1878-Charcot et l'école de nancy

La seconde période de 1878 à 1895  voit la redécouverte de la phénoménologie somnambulique par les praticiens de l'hypnose. 

Charcot et ses disciples à La Salpêtrière comme Bernheim à Nancy qui s’empressent d’effacer les recherches de leurs prédécesseurs. Tous font de James Braid le fondateur de l'hypnose scientifique et détournent les objectifs thérapeutiques des pratiques magnétiques en recourant aux procédés les plus violents pour créer l'état hypnotique.

 

1872 T.H Duke

Psycho-thérapeutics » est un néo logisme forgé à partir du grec et popularisé par le médecin britannique Da-niel Hack Tuke en 1872 dans un livre intittùé illustrations of the Influence of the Mind upon the Body in IIealth andDisease.

D.H. Tuke compile de mtùtiples exemples dans lesquels l' esplit peul agir sur le corps pour créer maladie ou santé.Dans ce second cas, l'activation de la volonté, la croyance en des médicaments que l'on appellera tùtérieurement placebo et la mise en hypnose sunt psycho- thérapeutiques parce qu'elles suscitent une action bénéfique de l'esprit du patient sur ses troubles corporels. Cette action dépend de l'influence, elle aussi psychothérapeutique, du médecin, qui peut guérir parfois son patient, souligne D.H. Tuke, par de simples mots ou inflexions de la voix. La définition qu'il donne est à double détente puisqu'elle met en avant l'action de l'espril sur le corps et celle d'un esprit sur un autre esprit, ou encore, en langage plus actuel,

En 1882,

dan une communication à l'Académie des sciences, Jean Martin Charcot, médecin célèbre de la Salpêtrière, a proposé d'ajouter à ses découverte , neurologiques antérieure le «grand hypnotisme», qui se caractériserait par trois états nerveux spécifique (la léthargie, la catalepsie e t le somnambtùisme) et q ui constituerait une pathologie imputable à une maladie elle-même nerveuse, la «grande hystérie ». À partir de 1884, Hippolyte Bemheim, professeur de clinique médicale à ancy, met en cause ces perspectives. Citant très largement D.H. Tuke, il met l'accent sur l'idée d'une médecine d'imagination qtù n'esr cependant pas imaginaire puisqu'elle guérit en uti- lisant l'action méconnue et pourtant puissante du moral sur le physique. L'hypnose relève, selon lui, d'un phénomène psychologique très général de suggestion, défm.ie comme «l'acte par Lequel une idée est introduite dans Le cerveau et acceptée par lui», qui peut-être psychothérapeutique. T

1888-

Très vite, cet adjectif donne lieu à substantif, «psycho-thérapie" que le  médecin et écrivain Frederik Van Eeden disiple d 'H Bernheim, revendiqued 'avoir créé en 1888. 

1891
 
Quant à H. Bernheim, il parle plus simplement de "psychothérapie» sans sans trait d'union et inclut pour la première fois ce nOU\'eau vocable dans le titre d'un livre qui a un grand retentissement, "Hypnotisme, suggestion, psychothérapie" en 1891.
Il donne toujours, comme T.H Duke pour psycho-therapeutics, un double sens au mot de psychothérapie qu'il assimile plus ou moins à une suggestion. qu'il souligne enfin que l'on peut pratiquer des suggestionsnon hypnotiques, par de simples paroles persuasives ou impératives. Le pouvoir thérapeutique de l'esprit sur le corps et l'influence d'un esprit sur un autre ne passent donc pas forcément par l'hypnose.
 

 

Jean Martin Charcot (1825-1893),

Ce neurologue officiant à la Salpêtrière à partir de 1862 conquiert une gloire internationale en montrant que l'hystérie n'aurait pas de cause physiologique, comme on l'avait toujours cru. La preuve, il est possible de déclencher des crises sous hypnose, et d'utiliser la suggestion pour les surmonter. L'école de Nancy réunie autour d'Hippolyte Bernheirn (1840-1919) accusera Charcot non pas de révéler, mais de provoquer les symptômes à son insu en présence de patientes impressionnables. L'hystérie telle qu'ill' a décrite, la «grande hysté- rie », ne sera d'ailleurs jamais observée qu'en sa présence, et disparaîtra après sa mort.

En 1870, il se tourne vers l'hystérie dans le but d'en percer les mystères. Maladie nerveuse et nullement génitale, l'hystérie charcotienne est insérée dans un cadre positiviste. Or l'hystérique est loin d'être docile. De nature et de tempérament mouvants, le corps débordé de secousses et de convulsions, elle se meut de partout. Excessivité, paralysies, cris, spasmes et contractions s'enchaînent dans les murs de la Salpêtrière sous le regard de J.M. Charcot et de ses élèves.

Cette hystérique doit donc être apaisée. Elle sera mise sous hypnose. Installant un laboratoire photographique afin de déceler les stigmates physiques de ce grand mal, le maître de la Salpêtrière transforme également ses salles de cours en théâtre expérimental. Cette procession de corps somnambules étalés devant le Tout-Paris lui permet de mieux cerner les caractéristiques de la fameuse condition.

De cette saga charcotienne qui avait marqué la Belle Époque, on trouve peu de vestiges à l'aube du xx" siècle.

Attaqué par plusieurs comme n'étant qu'un habile metteur en scène suggestionnant leurs symptômes à ses pauvres sujets, J.-M. Charcot aurait produit une «hystérie de culture». Par ailleurs, un jeune neurologue viennois commence à faire sa marque. En s'intéressant aux récits de l'inconscient, Sigmund Freud donne une voix à l'hystérique. Il inaugure ce faisant un traitement novateur: la cure par la parole, élément de base de la méthode psychanalytique.