expression humaine de l’écriture et de l’art : des correspondances entre évolution du dessin de l’enfant et histoire de l’art entraînent l’auteur dans une réflexion sur la création et le goût, loin des idées reçues. S'appuyant sur une large bibliographie qui intègre les études devenues classiques et les travaux les plus actuels sur ce thème, cet ouvrage est le fruit d'une longue enquête menée par l'auteur à travers, d’une part, ses consultations, mêlant écoute clinique et large usage du dessin, et d’autre part, l’observation de la production annuelle complète de classes maternelles. Grâce à son importante iconographie choisie avec soin, il constitue un véritable atlas du dessin d'enfant.


Sommaire

Page 3 à 9 Pages de début

Page 11 à 16 Avant-propos

« À peine a-t-il maîtrisé la marche, l’enfant s’empare ducrayon. Un simple objet ressemblant lui suffit, tant qu’il secontente d’un jeu d’imitation. Mais, au cours de la deuxièmeannée, il saisit et utilise pour de bon crayon ou stylo-feutre,et constate avec satisfaction que son geste laisse une trace.Malgré la faible assiduité de son effort graphique, onconstate pourtant que son gribouillis se transforme et gagneen assurance, tantôt dans un balayage impulsif en va-et-vientnerveux, et tantôt en formes arrondies qui s’enroulent enlarges gribouillis ronds, avant de devenir des « ronds » propre-ment dits.La main, d’abord malhabile, conduit de mieux en mieuxson outil, et l’imagination combine déjà les premiers traits.On assiste à une progression concomitante vers la précisiondu tracé et les premières figures composées : « figure rayon-nante » classique, et « figure contenante » tout aussi impor-tante. La « figure-têtard », autour de 3 ans et demi,constitue l’aboutissement de toute cette période et l’entréedans la figuration. L’enfant parvient en même temps au« double contrôle » du point de départ et du point d’arrivéeprécis de ses traits, marqué par la réussite du « rond », enA»

(Philippe Greig  , L’enfant et son dessin, ERES « Enfance et parentalité », 2003, p. 11)
 
« moyenne à 3 ans, et celle plus complexe du carré, enmoyenne à 4 ans.On est encore loin du personnage bien campé et diffé-rencié qui fait le charme du dessin de l’enfant, et une annéeest nécessaire pour passer seulement du bonhomme-têtard audessin du personnage avec tête et corps. Il faut découvrirl’ensemble des représentations primitives qui accompagnentcette métamorphose, très expressives et variées, et nécessairesà comprendre l’enchaînement des formes qui s’élaborentprogressivement sous nos yeux.Au fil des trimestres, l’expression de l’enfant s’enrichit demultiples façons. Cils, sourcils, pupilles, oreilles oupommettes précisent le visage, des membres à doublescontours remplacent leurs ébauches en simple bâton, et ladifférenciation sexuelle s’opère, en particulier à travers lescheveux, couvre-chefs et vêtements. La maison, l’animal oul’arbre participent aussi à ce développement. Une ligne de solavec des brins d’herbe ou des fleurs, une ligne de ciel avec lesoleil et parfois des nuages commencent à structurer l’espace,et constituent un « fond » pour les petites compositions quis’organisent. La couleur trouve peu à peu sa place avec uncoloriage qui gagne parfois toute la surface. Tout est réunipour l’explosion de « l’art » enfantin»
(Philippe Greig  , L’enfant et son dessin, ERES « Enfance et parentalité », 2003, p. 11)
 
« Moment « magique », mais éphémère, est ce passage où lacréation s’arrache à l’informe sans avoir glissé encore surl’autre versant où l’accumulation des détails d’observations etles stéréotypies apprises étouffent le charme qui nous touchait.Le personnage s’est à peu près complètement structuré vers5 ans, et voilà déjà la fin de l’école maternelle ; le primairecommence, avec la priorité donnée à l’écriture, et avec lacuriosité sur le mécanisme des choses et la précision de leurreprésentation. Nous entrons dans le dessin des plus grands.La part de la couleur diminue alors rapidement, et plusencore le nombre des dessins réalisés. Maladresses, retoucheset surcharges se multiplient. L’enfant grandissant perd le goûtde dessiner, et prétexte qu’il ne « sait » pas : la dimensiontechnique supplante désormais la spontanéité, et c’estd’ailleurs le temps des premières acquisitions de la perspective,ou du moins des quelques schémas connus qui en sont issus.Peu de jeunes entrent dans la préadolescence avec un« coup de crayon » reconnu de leurs pairs, et c’est alors pourtous les autres l’abandon total du dessin. Après avoir émergélentement de la feuille blanche, l’expression graphiqueretourne au néant : son « dépérissement » est alors complet»
(Philippe Greig  , L’enfant et son dessin, ERES « Enfance et parentalité », 2003, p. 11)
 
« elle est la grande fresque de l’évolution connue etprésentée de diverses façons, depuis que Georges Rouma ouGeorges Henri Luquet en effectuèrent, au début du siècle, lespremières descriptions. Éducateurs, enseignants, psycho-logues et psychanalystes se partagent depuis cette exploration,mais peu de résultats ouvrent des perspectives synthétiquessur la structuration du dessin et de l’enfant. Malgré toutes ces investigations, Daniel Widlocher parleen 1990 de « l’étendue de nos ignorances », d’un « champ peuexploré, où beaucoup de choses restent à découvrir », et d’un« manque d’ouverture sur des hypothèses fondamentales ».L’écart apparaît encore plus grand si l’on considère la massemodeste des résultats rassemblés au regard de la large utilisa-tion du dessin par l’enfant, qu’il soit sollicité ou qu’il le fassespontanément, dans le cadre scolaire et en particulier enmaternelle, chez lui, et au cours des bilans psychologiques oudes psychothérapies. Voilà qui invite à poser quelquesquestions essentielles.La première s’applique à l’émergence de cette formeparticulière de langage : ce qui fait qu’un chimpanzégriffonne assez bien avec un crayon à la patte mais ne ferajamais le dessin d’un chimpanzé, alors que l’enfantcommence à gribouiller comme le singe, et même un petitpeu plus tard que lui, mais peut ensuite « pousser » cetteactivité jusqu’à la perfection d’un Ingres ou d’un Léonard ?L’expérience clinique habituée à se retourner vers les originespour comprendre un développement, il est ici surprenant deconstater le désintérêt assez général des observateurs pour la« naissance » du langage plastique, comme si ce phénomèneallait de soi ! La recherche d’Osterrieth et Cambier s’étale de6 à 18 ans, et celle encore plus récente de Wallon de 6 à12 ans, le « test du gribouillis » lui-même commence parl’écriture de son nom, et Corman qualifie de « prégri-bouillis » ceux produits par les jeunes enfants ! Rares sont lespublications portant sur les réalisations d’avant 5 ou 6 ans,alors que nous verrons se constituer toute la figuration entre2 et 5 ans»
(Philippe Greig  , L’enfant et son dessin, ERES « Enfance et parentalité », 2003, p. 11)
 
« Une seconde question porte sur cet âge d’or du dessin del’enfant qui semble presque seul retenir l’attention : comments’enchaîne-t-il au pénible commencement, et pourquoisuscite-t-il une telle fascination ? Cette interrogation ouvre ledébat controversé des rapports du dessin d’enfant avec l’art etle symbole. Des interrogations complémentaires s’introdui-sent aussi, par exemple sur les procédés classiquementreconnus des rabattements et transparences, puis sur d’autresfaits comme la structuration de tant de dessins, maisons,soleils ou autres, sur le modèle anthropomorphique du visage.Une troisième question concerne le « dépérissement »,l’un des traits les plus étonnants de cette évolution. Lacomparaison avec la musique donne toute son acuité auphénomène : l’apprenti musicien commence d’emblée à jouerde la « vraie » musique d’adultes, et poursuit sa progressionavec continuité, si bien que Mozart peut composer dèsl’enfance ses premières œuvres, tandis que Picasso, hyperpré-coce lui aussi, devra attendre 13 ou 14 ans pour peindre sespremières toiles ; l’adolescence offre une continuité d’évolu-tion avec la période de latence pour la musique, alors que le»
(Philippe Greig  , L’enfant et son dessin, ERES « Enfance et parentalité », 2003, p. 11)
 
« dépassement d’une rupture s’impose pour les arts plastiques.L’explication de cette étrange différence aura son incidencesur toute la pédagogie du champ graphique confrontée à cettedifficulté particulière.Une dernière question touche au rythme général de l’évo-lution décrite. S’il est vrai que le dessin de l’enfant est un bonreflet de sa personnalité, son évolution représente un véritablefilm de la maturation, et un argument pour bien des débatscliniques. Mais il s’agit en même temps du scénario communà toutes les grandes périodes de l’histoire de l’art, depuis l’artpaléolithique : émergence difficile d’un style, explosionflamboyante de son apogée, puis lent dépérissement dansl’accumulation de l’ornement ou l’académisme. Il est difficiled’imaginer là une pure coïncidence. Ce seul fait laisse entre-voir des liens directs et profonds entre l’enfance et l’art, et faitéclater d’emblée tous les clichés sur l’enfant et les primitifs.**      *Les réponses sont ici le fruit d’une très longue enquête,plusieurs milliers de consultations mêlant l’investigationclinique à un large usage du dessin, mais aussi l’observationde la production annuelle complète d’un certain nombre declasses maternelles : environ cinquante mille dessins, diver-sement rassemblés, au gré du développement progressifdes hypothèses répondant aux questions que nous venonsde poser…Mais le titre choisi pour cet ouvrage indique clairementque l’enfant reste le centre du propos : son dessin n’est qu’uneforme particulière de l’émergence du langage, un reflet de sacroissance psychique.»
(Philippe Greig  , L’enfant et son dessin, ERES « Enfance et parentalité », 2003, p. 11)

Première partie. Naissance du langage plastique

« NAISSANCE DU LANGAGE PLASTIQUELe passage à l’acte des gribouillis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

  • Mouvement arrondi et mouvement en va-et-vient, 19 ;
  • « Empreintes » des gribouillis primitifs, 21 ;

Les deux gribouillisde base, 23 ;

Évolution des gribouillis de Laure, 25 ;

La projectionde l’axe vertical médian, 28 ;

Graphologie des gribouillis, 30 ;

Persistance des gribouillis,

31.La réussite du rond et la figure-têtard . . . . . . . . . . . . . . . . 33

La réalisation du rond à 3 ans, 34 ;

Figures rayonnantes et figurescontenantes, 36 ;

Émergence de la figure-têtard, 39 ;

Têtardsprécoces et têtards tardifs, . 42 ;

Indépendance entre conception etprécision des tracés, 44 ;

Fermeture du tracé de la main, 45 ;

De l’identité à l’individuation, 48.

De la figure-têtard aux idéogrammes : aspects d’un véritablelangage. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53

La maison et l’animal, 57 ;

Le visage et le corps, 57 ;

Quatre figuresprimaires, 58 ;

La logique des idéogrammes, 59.

Page 17 à 31 Le passage à l'acte des gribouillis

De l’enfant occupé à son gribouillage, nous ne voyons d’abord que le geste oscillant de son bras. Ce mouvement, modulé par celui de la main, et animé par la force sous-jacente des pulsions, aboutit soit à une forme circulaire de mieux en mieux arrondie, soit à une accumulation en fuseaux ou balayages de traits ou arcs parallèles. Le mouvement arrondi et le mouvement en va-et-vient forment ainsi les...

Page 33 à 51 La réussite du rond et la figure-têtarde

Ce chapitre commence dans la troisième année de la vie de l’enfant, et précise le passage juste entrevu vers le trait, le rond, et les premières figures composées. Le « rond », ou la figure fermée, est un moment très significatif pour juger de la précision des tracés : l’étude du dessin croise ici l’un des critères retenus par Terman et Merill dans leur échelle d’évaluation de l’intelligence des tout-petits,...

pagesges53 à 62De la figure-têtard aux idéogrammes : aspects d'un véritable langage

L’attention portée à la formation de la figure-têtard ne peut pas laisser dans l’ombre le développement parallèle des autres grands thèmes. L’enfant de 3 ans ou 3 ans et demi dessine aussi des maisons, et trace d’abord une figure fermée. Pour ses premiers essais, il s’arrête là, et seule la magie de la désignation crée le thème : la pleine liberté du jeune graphiste décide ainsi de schématiser la maison...

Deuxième partie. L'âge d'or du dessin de l'enfant

« L’ÂGE D’OR DU DESSIN DE L’ENFANTL’évolution du personnage, construction du schéma corporel 65Verticalisation du têtard, 65 ; Constitution de la structuretête/corps, 69 ; Chronologie, réussite, retard, 72 ; éveloppements etdifférenciation sexuelle, 75.Éventail des thèmes et répétition des structures . . . . . . . . . 81Personnage, animal et véhicules, 81 ; Développement et corréla-tions du dessin de la maison, 85 ; Figures ouvertes ou éclatées, 91 ;Remplissages fauves et misère du vide, 96 ; Métamorphoses del’image contenante, 99 ; Expressions de dysharmonies, 104.Représentation des volumes et organisation de l’espace . . . 109Tables contenantes ou tables de profil, 109 ; Les quatre étapes de lareprésentation des volumes1, 12 ; Les plans successifs de l’espace, etle motif de la ronde, 115 ; Coordination générale des positions etdes plans, 119.Développements et déclin de l’âge d’or . . . . . . . . . . . . . . . 127Dessins de garçons et dessins de filles, 127 ; Figurations de l’arbre ,131 ; Variations du paysage, et remplissage de l’espace, 137 ; Évolu-tion de la couleur, 138 ; Le « dépérissement » du dessin, 141.»

(, L’enfant et son dessin, ERES « Enfance et parentalité », 2003, p. 299)

Page 63 à 79 L'évolution du personnage : construction du schéma corporel

La figure-têtard ne peut pas rester longtemps une représentation du corps satisfaisante et, après avoir évoqué l’organisation du personnage avec tête et corps, et le clivage fonctionnel nécessaire, il faut préciser maintenant les procédés et les avatars de cette transformation. Si l’introduction de la forme rapportée reste la voie royale de cette évolution, elle n’est ni la seule, ni la première, des...

Page 81 à 107 Éventail des thèmes et répétition des structures

L’évolution du dessin de l’animal se superpose étroitement à celle du personnage. Cette constatation centrale de l’étude de Philippe Wallon, chez les enfants de 6 à 12 ans, s’applique tout aussi bien aux plus jeunes enfants. Tout commence avec les enroulements similaires des gribouillis désignés, que le miracle de la nomination présente comme maman et papa ou comme chien et chat. À son tour, la figure-têtard...

Page 109 à 126 Représentation des volumes et organisation de l'espace

Le problème des trois dimensions, avec les multiples faces de l’objet, ne s’était pas posé jusque-là. L’enfant s’était toujours fixé à un point de vue unique, et de surcroît conventionnel : de face pour les personnages et la maison, et de profil pour les animaux et les véhicules. Nous venons de voir la symbolique contenante qui préside au premier point de vue, et l’affirmation pulsionnelle dans l’animal...

Page 127 à 142 Développements et déclin de l'âge d'or

L’aboutissement du personnage, avec la différence sexuelle bien établie, a conduit à ce couple royal, couronnement de la dernière année en classe maternelle. Toutes sortes de petites scènes peuvent être composées à partir de telles figures, et la spécificité de thèmes liés au sexe du dessinateur s’affirme vivement : personnages aux attributs virils, scènes avec cow-boys ou guerriers, luttes combats...

Troisième partie. Du « dépérissement » à l'expression

« D U« DÉPÉRISSEMENT» À L’EXPRESSIONLes conflits du réalisme et le « dépérissement » du dessin. . 145Limites de la latence et réalisme véritable, 145 ; Perspective géomé-trique, anatomie humaine et gradation des valeurs, 146 ;Dialectique entre les figures et le fond, 153 ; Résistances spécifiquesà la période de latence, 157.Champs de l’expression : éducation, thérapeutique, culture 161Perspectives pédagogiques, 163 ; Perspectives psychanalytiques,167 ; Expressions : thérapie, art, éducation, 174 ; Dessin, iden-tifications et symboles . . , 176 ; À l’origine de l’art et de l’écriture,179 ; Algorithme et généalogie des premiers dessins ou dessymboles, 183 ; Le primum movens: attachement et interactionsprécoces, 186.»

« Aux racines de l’art . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 187Dessins d’enfants et œuvres d’art, 188 ; L’abstraction dans lesproductions de l’enfant, 191 ; Un véritable big-bang de la créationplastique, 194 ; Un éventail de l’imaginaire psycho-esthétique, 196 ;Une topologie de la création et du goût, 203 ; L’enfant qui persisteen chacun de nous, 210»
(, L’enfant et son dessin, ERES « Enfance et parentalité », 2003, p. 299)
 
 

Page 143 à 159 Les conflits du réalisme et le « dépérissement » du dessin

À l’entrée dans la préadolescence, nous avons d’abord constaté une représentation de l’espace limitée à la traduction de l’épaisseur des volumes et de la succession des plans, sans que la profondeur de l’espace lui-même se creuse par l’utilisation des axes convergents de la véritable perspective. Nous avons vu le développement du dessin, très sensiblement différent chez la fille ou chez le garçon,...

Page 161 à 186 Champs de l'expression : éducation, thérapeutique, culture

On pourrait rêver d’une pédagogie de l’éducation plastique s’inspirant des résistances particulières décrites dans le précédent chapitre. La perspective, les jeux de la lumière, ou l’anatomie humaine, sont des acquisitions spécifiques de l’entrée dans l’adolescence et les solutions graphiques au sentiment justifié de ne « pas savoir » dessiner. Il est tentant d’imaginer, pour le collège, une pédagogie...

Page 187 à 210 Aux racines de l'art

La confrontation du dessin de l’enfant avec les œuvres d’art a diversement été esquissée. L’intuition est forte d’un rapport profond de notre plaisir esthétique dans ces deux situations, et l’on peut s’attendre à un développement de l’expérience adulte sur la base de celle de notre enfance, comme pour tous les autres investissements. Deux rapprochements seulement ont donné lieu à quelques développements :...

Quatrième partie. Le dessin d'un enfant et son évolution. Des premiers gribouillis jusqu'à 8 ans

« LE DESSIN D’UN ENFANT ET SON ÉVOLUTIONDES PREMIERS GRIBOUILLIS JUSQU’À8 ANSRegard sur l’aventure graphique jusqu’à 3 ans . . . . . . . . . . 213Les premiers gribouillis, 214 ; « Un rond pour papa », 217 ; Lespremières figurations, 217 ; Les premières figures fermées, 228 ;Développements et verticalisation de la figure-têtard, 228 ;Diversification des thèmes, 233 ; Initiales et première formerapportée, 235.La réussite du rond : note sur l’évolution objective des figures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 237Regard sur l’aventure graphique de 3 à 8 ans. . . . . . . . . . . 241De la figure-têtard au bonhomme avec tête et corps, 242 ; Habillageet différenciation, 245 ; La part de l’imaginaire et du réalisme, 248 ;Le couple parental et la découverte du monde, 252 ; Avancée duréalisme, 256 ; Créativité et développements de fantasmes, 257 ; Lescuriosités de la période de latence, 260 ; Les progrès de la troisièmedimension, 261.»

(, L’enfant et son dessin, ERES « Enfance et parentalité », 2003, p. 299)

Page 211 à 235 Regard sur l'aventure graphique jusqu'à 3 ans

Dans la continuité de son évolution, c’est maintenant la production graphique d’un même enfant qui va nous permettre de retrouver de façon plus concrète l’ensemble des développements conduits jusque-là. Le regard se pose d’abord sur les premiers coups de crayon de cette enfant, un gribouillis inaugural d’Ingrid (fig. 204), quelques jours avant son premier anniversaire. Il s’agit d’un gribouillis primitif...

Page 237 à 239 La réussite du rond : note sur l'évolution objective des figures

Toute la progression graphique d’Ingrid s’était nouée au projet énoncé par la fillette d’effectuer « un rond » (fig. 208, à 2 ans et 1 mois) ; trois mois furent nécessaires, à partir de cette tentative, pour parvenir à la réussite des premières petites boucles refermées (fig. 225 à 227), et quatre de plus pour aboutir aux grandes formes arrondies et refermées sur elles-mêmes par un tracé unique (fig. 233...

Page 241 à 267 Regard sur l'aventure graphique de 3 à 8 ans

La suite de la création graphique d’Ingrid s’inscrit sous le signe d’un véritable plaisir à dessiner. L’accès à la représentation fait passer le jeune enfant de la maîtrise du crayon-outil à celle d’une expression évoluée, confirmée au même moment par l’intérêt naissant pour l’écrit. Une telle découverte constitue le moteur d’un investissement durable, d’autant plus net pour Ingrid qui livrera plus...

Page 269 à 278 La grille de Bordeaux

Ce chapitre annexe veut apporter méthode et précisions : rassembler les points de repères objectifs qui offrent une base de langage commun aux recherches ultérieures sur le dessin de l’enfant, préciser quelques limites, dissiper quelques confusions. Un premier principe, pour évident qu’il soit, doit être mis en exergue : si l’on est toujours certain des capacités objectivées par un tracé ou une série...

Page 279 à 297 Bibliographie

 

Page 299 à 303 Pages de fin

Fiche technique

Greig Philippe, L’enfant et son dessin. Naissance de l’art et de l’écriture, Toulouse, ERES « Enfance et parentalité », 2003, 304 pages. 
ISBN : 9782865868179. 
Lien : <http://www.cairn.info/l-enfant-et-son-dessin--9782865868179.htm>.