La sécurisation de l’alimentation en eau potable commence par la protection des points de prélèvement afin de prévenir les contaminations par des substances polluantes. Sur le territoire du SCOTERS, tous les captages d’eau potable font l’objet de périmètre de protection établis ou en projet à l’exception du forage de Diebolsheim. Le territoire du SCOTERS dispose de 58 captages publics (Source : ARS, 2013) alimentés par la nappe phréatique rhénane sous forme de forages. Tous les captages d’eau potable présents sur le territoire du SCOTERS sont déclarés d’utilité publique, à l’exception du forage de Diebolsheim. Le principe général actuellement adopté dans les DUP relatives à l’exploitation et à la protection des captages d’alimentation en eau potable est d’interdire toute nouvelle activité à risque (infrastructure de transport, zones d’urbanisation future à vocation d’habitation, de loisirs ou d’activités…) à l’intérieur des périmètres de protection rapprochés des captages d’eau potable. En terme quantitatif, la sécurisation de l’alimentation en eau potable bien que satisfaisante se complète par la recherche potentielle de nouvelles ressources. L’agglomération de Strasbourg a mis en place un Schéma directeur d’alimentation en eau potable afin de garantir de façon durable la distribution en quantité suffisante d’une eau de qualité à ses usagers. Des forages complémentaires sont envisagés, bien que la production actuelle ne pose pas de problème en matière de qualité et de quantité. Un nouveau captage à Plobsheim est programmé. Etant donné la pression sur le champ captant du Polygone, principale source de l’agglomération, ce projet permettra de sécuriser l’alimentation en eau potable sur le territoire de l’Eurométropole. De plus, un projet de captage est prévu dans le SDEA du Secteur de Benfeld/Erstein sud. Sur l’ensemble du Bas-Rhin, les prélèvements réalisés dans les masses d’eau souterraines sont au moins en équilibre avec leur capacité naturelle à se recharger. Cependant, lors de la sécheresse de 2003, certaines unités de distribution ont connu une pénurie d’eau. Ainsi, les capacités de production sont localement insuffisantes en pé- riode de sécheresse et des déficits pourraient être plus fréquents dans le futur dans le cas d’une augmentation de la demande en eau liée à la croissance démographique. Le Schéma départemental d’alimentation en eau potable (SDAEP) du Bas-Rhin établit deux bilans prospectifs aux horizons 2015 et 2030 qui prennent en compte l’évolution des consommations en lien avec l’évolution de la population afin d‘estimer l’adéquation quantitative entre les besoins en eau et les capacités de production de chaque collectivité. En 2008, sur le territoire du SCOTERS, toutes les unités de distribution (UDI) sont identifiées comme excédentaires et ne présentant pas de problème de ressources. Des interconnexions existent entre les UDI. Dans les scénarios du SDAEP, aucune UDI sur le territoire du SCOTERS n’est soumise à un risque de déficit à court terme. Le SDE de la Lachter et de l’Eurométropole de Strasbourg sont identifiés comme soumis à un risque de déficit à l’horizon 2030. La création du champ captant de Plobsheim et les interconnexions permettent de répondre au risque concernant l’Eurométropole. Un risque persiste pour le SDE de la Lachter. A plus long terme, Erstein Nord, Rossfeld et La Wantzenau-Kilstett seraient soumises à un risque de déficit éloigné (après 2030). Les interconnexions permettront d’éviter ce risque pour les deux secteurs.


Peu visible mais facile d'accès, la nappe phréatique rhénane est une ressource importante pour l'alimentation en eau potable et pour le développement économique régional.

L'APRONA

La surveillance de cette remarquable ressource est assurée par une association organisée en observatoire, l’Aprona. Elle est chargée de la gestion des réseaux piézométriques régionaux (niveau de la nappe), d’une veille sur la qualité de l’eau souterraine, de l’exploitation d’un modèle mathématique de nappe, de conduites d’opérations liées à la connaissance de la ressource et de mettre à disposition des différents acteurs de l’eau les informations qu’elle collecte, grâce à un partenariat signé avec la Région Alsace et l’Agence de l’eau Rhin-Meuse (AERM).

l'AERM

Cette approche est complétée par le suivi de la qualité de l’eau distribuée dans la Région Alsace dont la surveillance est à la charge de l’Agence Régionale de la Santé (ARS). Elle réalise un bilan de la qualité de l’eau distribuée en Alsace 2007-2009 et fournit également les données par département et par commune chaque année, accessible sur le site internet de l’ARS. La DREAL de la région Lorraine publie un bulletin de situation hydrologique mensuelle constitué d’un ensemble de cartes et de leurs commentaires qui présentent l’évolution mensuelle des ressources en eau. Il décrit l’état et l’évolution quantitatifs des milieux aquatiques : précipitations, niveau des nappes d’eau souterraine, débits des cours d’eau, état de remplissage des barrages-réservoirs. Ces données sont complétées par le Système d’Information de l’AERM (SIERM) présentant l’état quantitatif et qualitatif des masses d’eau souterraines concernant l’année 2013.

La nappe l’Alsace et le Champ de fracture de Saverne

Deux masses d’eau souterraines sont présentes sur le territoire.

Le territoire du SCOTERS bénéficie d’une ressource abondante en eau souterraine qui lui permet de subvenir à la majorité des besoins de la consommation humaine et des usages industriels et agricoles.

Cette ressource, facilement accessible et de bonne qualité, offre également une alternative énergétique grâce à l’exploitation géothermique. La nappe phréatique rhénane est l’une des plus importante réserve en eau souterraine d’Europe.

La quantité d’eau stockée, pour sa seule partie alsacienne, est estimée à environ 35 milliards de m3 d’eau.

Elle est proche de la surface du sol, parfois directement accessible.

Les masses d’eau souterraines du territoire du SCOTERS ont été évaluées comme présentant un bon état quantitatif et ne présentant pas de risque de déficit (source : AERM).

La nappe rhénane

Une ressource fragile La nappe rhénane est contenue dans des alluvions très perméables, déposées par le Rhin et ses affluents dans le fossé rhénan. Son alimentation est principalement assurée par l’infiltration des cours d’eau, d’où sa vulnérabilité.

La nappe s’écoule lentement du sud vers le nord à une vitesse de l’ordre de 1 à 2 mètres par jour en moyenne.

  • Au nord du seuil d’Erstein, la granulométrie des alluvions est assez fine et elles sont entrecoupées d’intercalations silto-argileuses.
  • Sous Strasbourg, ces dernières sont suffisamment continues vers 30 mètres de profondeur pour constituer une barrière hydraulique limitant les circulations verticales entre les différents niveaux et ainsi la diffusion des polluants.
  • Au nord de Strasbourg, après le cône de déjection de Zorn, l’aquifère quaternaire forme un chenal entaillé dans une terrasse de formations pliocènes de Haguenau.

La nappe est particulièrement peu profonde en proximité du Rhin. La profondeur est inférieure à 2 mètres au niveau des communes d’Erstein, Nordhouse, Wibolsheim, Ohnheim, Ichtratzheim, au sud et au nord de Strasbourg, La Wantzenau, Weyersheim. De plus, les perméabilités des alluvions diminuent de façon générale d’est en ouest. Cette nappe est donc soumise à de fortes pressions agricoles et urbaines, particuliè-rement en bordure est vers le Rhin.

Le SDAGE Rhin-Meuse 2010-2015 fixe les objectifs environnementaux à atteindre par grandes masses d’eau. Pour les masses d’eau souterraine, le bon état est établi lorsque la masse d’eau a atteint tant un bon état quantitatif que chimique.

Dans le cadre du projet de SDAGE 2016-2021, l’objectif d’atteinte du bon état quantitatif est fixé à 2015, tandis que l’objectif d’atteinte du bon état chimique est fixé à 2027 pour la masse d’eau de la nappe d’Alsace. 

La nappe d’Alsace n’a pas atteint un bon état chimique en 2013 du fait des nitrates, produits phytosanitaires et chlorures. De ce fait, elle n’a pas un bon état global malgré le bon état quantitatif.

Peu protégée par les sols et en relation permanente avec les cours d'eau, elle est très vulnérable. Son état se dégrade du fait d'une intense activité humaine. Un tiers de la surface de la nappe est rendu impropre à un usage "eau potable" sans traitement.

La nappe phréatique rhénane, un capital unique en Europe

Avec un volume de près de 80 milliards de mètres cube, de Bâle à Mayence, la nappe phréatique du Rhin supérieur assure 80% des besoins en eau potable et plus de 50% des besoins des industries grandes consommatrices d’eau de bonne qualité. Elle a permis le développement de l’irrigation en agriculture.

Les prélèvements d’eau de nappe sont importants, évalués à 550 millions de m3, dont :
- 68% par les industriels,
- 20% par les collectivités pour l’alimentation en eau potable,
- 12% par la profession agricole.

Accessible à faible profondeur et affleurant localement, la nappe phréatique a donné naissance à des milieux naturels particuliers (rieds, sources phréatiques, forêts alluviales), caractérisés par une faune et une flore remarquables d’une grande diversité.

Une nappe sous observation

Le niveau de la nappe est suivi en permanence afin de vérifier en particulier que les volumes d’eau prélevés n’excèdent pas les apports naturels d’eau à la nappe. Cette mission est assurée par l’Association de la Protection de la Nappe phréatique de la Plaine d’Alsace (APRONA).

La qualité globale de la nappe est également suivie tous les 6 ans environ lors du diagnostic complet réalisé sur un réseau de plus de 700 points de mesures par la Région Alsace.

Consulter l'inventaire 2009 de la qualité de la nappe phréatique de la plaine d'Alsace.

Préserver les sols, c’est préserver la nappe

L’utilisation excessive d’engrais ou de produits phytosanitaires, la pratique d’assolements laissant le sol nu en hiver, le retournement des prairies expliquent en majeure partie les fortes concentrations en nitrates ainsi que la présence de pesticides dans l’eau de la nappe. Les données sur les caractéristiques des sols présentées en particulier dans la série des guides des sols d'Alsace (consulter l'article), outils s'adressant notamment aux conseillers agricoles et aux professionnels de projets d'aménagement et d'utilisation des sols, sont répertoriées dans une base de données régionale gérée par l'Association pour la Relance Agronomique en Alsace (ARAA). Les données sur les formations superficielles, couches de couverture et de protection de la nappe rhénane déterminant en grande partie la nature des sols et leur qualité agricole, sont répertoriées dans la Banque Régionale de l'Aquifère Rhénan (BRAR) de la Région.

Des outils de gestion transfrontaliers pour un objectif commun

Les travaux mis en oeuvre à l'échelle transfrontalière constituent une base de coopération pour une politique commune de préservation de la nappe phréatique du Rhin supérieur, ressource en eau d'importance majeure pour un développement durable dans la vallée du Rhin supérieur. Ils sont réalisés dans le cadre des programmes de financement communautaire INTERREG, en partenariat avec les Länder du Bade-Wurtemberg, de Rhénanie-Palatinat, de Hesse, et des Cantons de Bâle-Ville et Bâle Campagne. Fruit d'un important travail multi-partenarial, les outils ainsi élaborés sont mis à la disposition des acteurs dans le domaine de l'eau pour répondre à un objectif commun :

" Permettre l’usage « eau potable » sans traitement préalable, pour les générations présentes et à venir et garantir ainsi la distribution d’eau potable à faible coût".

Qualité des eaux souterraines du Sundgau

La qualité globale des nappes du Sundgau, qui constituent localement une ressource pour l’alimentation en eau potable, est également suivie tous les 6 ans lors du diagnostic complet réalisé par la Région Alsace sur un réseau de plus de 150 points de mesures

samedi 28 avril 2018

  « L’eau va-t-elle manquer à Vittel ?
Voilà près de trente ans que Nestlé Waters puise massivement dans la nappe phréatique de Vittel, pourtant menacée d'assèchement. Une décision pourrait obliger la ville à capter son eau potable à plusieurs dizaines de kilomètres de là. Un comble pour cette ville dont la source est réputée dans le monde entier. En cause : la surexploitation de la nappe profonde des grès du Trias inférieur (GTi), qui s'étend des Vosges jusqu’au Luxembourg. Nestlé a le droit d’y puiser chaque année un million de mètres cubes d’eau pour ses bouteilles exportées à l'étranger sous la marque Vittel Bonne source et une autre société, la fromagerie Ermitage, peut puiser 600 000 mètres cubes d’eau pour son fonctionnement. À elles deux, ces entreprises consomment près de 50 % de la ressource en eau ; le reste est réservé à l’eau potable de Vittel et des communes avoisinantes.
UN DÉFICIT CHRONIQUE Or, du fait de cette utilisation industrielle massive, la nappe n'arrive plus à se régénérer. Et le fait n’est pas nouveau. « Le constat remonte à 1975, où le déficit atteignait alors 2,5 millions de nm par an. Il eat aujourd'hui stabilisé autour de 800 000 nm par an, ce qui correspond au prélèvement actuel de Neatlé », explique Jean-François Fleck, président de l'ONG Vosges nature environnement.
C’est seulement depuis 2010 que des solutions sont recherchées pour tenter d’atténuer ce déficit chronique.
Ainsi, la commission locale de l’eau a étudié divers scénarios d'économie et de transfert d’eau. Le 15 mars dernier, elle a tout bonnement proposé, comme alternative, la construction de dizaines de kilomètres de canalisations pour aller chercher l’eau potable dans les territoires voisins. Le coût serait de 15 à 30 millions d’euros sur vingt ans ; cela représente, pour le consommateur, une augmentation du prix de l’eau de 0,20 à 1€ par m° d’eau.
Pas question, en revanche, de toucher au forage de Nestlé Waters - il faut dire qu’il est légal... « On ne veut pas embêter les industriels », proteste Jean-François Fleck, qui crie au chantage économique : « Nous sommes totalement en contradiction avec la loi de 2006 qui rappelle que l'usage prioritaire des ressources en eau eat, en France, l’eau potable. » De plus, le fait de puiser l’eau ailleurs n’a pas fait l’objet d’études d'impact suffisantes, telles que l'incidence qu’il pourrait avoir sur l’étiage [NDLR : niveau moyen le plus bas des cours d’eau]. La décision finale est attendue pour le début de l’été. Il PATRICIA CHAIROPOULOS L'un des leaders du marché de l’eau en bouteille puise son eau dans une nappe menacée d’assèchement.
Comme solution, les pouvoirs locaux pourraient déporter

le captage d’eau potable.
Article L. 211-1 du code

de l’environnement : « La gestion équilibrée [NDLR :

de la ressource en eau]

doit permettre en priorité

de satisfaire les exigences de la santé, de la salubrité publique, de la sécurité civile et de l'alimentation en eau potable de la population. » » 60 millions 2018