Enfance, compétences relationnelles

Pomme d'Apie et "Et vos enfants auront une personnalité bien affirmée", Hélène MATHIEU, Marabout 2007.

Enfant-03-L'amour, ça commence dès la maternelle

Vous pensiez être tranquille jusqu’à l’adolescence… Et voilà que votre enfant vous confie qu’il est amoureux ! Quelle est la nature de ses sentiments ? Est-ce une étape de son développement ? Et surtout, faut-il s’en mêler ? Nos spécialistes répondent.

Il est amoureux, il va falloir vous faire une raison !

Vous étiez habituée à être l’unique objet d’amour de votre enfant et, désormais, il ne vous parle plus que de l’élu(e) de son cœur… N’est-il pas un peu jeune pour débuter sa vie sentimentale ? Ne confond-t-il pas amour et amitié ? Pourtant, si vos interrogations sont tout à fait naturelles, ses sentiments ne font pas l’ombre d’un doute. Ils traduisent l’attachement exclusif qu’il ressent, confirme Dana Castro, psychologue clinicienne : «Un enfant tombe amoureux dans le sens où il va vouloir passer du temps avec un autre, jouer avec lui et créer une intimité. Il s’agit bien là d’une relation différente de l’amitié.» 
 

La maternelle, l’âge d’or des premières amours…

A partir de quel âge un enfant est-il susceptible de tomber amoureux ? Pour Stéphane Clerget, pédopsychiatre, la racine de ce sentiment remonte aux premiers mois de la vie : «L’attachement du nouveau-né envers la personne qui s’occupe le plus de lui, son père ou sa mère, peut être interprété comme une forme primitive de ce sentiment».

Dans les faits, il y a peu de chances pour que votre enfant soit amoureux, ou du moins vous en fasse part, avant son entrée à l’école maternelle, vers 3 ans. Il lui faut d’abord régler le complexe d’Œdipe, une attirance pour le parent de sexe opposé qui se manifeste généralement entre 3 et 5 ans et qui organise ses émotions affectives. L’étape du premier amoureux fait donc bel et bien partie du développement du jeune enfant qui n’est ni en avance ni une exception. La psychologue Dana Castro y voit même un signe de maturité affective : «Un enfant amoureux montre qu’il peut s’investir émotionnellement en dehors de la maison et qu’il est sensible à la relation avec l’autre.»
 

Un sentiment puissant

Qu’en est-il de l’intensité de ces sentiments ? Les enfants sont-ils capables de ressentir un amour comparable à celui que nous connaissons à l’adolescence, puis adulte ? Si dans l’intensité, ces amours d’enfance sont semblables à ceux que nous vivons en tant qu’adultes, ils se différencient par l’absence de désir et de projection. 

«Un enfant amoureux est capable d’aimer intensément et peut être sensible aux symptômes amoureux comme nous. En revanche, il n’aime pas avec la même maturité affective et sexuelle qu’un adulte et n’a pas la même capacité d’élaboration. Il ne va pas ressentir d’inquiétude liée à l’évolution de son amour car il ne se projette pas», analyse Stéphane Clerget. Un amour vécu au moment présent, loin des angoisses amoureuses qu’il connaîtra certainement dans quelques années…

Ce n’est pas obligatoire

Etape du développement, la découverte des sentiments amoureux n’est, en revanche, pas un passage obligé. Si votre tout-petit semble plus intéressé par ses camarades de jeux, inutile de vous inquiéter ! « Certains enfants vont préférer rester avec des copains du même sexe qu’eux et s’investir davantage dans des relations amicales. Cela n’a rien d’anormal», rassure Béatrice Copper-Royer, psychologue clinicienne.


Si votre enfant reste silencieux à ce sujet, il est aussi possible qu’il n’ait pas conscience des sentiments qu’il ressent. Ils ne sont pas si faciles à identifier, à mi-chemin entre l’amour et l’amitié : «Un enfant qui n’a pas d’amoureux peut avoir des attachements forts vis-à-vis de ses camarades, sans ressentir un lien exclusif et profond pour l’un d’eux, ou du moins ne pas en avoir conscience. Ce n’est pas parce qu’un enfant n’a pas les mots qu’il n’a pas les sentiments, et inversement», prévient Stéphane Clerget.

 

Comment y voir plus clair dans ce flou sentimental ? En attendant que votre enfant vous en parle. Si votre petit garçon ou votre petite fille n’a pas envie de satisfaire votre curiosité, respectez son jardin secret : «Je trouve cela plutôt sain lorsque des enfants n’ont pas envie de parler de leurs éventuels amoureux. Ils ont compris qu’il y a des choses qui ne regardent qu’eux et qu’ils ne sont pas obligés de les partager avec tout le monde. C’est une preuve de maturité», analyse Béatrice Copper-Royer.

 

Page suivante : Vers 6-7 ans, des amours plus discrets

 

 

A 6-7 ans, les apprentissages priment…

Vers 6 ou 7 ans, votre enfant découvre la pudeur, physique et affective, ses amours se font plus discrets : «A cet âge, ils sont accaparés par les apprentissages qui prennent toute leur énergie. Leurs préoccupations ne sont plus amoureuses. Cela réapparaîtra à partir du CE2, surtoutchez les filles», note la psychologue Béatrice Copper-Royer.

 

Il arrive aussi que cette pause émotionnelle n’intervienne pas et que l’amour résiste au temps qui passe, souvent au grand étonnement des parents : «Depuis la maternelle, Léana est amoureuse de Karl. Elle m’en parle beaucoup et elle se projette déjà : ils habiteront à Paris et auront deux enfants», explique Sabrina, maman de Léana, 7 ans. Des confidences parfois désarmantes de certitude… à accueillir avec de la mesure, sans jamais dénigrer les sentiments de son enfant. Sabrina a trouvé ce juste équilibre entre écoute et distance : «Quand Léana me parle de Karl, je la mets en garde en lui disant qu’elle ne se mariera peut-être pas avec lui, mais je la laisse aussi un peu rêver car cela ne tourne pas à l’obsession. Parfois, elle accepte d’être l’amoureuse d’un autre garçon pendant quelque temps, même si elle revient rapidement vers Karl car les autres ne sont jamais assez bien…»

L'apprentissage du chagrin aussi

Qui dit histoire d’amour dit parfois peine de cœur. Une déconvenue qui peut être douloureuse pour votre enfant, surtout s’il s’agit d’un amour de longue date. Pour l’aider à surmonter sa peine, il est essentiel que vous la reconnaissiez sans la dévaloriser : «En tant qu’adulte, vous n’aimeriez pas entendre que ce n’est pas grave et que vous allez retrouver un(e) amoureux/se, votre enfant non plus. Il a besoin d’être rassuré et entouré», conseille Stéphane Clerget.

 

«Pour l’aider à faire face à son chagrin, vous pouvez prendre exemple sur des histoires que vous avez vécues. Comprendre qu’il n’est pas le seul à ressentir cela peut le rassurer», ajoute Dana Castro. Un chagrin d’amour douloureux, mais qui n’est pas toujours qu’une mauvaise expérience. En prenant conscience que les autres ne l’aimeront pas toujours forcément en retour, votre enfant grandit : «A travers ces frustrations, l’enfant va prendre conscience qu’il n’est pas tout puissant. Une déconvenue amoureuse ou amicale, si elle est bien accompagnée par les parents, lui permettra de vivre plus facilement les déceptions de sa vie future»,  explique Stéphane Clerget.


Le premier amoureux donnerait-il le ton de notre future vie sentimentale ? Heureusement, non ! «Les premières expériences amoureuses sont importantes, mais il ne faut pas leur donner plus de poids qu’elles n’en ont. Les deuxième et troisième histoires d’amour en auront aussi, quel que soit l’âge auquel elles arrivent. Une mauvaise expérience peut se rattraper avec les suivantes et inversement», rassure le spécialiste.

 

Seule certitude concernant les amours d’enfance : leur empreinte sur notre mémoire émotionnelle et affective : «Ce premier amoureux nous marque car c’est la première personne qui nous détourne de l’amour que nous portons à nos parents», conclut Béatrice Copper-Royer. Une raison de plus de le prendre au sérieux.

 

Le 5 avril 2014 
Stéphanie Letellier
© Enfant magazine


Enfant-03-être amoureux

Dès la maternelle, l’amour intéresse les enfants. Des histoires de cœur peuvent circuler dans la cour de récréation et des petits couples se former. Comment comprendre ces amours enfantines ? La rédaction de Pomme d’Api a interviewé le pédopsychiatre Michaël Larrar.

Est-ce qu’un petit enfant est amoureux comme peut l’être un adulte ?

Michaël Larrar : L'amour chez les petits de maternelle n'a pas grand-chose à voir avec le sentiment amoureux chez les adultes. Entre 3 et 6 ans, un enfant est dans une période d'identification très forte à ses parents et à leur couple : quand il a une amoureuse ou un amoureux, c'est avant tout pour les imiter. 

On est très proche du jeu de “faire semblant”. Il n'a donc pas obligatoirement une véritable attirance pour cet autre enfant, ne passe pas forcément beaucoup de temps avec lui ou avec elle, ne ressent pas un fort manque quand il ou elle n'est pas là. 

Si ses parents sont séparés, former un “petit couple” peut également le rassurer, lui donner un ancrage hors de sa famille pour l'instant malmenée. Mais là encore, peu importe l'élu(e) : ce qui compte c'est de “faire couple”, de créer une sorte d'objet transitionnel, comme un doudou. Souvent aussi à cet âge, il peut y avoir uneconfusion entre l'amour et l'amitié : n'ayant pas vraiment de mot pour décrire une amitié avec un enfant de l'autre sexe, il appelle ça de l'amour… même si ça n'en est pas.

P. d’A. : Est-on toujours au courant ou les amours enfantines peuvent-elles être secrètes ?

M. L. : Le plus souvent, les parents sont au courant car leur enfant éprouve beaucoup de plaisir et de fierté à leur montrer qu'il est amoureux : pour lui, cet amour signe uneidentification réussie à son papa et sa maman

Fréquemment aussi, ce sont les parents eux-mêmes ou l'entourage adulte qui posent la question : alors, tu as un(e) amoureux(se) ? En répondant oui, il a l'impression de les satisfaire, il est donc rare qu'il le cache ! Et puis en pleine période œdipienne, afficher son amour pour un petit copain ou une petite copine devant ses parents lui permet de leur envoyer un message : j'ai bien compris que je ne peux pas être amoureux de l'un de vous d'eux, alors j'ai trouvé quelqu'un d'autre.

P. d’A. : Y a-t-il une dimension sexuelle dans les amours enfantines ?

M. L. : Pas au sens adulte avec un désir de faire l'amour. Mais on le sait bien, cet âge est celui des pulsions et d'un grand appétit de sensations corporelles. Donc il peut exister dans certaines relations amoureuses enfantines une forte excitation physique : les petits amoureux se tiennent la main, se touchent, se font des bisous

Ils le font avec beaucoup de spontanéité, sans peur de mal faire ou d'avoir de mauvais gestes : pour l'instant, ils ne sont pas encore conscients des pulsions qui les animent, ne les ont pas encore refoulées, comme cela sera le cas vers 6 ans, au CP.

 

Education de l’enfant : quelle importance accorder aux amours des petits ?

Pomme d’Api : Faut-il prendre cette relation au sérieux, l’encourager ou au contraire la relativiser ?

Michaël Larrar : D'une manière générale, il faut laisser les choses se faire naturellement. C'est-à-dire écouter son enfant s'il a envie de parler de son amoureux(se) mais ne pas aller chercher ses confidences, ne pas les provoquer. 

Trop de questions, même sur un ton que l'on pense léger (“Vous allez vous marier ?” “Vous voulez combien d'enfants”) seraient dérangeantes pour l'enfant : elles sont lesprojections d'un psychisme d'adulte. Un psychisme de petit enfant aurait beaucoup de mal à les digérer.

P. d’A. : Comment le consoler en cas de chagrin d’amour ?

M. L. : Voilà encore une chose qui distingue l'amour à l'âge de la maternelle de l'amour adulte : les chagrins d'amour sont très rares, beaucoup plus par exemple que leschagrins d'amitié qui peuvent prendre des proportions énormes.

L'amoureux(se) éconduit trouve en général un(e) autre élu(e) dans la journée, parfois même sans lui avoir demandé son avis ! Car encore une fois, ce qui compte pour lui est de pouvoir se prétendre amoureux, pas forcément de l'être.

P. d’A. : Ces amours infantiles auront-elles une influence sur sa vie affective future ?

M. L. : Toute expérience relationnelle et affective vécue dans l'enfance façonne bien sûr l'adulte de demain. Si un enfant a connu un amour partagé, que cela a été l'occasion de moments agréables, il aura plus tard à l'esprit que l'amour a du bon et mérite d'être recherché. 

Mais il faut cependant relativiser le poids des amours infantiles. Car c'est avant tout le modèle du couple parental qui influence de manière forte la vie amoureuse future de l'enfant : ses parents ont-ils l'air bien ensemble, joyeux, complices, heureux ? Ces images le marquent durablement.

P. d’A. : Que ressent-il quand il voit ses parents s’embrasser sur la bouche ?

M. L. : Beaucoup d'ambivalence. Une partie de son psychisme est content car cela signe une ambiance familiale heureuse, un amour présent et rassurant entre ses parents. Mais en même temps, ce baiser brise le cœur de l'enfant œdipien qui se sent abandonné, rejeté, trompé. 

Il existe aussi une dimension de curiosité : que se passe-t-il dans le lit de Papa et Maman après le bisou ? D'où l'importance pour les parents de rester dans la nuance, dene pas se cacher sans pour autant se donner en spectacle ! 

Un enfant qui ne verrait jamais ses parents s'embrasser pourrait nourrir la croyance que les adultes ne se touchent jamais, et ne disposerait pas de tous les éléments pourse développer harmonieusement. Mais à l'inverse, face à trop de sensualité, il pourrait ressentir une excitation sexuelle trop forte ou au contraire une inhibition, sidéré par ce qu'il voit.

 

Le 21 février 2012 Michaël Larrar, pédopsychiatre, propos recueillis par Isabelle Gravillon, Pomme d’Api, cahier Parents, mars 2012


Les objectifs éducatifs pour relever les défis du monde de demain:

Le moi debout

Le moi est une partie de la personnalité qui sais ce qu'elle fait et s'adapte quand nécessaire.

Partie "reflechie" déterminée de la personnalité -sans doute en lien avec les théories du "self"-. Contrairement à l'identité le "moi" est en partie projectif, c'est celui que je crois être ou celui que je souhaiterais devenir.

Les enfants doivent avant tout être proche d'eux-même, en mesure d'éprouver leur "authenticité". Un moi informé et conscient de ce "qu'il est"  permet à un l'enfant de s'affirmer.

L'ignorance de ce "moi" conduit à différents déboires:

  • le repli (couché)
  • la suceptibilité (le cactus)
  • L'agressif dominateur (le scud)

L'affirmation de la personnalité

Elle s'appuie sur deux types de compétences au quotidien il s'agit d'un individu dont on dit qu'il est lumineux et dégourdis:

  • Le savoir être

Serein, Determiné et Authentique.

  • Le savoir- faire

Actif et Attentif

L'intelligence humaine

  • L'intelligence de soi

    • Construire les repères de vos enfants
    • aidez vos enfants à se révéler
    • la timidité n'est pas une fatalité
  • L'intelligence de l'autre et de la relation

    • se séparer pour devenir ensemble
    • vivez l'empathie et métacommuniquez
  • L'intelligence collective (le groupe)

    • Fratrie, classe et cours de récré
    • Devenir un leader positif

La démarche du parent

  • Prendre conscience (s'informer:  les points infos)

  • Traduire en acte (transposer, parent test)

  • Transmettre (exercer, coach)

Est-ce qu’un petit enfant est amoureux comme peut l’être un adulte ?

Michaël Larrar : L'amour chez les petits de maternelle n'a pas grand-chose à voir avec le sentiment amoureux chez les adultes. Entre 3 et 6 ans, un enfant est dans une période d'identification très forte à ses parents et à leur couple : quand il a une amoureuse ou un amoureux, c'est avant tout pour les imiter. 

On est très proche du jeu de “faire semblant”. Il n'a donc pas obligatoirement une véritable attirance pour cet autre enfant, ne passe pas forcément beaucoup de temps avec lui ou avec elle, ne ressent pas un fort manque quand il ou elle n'est pas là. 

Si ses parents sont séparés, former un “petit couple” peut également le rassurer, lui donner un ancrage hors de sa famille pour l'instant malmenée. Mais là encore, peu importe l'élu(e) : ce qui compte c'est de “faire couple”, de créer une sorte d'objet transitionnel, comme un doudou. Souvent aussi à cet âge, il peut y avoir uneconfusion entre l'amour et l'amitié : n'ayant pas vraiment de mot pour décrire une amitié avec un enfant de l'autre sexe, il appelle ça de l'amour… même si ça n'en est pas.

P. d’A. : Est-on toujours au courant ou les amours enfantines peuvent-elles être secrètes ?

M. L. : Le plus souvent, les parents sont au courant car leur enfant éprouve beaucoup de plaisir et de fierté à leur montrer qu'il est amoureux : pour lui, cet amour signe uneidentification réussie à son papa et sa maman

Fréquemment aussi, ce sont les parents eux-mêmes ou l'entourage adulte qui posent la question : alors, tu as un(e) amoureux(se) ? En répondant oui, il a l'impression de les satisfaire, il est donc rare qu'il le cache ! Et puis en pleine période œdipienne, afficher son amour pour un petit copain ou une petite copine devant ses parents lui permet de leur envoyer un message : j'ai bien compris que je ne peux pas être amoureux de l'un de vous d'eux, alors j'ai trouvé quelqu'un d'autre.

P. d’A. : Y a-t-il une dimension sexuelle dans les amours enfantines ?

M. L. : Pas au sens adulte avec un désir de faire l'amour. Mais on le sait bien, cet âge est celui des pulsions et d'un grand appétit de sensations corporelles. Donc il peut exister dans certaines relations amoureuses enfantines une forte excitation physique : les petits amoureux se tiennent la main, se touchent, se font des bisous

Ils le font avec beaucoup de spontanéité, sans peur de mal faire ou d'avoir de mauvais gestes : pour l'instant, ils ne sont pas encore conscients des pulsions qui les animent, ne les ont pas encore refoulées, comme cela sera le cas vers 6 ans, au CP.

 

Education de l’enfant : quelle importance accorder aux amours des petits ?

Pomme d’Api : Faut-il prendre cette relation au sérieux, l’encourager ou au contraire la relativiser ?

Michaël Larrar : D'une manière générale, il faut laisser les choses se faire naturellement. C'est-à-dire écouter son enfant s'il a envie de parler de son amoureux(se) mais ne pas aller chercher ses confidences, ne pas les provoquer. 

Trop de questions, même sur un ton que l'on pense léger (“Vous allez vous marier ?” “Vous voulez combien d'enfants”) seraient dérangeantes pour l'enfant : elles sont lesprojections d'un psychisme d'adulte. Un psychisme de petit enfant aurait beaucoup de mal à les digérer.

P. d’A. : Comment le consoler en cas de chagrin d’amour ?

M. L. : Voilà encore une chose qui distingue l'amour à l'âge de la maternelle de l'amour adulte : les chagrins d'amour sont très rares, beaucoup plus par exemple que leschagrins d'amitié qui peuvent prendre des proportions énormes.

L'amoureux(se) éconduit trouve en général un(e) autre élu(e) dans la journée, parfois même sans lui avoir demandé son avis ! Car encore une fois, ce qui compte pour lui est de pouvoir se prétendre amoureux, pas forcément de l'être.

P. d’A. : Ces amours infantiles auront-elles une influence sur sa vie affective future ?

M. L. : Toute expérience relationnelle et affective vécue dans l'enfance façonne bien sûr l'adulte de demain. Si un enfant a connu un amour partagé, que cela a été l'occasion de moments agréables, il aura plus tard à l'esprit que l'amour a du bon et mérite d'être recherché. 

Mais il faut cependant relativiser le poids des amours infantiles. Car c'est avant tout le modèle du couple parental qui influence de manière forte la vie amoureuse future de l'enfant : ses parents ont-ils l'air bien ensemble, joyeux, complices, heureux ? Ces images le marquent durablement.

P. d’A. : Que ressent-il quand il voit ses parents s’embrasser sur la bouche ?

M. L. : Beaucoup d'ambivalence. Une partie de son psychisme est content car cela signe une ambiance familiale heureuse, un amour présent et rassurant entre ses parents. Mais en même temps, ce baiser brise le cœur de l'enfant œdipien qui se sent abandonné, rejeté, trompé. 

Il existe aussi une dimension de curiosité : que se passe-t-il dans le lit de Papa et Maman après le bisou ? D'où l'importance pour les parents de rester dans la nuance, dene pas se cacher sans pour autant se donner en spectacle ! 

Un enfant qui ne verrait jamais ses parents s'embrasser pourrait nourrir la croyance que les adultes ne se touchent jamais, et ne disposerait pas de tous les éléments pourse développer harmonieusement. Mais à l'inverse, face à trop de sensualité, il pourrait ressentir une excitation sexuelle trop forte ou au contraire une inhibition, sidéré par ce qu'il voit.

 

Le 21 février 2012 Michaël Larrar, pédopsychiatre, propos recueillis par Isabelle Gravillon, Pomme d’Api, cahier Parents, mars 2012

Il est amoureux, il va falloir vous faire une raison !

Vous étiez habituée à être l’unique objet d’amour de votre enfant et, désormais, il ne vous parle plus que de l’élu(e) de son cœur… N’est-il pas un peu jeune pour débuter sa vie sentimentale ? Ne confond-t-il pas amour et amitié ? Pourtant, si vos interrogations sont tout à fait naturelles, ses sentiments ne font pas l’ombre d’un doute. Ils traduisent l’attachement exclusif qu’il ressent, confirme Dana Castro, psychologue clinicienne : «Un enfant tombe amoureux dans le sens où il va vouloir passer du temps avec un autre, jouer avec lui et créer une intimité. Il s’agit bien là d’une relation différente de l’amitié.» 
 

La maternelle, l’âge d’or des premières amours…

A partir de quel âge un enfant est-il susceptible de tomber amoureux ? Pour Stéphane Clerget, pédopsychiatre, la racine de ce sentiment remonte aux premiers mois de la vie : «L’attachement du nouveau-né envers la personne qui s’occupe le plus de lui, son père ou sa mère, peut être interprété comme une forme primitive de ce sentiment».

Dans les faits, il y a peu de chances pour que votre enfant soit amoureux, ou du moins vous en fasse part, avant son entrée à l’école maternelle, vers 3 ans. Il lui faut d’abord régler le complexe d’Œdipe, une attirance pour le parent de sexe opposé qui se manifeste généralement entre 3 et 5 ans et qui organise ses émotions affectives. L’étape du premier amoureux fait donc bel et bien partie du développement du jeune enfant qui n’est ni en avance ni une exception. La psychologue Dana Castro y voit même un signe de maturité affective : «Un enfant amoureux montre qu’il peut s’investir émotionnellement en dehors de la maison et qu’il est sensible à la relation avec l’autre.»
 

Un sentiment puissant

Qu’en est-il de l’intensité de ces sentiments ? Les enfants sont-ils capables de ressentir un amour comparable à celui que nous connaissons à l’adolescence, puis adulte ? Si dans l’intensité, ces amours d’enfance sont semblables à ceux que nous vivons en tant qu’adultes, ils se différencient par l’absence de désir et de projection. 

«Un enfant amoureux est capable d’aimer intensément et peut être sensible aux symptômes amoureux comme nous. En revanche, il n’aime pas avec la même maturité affective et sexuelle qu’un adulte et n’a pas la même capacité d’élaboration. Il ne va pas ressentir d’inquiétude liée à l’évolution de son amour car il ne se projette pas», analyse Stéphane Clerget. Un amour vécu au moment présent, loin des angoisses amoureuses qu’il connaîtra certainement dans quelques années…

Ce n’est pas obligatoire

Etape du développement, la découverte des sentiments amoureux n’est, en revanche, pas un passage obligé. Si votre tout-petit semble plus intéressé par ses camarades de jeux, inutile de vous inquiéter ! « Certains enfants vont préférer rester avec des copains du même sexe qu’eux et s’investir davantage dans des relations amicales. Cela n’a rien d’anormal», rassure Béatrice Copper-Royer, psychologue clinicienne.


Si votre enfant reste silencieux à ce sujet, il est aussi possible qu’il n’ait pas conscience des sentiments qu’il ressent. Ils ne sont pas si faciles à identifier, à mi-chemin entre l’amour et l’amitié : «Un enfant qui n’a pas d’amoureux peut avoir des attachements forts vis-à-vis de ses camarades, sans ressentir un lien exclusif et profond pour l’un d’eux, ou du moins ne pas en avoir conscience. Ce n’est pas parce qu’un enfant n’a pas les mots qu’il n’a pas les sentiments, et inversement», prévient Stéphane Clerget.

 

Comment y voir plus clair dans ce flou sentimental ? En attendant que votre enfant vous en parle. Si votre petit garçon ou votre petite fille n’a pas envie de satisfaire votre curiosité, respectez son jardin secret : «Je trouve cela plutôt sain lorsque des enfants n’ont pas envie de parler de leurs éventuels amoureux. Ils ont compris qu’il y a des choses qui ne regardent qu’eux et qu’ils ne sont pas obligés de les partager avec tout le monde. C’est une preuve de maturité», analyse Béatrice Copper-Royer.

 

Page suivante : Vers 6-7 ans, des amours plus discrets

 

 

A 6-7 ans, les apprentissages priment…

Vers 6 ou 7 ans, votre enfant découvre la pudeur, physique et affective, ses amours se font plus discrets : «A cet âge, ils sont accaparés par les apprentissages qui prennent toute leur énergie. Leurs préoccupations ne sont plus amoureuses. Cela réapparaîtra à partir du CE2, surtoutchez les filles», note la psychologue Béatrice Copper-Royer.

 

Il arrive aussi que cette pause émotionnelle n’intervienne pas et que l’amour résiste au temps qui passe, souvent au grand étonnement des parents : «Depuis la maternelle, Léana est amoureuse de Karl. Elle m’en parle beaucoup et elle se projette déjà : ils habiteront à Paris et auront deux enfants», explique Sabrina, maman de Léana, 7 ans. Des confidences parfois désarmantes de certitude… à accueillir avec de la mesure, sans jamais dénigrer les sentiments de son enfant. Sabrina a trouvé ce juste équilibre entre écoute et distance : «Quand Léana me parle de Karl, je la mets en garde en lui disant qu’elle ne se mariera peut-être pas avec lui, mais je la laisse aussi un peu rêver car cela ne tourne pas à l’obsession. Parfois, elle accepte d’être l’amoureuse d’un autre garçon pendant quelque temps, même si elle revient rapidement vers Karl car les autres ne sont jamais assez bien…»

L'apprentissage du chagrin aussi

Qui dit histoire d’amour dit parfois peine de cœur. Une déconvenue qui peut être douloureuse pour votre enfant, surtout s’il s’agit d’un amour de longue date. Pour l’aider à surmonter sa peine, il est essentiel que vous la reconnaissiez sans la dévaloriser : «En tant qu’adulte, vous n’aimeriez pas entendre que ce n’est pas grave et que vous allez retrouver un(e) amoureux/se, votre enfant non plus. Il a besoin d’être rassuré et entouré», conseille Stéphane Clerget.

 

«Pour l’aider à faire face à son chagrin, vous pouvez prendre exemple sur des histoires que vous avez vécues. Comprendre qu’il n’est pas le seul à ressentir cela peut le rassurer», ajoute Dana Castro. Un chagrin d’amour douloureux, mais qui n’est pas toujours qu’une mauvaise expérience. En prenant conscience que les autres ne l’aimeront pas toujours forcément en retour, votre enfant grandit : «A travers ces frustrations, l’enfant va prendre conscience qu’il n’est pas tout puissant. Une déconvenue amoureuse ou amicale, si elle est bien accompagnée par les parents, lui permettra de vivre plus facilement les déceptions de sa vie future»,  explique Stéphane Clerget.


Le premier amoureux donnerait-il le ton de notre future vie sentimentale ? Heureusement, non ! «Les premières expériences amoureuses sont importantes, mais il ne faut pas leur donner plus de poids qu’elles n’en ont. Les deuxième et troisième histoires d’amour en auront aussi, quel que soit l’âge auquel elles arrivent. Une mauvaise expérience peut se rattraper avec les suivantes et inversement», rassure le spécialiste.

 

Seule certitude concernant les amours d’enfance : leur empreinte sur notre mémoire émotionnelle et affective : «Ce premier amoureux nous marque car c’est la première personne qui nous détourne de l’amour que nous portons à nos parents», conclut Béatrice Copper-Royer. Une raison de plus de le prendre au sérieux.

 

Le 5 avril 2014 
Stéphanie Letellier
© Enfant magazine

 

On entend dire par les enseignants qu’il est de plus en plus difficile de demander des efforts aux enfants, ce qui ne simplifie pas les apprentissages. Comment expliquer leur attitude ? L’éducation des parents peut-elle, et doit-elle, y changer quelque chose ? Le point avec la psychanalyste Claude Halmos.

 

Est-ce indispensable de donner le goût de l’effort à nos enfants ?

Claude Halmos : “L'apprentissage de l'effort est absolument essentiel pour un enfant. Aucun apprentissage ne se fait sans effort. Il est très important de dire à l'enfant que personne n'échappe à l'effort, y compris les adultes. L'enfant, persuadé qu'un adulte sait tout, est à mille lieues d'imaginer que l'adulte aussi a dû faire l'effort d'apprendre. L'apprentissage de l'effort est d'autant plus essentiel aussi qu'à trois ou quatre ans, l'enfant est encore dans la pensée magique. 

À cet âge, il s'imagine qu'il suffit de penser à quelque chose très fort pour que son désir se réalise. Dans cette logique-là, à quoi bon faire des efforts ? Justement, faire des efforts montre à l'enfant que la vie n'est pas magique, et cet apprentissage va l'aider à passer de l'imaginaire au principe de réalité, et ainsi, à grandir.”
Mais l’effort, ça s’apprend ?

C. H. : “L'effort n'est pas inné. Personne n'aime l'effort et encore moins un enfant, qui est par essence dans le principe de plaisir et la satisfaction immédiate. L'effort s'apprend très jeune, dès deux ans et demi, au moment où l'enfant est ‘techniquement’ prêt pour l'apprentissage de l'autonomie (enfiler son manteau tout seul, mettre ses chaussures ou ranger ses jouets). Ensuite, à nous, ses parents, de l'encourager et de le soutenir dans cet apprentissage de l'autonomie qui va de pair avec l'apprentissage de l'effort.

Un enfant qui s'habille seul ou qui tient bien sa fourchette a réussi quelque chose et surtout, il s'est prouvé qu'il pouvait y arriver. L'effort est ainsi facteur d'estime de soi. Mais si l'enfant échoue, il ne faut pas hésiter à lui expliquer que ce n'est pas grave et que tout apprentissage se fait par une suite de paliers et d'échecs. L'important est ailleurs : il s'est donné un but et il a tout mis en œuvre pour y parvenir.”

La réussite ne s’obtient pas d’un coup de baguette magique !


 Partager vos questions et réactions

Aujourd'hui de nombreux parents préfèrent agir à la place de leur enfant en croyant l'aider. C’est un piège, car c’est justement en lui expliquant les vertus de l'effort, que l'enfant deviendra autonome et apprendra à avoir confiance en lui.


Pourquoi est-ce parfois difficile de demander un effort à son enfant ?
Claude Halmos : “Certains parents pensent que demander un effort à leurs enfants, ce serait les rendre malheureux. Souvent, ils n'osent pas poser de limites. Pourtant, l'effort n'est qu'un désagrément provisoire qui, au bout du compte, ne rend pas les enfants malheureux, puisqu'il leur procure de nombreux bénéfices. Et même, une fois qu'ils ont compris, les enfants se mettent à aimer l'effort parce qu'il mène à la réussite qui rend fier de soi ! Je rencontre de nombreux enfants qui n'arrivent pas à s'intégrer à l'école – alors qu'ils en seraient capables – parce que leurs parents font tout à leur place. 

Mon travail est d'aider les parents à laisser les enfants agir seuls. Les enfants se rendent compte aussi qu'ils sont beaucoup plus capables qu'ils ne le pensaient. Et l'école ne leur semble plus une épreuve insurmontable. Je leur précise toujours que, même quand on est adulte, on doit travailler si on veut obtenir un résultat. Un enfant à qui l'on dit : “Le steak haché que tu as mangé à midi, tu crois qu'il a sonné à la porte et qu'il a sauté tout seul dans la poêle ?” comprend très bien que sa mère, si puissante soit-elle, n'a pas, elle non plus, de baguette magique…”
Comment convaincre les enfants que l’effort est indispensable ?
C. H. : “L'adulte doit d'abord justifier l'effort qu'il demande aux enfants. S'il se contente d'une explication vague du type : “Il faut faire des efforts, c'est comme ça”, l'enfant ne comprendra pas la nécessité de fournir un effort. Alors que si on lui explique clairement que l'effort est indispensable et qu'il y a du plaisir derrière, l'enfant y consent plus facilement.

On peut aussi lui donner des exemples concrets, comme celui des sportifs. Avant de marquer des buts, un footballeur a dû s'entraîner pendant des heures et rater beaucoup de tirs ! Avec cet exemple, l'enfant peut comprendre que faire un effort, c'est aussi apprendre le plaisir de bien faire, le plaisir de mieux faire et le plaisir de découvrir des plaisirs nouveaux : le plaisir de lire un livre, après des mois d'apprentissage de la lecture, le plaisir de jouer un air au piano, après l'effort des gammes… Ou tout simplement, quand l'enfant est plus petit, le plaisir –  et la fierté – d'avoir bien boutonné son manteau plutôt que tout de travers. L'adulte peut ainsi lui faire découvrir que l'effort est la clé du monde.

Le 6 janvier 2014 
Sophie Furlaud et Claude Halmos
Faire des efforts, c’est grandir !
Si un enfant croit encore que l’effort ne sert qu’à faire plaisir aux adultes, ou à obtenir une récompense, c’est qu’il n'a pas encore compris le vrai sens de l’effort. Les conseils de Claude Halmos pour lui donner le goût de la réussite et de la satisfaction personnelle.

Les enfants disent souvent faire des efforts “pour faire plaisir aux parents, à la maîtresse”. Comment réagir ?
Claude Halmos : “Je pense qu'il faut expliquer à l'enfant que lorsqu'on fournit un effort, ce n'est pas pour faire plaisir, mais pour soi, pour être grand dans sa tête. Sans compter que si l'enfant fait des efforts pour faire plaisir à ses parents, en cas d'échec, c'est très culpabilisant.”
Quand on leur parle d’effort, certains enfants répondent récompenses… 
C. H. : “Il ne faut pas confondre apprentissage de l'effort et dressage. On ne peut pas convaincre un enfant de faire un effort en lui faisant miroiter une récompense. Un enfant doit faire un effort parce que l'effort fait partie de son travail d'enfant, c'est-à-dire aller à l'école et grandir. 

En ce sens, l'effort est l'aboutissement de son travail, comme le pain est celui du boulanger. La seule récompense valable et structurante, c'est la réussite – partielle dans un premier temps, puis totale – que l'effort permet d'obtenir.
Le témoignage d’une enseignante en maternelle à Paris
Stéphanie Grison : “Pour solliciter leur goût de l'effort, je travaille sur des situations pratiques comme mettre son manteau, se laver les mains correctement ou faire fonctionner une fermeture éclair… et je persiste jusqu'à la réussite. Je vois beaucoup d'enfants qui se contentent de l'approximation (les manteaux ne sont pas fermés, les mains ne sont pas bien lavées…) et on retrouve ce comportement chez certains enfants dans les apprentissages dits “scolaires”.

Je préfère donc leur donner un “travail” court qui sera correctement mené à terme et augmenter progressivement l'effort à fournir. Par exemple : une demi-série de boucles réussie en graphisme vaut mieux qu'une série entièrement bâclée.

Avant chaque activité, quand on explique la consigne, les enfants disent pourquoi ils ont envie de bien faire : pour montrer aux parents le soir, pour que ce soit accroché dans la classe, pour pouvoir le faire tout seul à la maison. Après chaque atelier, on se regroupe sur les bancs, et les enfants expliquent comment ils ont réussi l'activité demandée : “Je suis resté calme, j'ai pensé que mon travail devait être très beau pour qu'on le présente en grand groupe…” Les autres élèves comprennent que cette réussite n'est pas “tombée du ciel”, qu'elle a demandé un effort et une vraie volonté de réussir.”

Le 6 janvier 2014 
Sophie Furlaud et Claude Halmos
 

Mauvais rêves, cauchemars… en ce moment, les nuits de votre enfant ne sont pas de tout repos ! En sueur et en pleurs, il se réveille assailli par des monstres et araignées hideuses. Au cas par cas, les solutions de notre spécialiste, Estelle Nicoud, psychologue clinicienne.

Un cauchemar de temps en temps…
Il est tout à fait normal de cauchemarder ponctuellement. Tout comme le rêve, le cauchemar fait partie de l’activité onirique qui se déroule durant la phase de sommeil paradoxal. Tous deux ont des fonctions extrêmement utiles, celles de délivrer des messages de l’inconscient qui expriment les préoccupations, les angoisses et l’agressivité de votre enfant et de régler des conflits internes. Si le rêve, plus agréable, est le gardien du sommeil, le cauchemar, plus pénible à supporter, contraint généralement à se réveiller. 


Ce qu’il faut faire. Evitez de vous montrer exaspérée parce qu’il trouble votre sommeil. Rassurez-le et montrez-lui que vous le prenez au sérieux. Demandez-lui de vous raconter son cauchemar.


Ce qu’il faut lui dire. « Tu as fait un mauvais rêve, mais rassure-toi, tout va bien. Aucun monstre ne peut te faire de mal, je suis là. »
 

Des visions très effrayantes !
Le sommeil de votre enfant n’est pas seulement contrarié par cet empêcheur de dormir profond. Il est hanté par des images terrifiantes et parfois très violentes. C’est normal, le cauchemar est un rêve à forte charge anxieuse. Eléments et contrariétés de la vie quotidienne y sont transformés. Ainsi, le maître, lui ayant fait dans la journée quelques remontrances qui l’auront chagriné, pourra éventuellement se transformer en un dragon assoiffé de sang !


Ce qu’il faut faire. Respectez son angoisse. Les monstres non identifiés qu’il a dans la tête sont bel et bien réels pour lui, alors ne les niez pas. Nul besoin pour autant de chercher à le décortiquer et de vous précipiter chez le psy.


Ce qu’il faut lui dire. « Tu veux bien me le raconter. Ça m’intéresse de savoir ce qui a bien pu t’effrayer et te mettre dans cet état. »


Des mauvais rêves un peu trop souvent
Parfois, les cauchemars ont tendance à se répéter sur une longue durée. Ils sont le signe d’une grosse angoisse, d’un blocage qui n’arrive pas à passer. Ils s’accompagnent souvent de changements de comportement. Si votre enfant appréhende l’arrivée de la nuit et retarde le moment du coucher, c’est qu’il lance des signes d’appel qu’il ne faut pas minimiser. 


Ce qu’il faut faire. Aidez-le à dénouer ce gros nœud qui lui empoisonne la vie : prenez rendez-vous avec un psychologue.


Ce qu’il faut lui dire. « Si tu es d’accord, nous irons voir quelqu’un qui va t’aider à comprendre ce qui t’inquiète et t’empêche de passer de bonnes nuits. » 

« Du jour au lendemain, ma fille s’est mise à faire des cauchemars régulièrement. Au début, je ne me suis pas inquiétée. Le phénomène s’installait. Pire, Gina angoissait au moment d’aller se coucher et se réveillait totalement terrorisée. J’ai décidé de l’emmener consulter un psy. Ses cauchemars étaient liés à une angoisse due à une fausse couche que j’avais faite très précocement. Depuis, son petit frère était né. J’étais à mille lieux d’imaginer que cet épisode que je pensais anecdotique avait autant affecté ma grande fille ! »  

Jeanne, maman de Gina, 8 ans.
 

Le matin, plus question d’habiller votre enfant : il veut désormais le faire tout seul ! Comment encourager, sans s’impatienter, cette envie d’autonomie qui montre qu’il grandit ? Explications et conseils de Christine Brunet, psychologue.

Encouragez votre enfant
Le désir de votre enfant de s'habiller tout seul est une excellente nouvelle, le signe qu'il a envie de grandir, qu’il s'identifie à ses parents, à ses grands frères et sœurs. Il s'inscrit dans une dynamique positive qui demande à être soutenue et encouragée. 

Si vers 3 ans il n'en prenait pas l'initiative, il serait judicieux de le solliciter, de lui expliquer que s'habiller est une affaire qui le concerne. Peut-être ne l'a-t-il pas compris.
Jouez avec lui
Les jeux de motricité fine (enfiler des perles sur un fil, encastrer des formes dans une boîte, réaliser des puzzles…), et les jeux de coordination (taper dans les mains selon des séquences répétitives) l'aideront à gagner en adresse et faciliteront ses gestes pour s’habiller : attacher les scratchs de ses chaussures, insérer un bouton dans la boutonnière, remonter une fermeture Éclair, enfiler une manche.
Organisez-vous
Évidemment, quand un tout-petit s'habille seul, cela prend du temps, surtout le matin lorsqu'on est pressé ! La solution ? S'organiser. 

La veille, choisir des habits pratiques à enfiler, les ranger sur une chaise à sa hauteur et dans le bon ordre pour éviter qu'il enfile le pantalon avant le slip, ou les collants avant la culotte ! Et le réveiller 10 minutes plus tôt.
Accompagnez-le
Plutôt que de trépigner parce que leur petit apprenti ne s'habille pas assez vite, les parents peuvent opter pour la collaboration : il enfile une chaussette, son papa ou sa maman enfile l'autre. Ils sont alors dans le partage et s'amusent tout en gagnant du temps ! 

Ainsi, l'enfant comprend que même s'il a envie de grandir, il pourra toujours compter sur ses parents.

Trouvez une autre complicité
S'il veut s'habiller seul, c'est qu'il grandit et qu'il a donc un peu moins besoin de ses parents. C'est beaucoup de fierté pour eux, bien sûr, mais aussi un pincement au cœur et une pointe de nostalgie face au temps qui passe si vite ! 

Que les parents se rassurent : même s'ils n'habillent plus leur tout-petit, ils peuvent maintenir avec lui une tendre complicité par bien d'autres biais : en lui faisant des gros câlins à d'autres moments, en jouant avec lui, en lui lisant des histoires… Petit à petit, la proximité avec son enfant devient de moins en moins physique, c'est dans l'ordre des choses.
Acceptez ses erreurs
Parfois, les boutons seront décalés ou les chaussettes en tire-bouchon. Est-ce grave ? S'il peine à enfiler sa chaussure droite parce qu'il tente d'y mettre son pied gauche, les parents peuvent rectifier en douceur : “J'ai l'impression qu'il vaudrait mieux essayer avec l'autre pied.” Surtout ne pas se moquer car il pourrait perdre confiance en lui.
Prenez le relais
Un jour, il a envie de s'habiller seul, le lendemain, il ne veut même pas en entendre parler. Grandir et faire tout seul, c'est parfois angoissant. 

Un petit enfant a besoin de plages de répit durant lesquelles ses parents reprennent en charge l'habillement, le temps qu'il manifeste à nouveau l'envie de se débrouiller comme un grand.

Le 29 janvier 2014 Propos de Christine Brunet, psychologue, recueillis par Isabelle Gravillon, supplément parents du magazine Popi de septembre 2013

Votre enfant ne tient pas en place, court, saute, s’énerve… Cette perpétuelle agitation n’est pas une fatalité. Nos conseils pour aider votre tout-petit à trouver le calme.

Les mots qui calment

Ma voisine Fanélie est mère de 4 enfants âgés de 2, 4, 7 et 9 ans. Quand l'un d'entre eux est irritable, ne tient pas en place et papillonne, elle y voit le plus souvent “un manque de sécurité intérieure, une difficulté à trouver sa place parmi nous six”. 

Dans ces cas-là, elle tâche de lui consacrer un temps d'attention exclusive : faire ensemble un gâteau, un jeu… et chercher à mettre des mots sur ce qu'il ressent : “Tu trouves peut-être que je ne passe pas beaucoup de temps avec toi ?” etc. 

En général, relate-t-elle, “je sens quand je touche le point sensible. Et les enfants savent très bien dire si l'on fait fausse route dans nos interprétations ! Quand je ne vois pas ce qui cloche et quand mon enfant ne sait pas me le dire, je passe beaucoup par le toucher : porter, câliner, faire un petit massage, comme pour l'ancrer dans le sol et lui dire : nous sommes là, tu peux compter sur nous.”

Les larmes qui calment

Depuis la sortie de l'école, rien ne va pour Solange, ma fille de 5 ans : les lacets sont mal noués, le goûter n'est pas bon, le passage piéton est trop loin. Donner la main ? Non ! Marcher toute seule ? Non ! Fermer son manteau ? Non ! 

L'énervement est contagieux : peu à peu, il gagne sa sœur, les copines et… la maman ! Comme si tout le monde s'attendait à ce que l'orage éclate. Ça ne manque pas. À peine la porte de la maison franchie, elle se laisse tomber par terre et se met à pleurer en donnant des coups de pied.

Il y a quelques années, la lecture de “Pleurs et colères des enfants et des bébés”, ouvrage controversé de la psychologue Aletha Solter, m'avait rappelé à quel point cela peut faire du bien de se laisser aller à sangloter. 

Je prends la boule de colère sur mes genoux en lui disant : “Tu peux pleurer, vas-y !” Elle tempête d'abord et se débat, puis, lentement, son corps lâche prise et les pleurs se font réguliers. Quel vacarme ! La patience est mise à rude épreuve car cela peut durer de longues minutes, voire un quart d'heure, une demi-heure. 

Je me concentre sur ses pleurs, je les écoute. Plus jeune, elle s'endormait parfois brusquement au milieu d'un sanglot. Maintenant, elle finit par s'arrêter, se redresse, apaisée, le sourire retrouvé. À la question “qu'est-ce qu'il y avait ?”, elle répond parfois, étonnée, qu'elle ne sait pas. Elle a raison ! 

Il arrive que l'on ne puisse pas décrypter nos émotions, mettre des mots dessus, les rationaliser. Pour aider son enfant à retrouver la paix intérieure, il faut alors explorer d'autres chemins.

 

Les pauses qui calment

Elisabeth Jouanne est professeur des écoles en petite section. Elle écrit, dans Pomme d'Api Parents, la rubrique “Petit Yoga”. Pour cela, elle s'inspire de son expérience quotidienne avec ses élèves. “Je commence dès le matin de la rentrée. On s'assoit tous en rond comme des petits Indiens, on attrape le soleil, on le pose contre notre cœur…”

Au travers d'exercices très imagés, que les enfants perçoivent comme des jeux, elle les rend attentifs à leur corps, à leurs sensations, à l'espace qui les entoure, aux autres, au moment présent. “Pour moi, le calme passe par l'introspection. Le calme, c'est la connaissance de soi.” 

Peu à peu, grâce à ces quelques minutes de relaxation journalière (un quart d'heure au total pour une journée de classe), ses élèves sont plus attentifs à ce qu'ils font et à ce qu'ils éprouvent, joyeux, avides d'apprendre et moins anxieux. 

A la maison, les parents d'élèves, ravis, surprennent leurs enfants à s'automasser, à s'étirer ou à respirer, lorsque l'excitation gagne un peu trop de terrain : “Je monte faire ma respiration de ventre dans ma chambre” a même déclaré un petit garçon énervé à ses parents ébahis. 

“Dans la vie actuelle, déplore Elisabeth Jouanne, tout le monde est tout le temps pressé, même les enfants : par les parents, par la cantine, par les activités… Le yoga leur apprend à faire la pause que l'on ne s'impose pas assez.”

Le souffle qui calme

 

Un drôle de livre est arrivé à la rédaction de Pomme d'Api Calme et attentif comme une grenouille. Deux adjectifs rarement attribués à la grenouille, qui bondit et qui coasse ! L'auteur, Eline Snel, une thérapeute néerlandaise, se sert pourtant de l'image de la grenouille, complètement immobile au bord de la mare, pour initier les enfants à la méditation. 

De façon claire et concrète, elle conseille aux parents de pratiquer avec leurs enfants la méditation de “pleine conscience” et détaille diverses méditations, en 10 parties consacrées chacune à un thème : orage en vue, gérer les émotions désagréables… 

Très séduisant, mais… je ne me vois pas “coacher” une méditation familiale. Heureusement, le livre est accompagné d'un CD qui contient “11 méditations guidées”. Pas de musique new age, ouf, mais la voix bienveillante de Sara Giraudeau, qui tutoie son auditeur, l'enfant, et ménage de longs silences.

Incroyable, au bout de 3 minutes, mes deux filles sont comme endormies. La première plage terminée, elles demandent à écouter la suivante. Mains sur le ventre, elles se concentrent sur leur respiration. 

Leurs parents, perplexes, les imitent, tout en pensant que les adultes ont bien plus de chemin à faire que les petits : qu'il est difficile de ne pas se laisser emporter ailleurs par le flot de pensées, de soucis, de choses à faire !

 

La présence qui calme

C'est bien là le point clé : réussir à accorder à ses enfants notre entière attention, sans avoir l'esprit ailleurs. Combien de fois les entend-on nous rappeler à l'ordre : “Tu ne m'écoutes pas !”, combien de fois se surprend-on à s'énerver : “Allez, dépêche-toi, c'est à ton tour de lancer le dé !”, en pensant à l'heure qui tourne. 

Il est normal de ne pas être tout le temps disponible pour ses enfants. Mais leur agitation est le reflet d'un manque de sécurité intérieure : l'esprit est préoccupé. Par le sentiment d'être un peu seul, par quelque chose qui s'est passé, ou quelque chose qui va venir et que l'on appréhende, et empêche l'enfant de se poser. 

“L'enfant qui sent que son père ou sa mère est vraiment présent, à l'écoute de ce qu'il vit, de ce qu'il ressent, se sent sécurisé et serein, explique la psychologue Émilie Moreau-Cervera. Il accepte ensuite avec tranquillité les moments inévitables et fréquents où l'on n'est pas disponible.”

Lire un album ensemble, revenir sur la journée qui s'est écoulée, partager un moment d'intériorité… ça calme tout le monde.

Le bénéfice du calme

Être calme, c'est avoir une belle présence à ce qui se passe ici et maintenant, à contre-courant du torrent de sollicitations dans lequel nous baigne notre société. Une société où tout est fait pour nous déconcentrer. 

Être calme, c'est savoir se concentrer quand il le faut. Cela ne sert pas que pour les apprentissages scolaires mais aussi pour tout le reste ! Se concentrer sur un jeu de société, se concentrer pour tirer dans le ballon, pour réussir à grimper jusqu'en haut de la cage à écureuils, se concentrer pour écouter une histoire ou savourer son repas, pour vivre vraiment. 

Accorder à ses enfants le bénéfice du calme, c'est un beau cadeau à leur faire.

 

 

 

Le 8 février 2013 Anne Bideault, supplément Parents du magazine Pomme d'Api, mars 2013. Illustrations : Pascal Lemaître

 

Cauchemars

 

Un cauchemar de temps en temps…
Il est tout à fait normal de cauchemarder ponctuellement. Tout comme le rêve, le cauchemar fait partie de l’activité onirique qui se déroule durant la phase de sommeil paradoxal. Tous deux ont des fonctions extrêmement utiles, celles de délivrer des messages de l’inconscient qui expriment les préoccupations, les angoisses et l’agressivité de votre enfant et de régler des conflits internes. Si le rêve, plus agréable, est le gardien du sommeil, le cauchemar, plus pénible à supporter, contraint généralement à se réveiller. 


Ce qu’il faut faire. Evitez de vous montrer exaspérée parce qu’il trouble votre sommeil. Rassurez-le et montrez-lui que vous le prenez au sérieux. Demandez-lui de vous raconter son cauchemar.


Ce qu’il faut lui dire. « Tu as fait un mauvais rêve, mais rassure-toi, tout va bien. Aucun monstre ne peut te faire de mal, je suis là. »
 

Des visions très effrayantes !
Le sommeil de votre enfant n’est pas seulement contrarié par cet empêcheur de dormir profond. Il est hanté par des images terrifiantes et parfois très violentes. C’est normal, le cauchemar est un rêve à forte charge anxieuse. Eléments et contrariétés de la vie quotidienne y sont transformés. Ainsi, le maître, lui ayant fait dans la journée quelques remontrances qui l’auront chagriné, pourra éventuellement se transformer en un dragon assoiffé de sang !


Ce qu’il faut faire. Respectez son angoisse. Les monstres non identifiés qu’il a dans la tête sont bel et bien réels pour lui, alors ne les niez pas. Nul besoin pour autant de chercher à le décortiquer et de vous précipiter chez le psy.


Ce qu’il faut lui dire. « Tu veux bien me le raconter. Ça m’intéresse de savoir ce qui a bien pu t’effrayer et te mettre dans cet état. »


Des mauvais rêves un peu trop souvent
Parfois, les cauchemars ont tendance à se répéter sur une longue durée. Ils sont le signe d’une grosse angoisse, d’un blocage qui n’arrive pas à passer. Ils s’accompagnent souvent de changements de comportement. Si votre enfant appréhende l’arrivée de la nuit et retarde le moment du coucher, c’est qu’il lance des signes d’appel qu’il ne faut pas minimiser. 


Ce qu’il faut faire. Aidez-le à dénouer ce gros nœud qui lui empoisonne la vie : prenez rendez-vous avec un psychologue.


Ce qu’il faut lui dire. « Si tu es d’accord, nous irons voir quelqu’un qui va t’aider à comprendre ce qui t’inquiète et t’empêche de passer de bonnes nuits. » 

« Du jour au lendemain, ma fille s’est mise à faire des cauchemars régulièrement. Au début, je ne me suis pas inquiétée. Le phénomène s’installait. Pire, Gina angoissait au moment d’aller se coucher et se réveillait totalement terrorisée. J’ai décidé de l’emmener consulter un psy. Ses cauchemars étaient liés à une angoisse due à une fausse couche que j’avais faite très précocement. Depuis, son petit frère était né. J’étais à mille lieux d’imaginer que cet épisode que je pensais anecdotique avait autant affecté ma grande fille ! »  

Jeanne, maman de Gina, 8 ans.
 

mon enfant se perd dans la foule ?

Marché, grande surface, gare… : un moment d’inattention dans ces lieux animés peut suffire pour perdre des yeux votre enfant ! Que faire quand cela arrive ? Et que lui dire quand vous le retrouvez ? Nos conseils.

Que ressent un enfant quand il se rend compte qu’il est perdu ? Et ses parents ?
De l'angoisse ! Du côté de l'enfant, elle sera d'autant plus forte qu'il sera noyé dans une foule dans laquelle il ne distinguera aucun visage connu. Certains enfants vont alors fondre en larmes ou hurler et ainsi attirer l'attention. D'autres au contraire ne disent rien et se mettent à chercher dans tous les sens. Il se peut alors que personne ne les remarque.

De leur côté, les parents ont une fulgurante montée d'adrénaline et leur esprit est immédiatement traversé de questions : mon enfant est-il parti seul ? A-t-il été récupéré ? Par où commencer à chercher ? On peut parler de véritable état de choc, devant lequel nous ne sommes pas tous égaux. 

La panique fait perdre les moyens de certains, tandis que d'autres ne se laissent pas déborder et parviennent à avoir un comportement plus ajusté à la situation.
Que faire lorsque l’on perd son enfant des yeux dans une foule ?
La meilleure chose à faire, c'est d'arrêter le maximum de passants autour de soi en les interpellant sans hésitation : “J'ai perdu mon enfant, aidez-moi”. Il faut alors le décrire et envoyer les personnes qui veulent vous aider dans des directions différentes, en fixant un point de rencontre : “Mon enfant a 4 ans, les cheveux comme ceci, un manteau de telle couleur, etc., on se retrouve à tel endroit…”

Les recherches seront plus faciles dans les lieux clos (grandes surfaces par exemple) que sur un marché ou, pire, une plage. En plein été, sur une plage qui s'étire à perte de vue, un enfant risque de se perdre très facilement : il suffit qu'il dérive un peu en se baignant et sorte de l'eau 30 m plus loin que sa serviette pour perdre ses repères… Tout le monde se ressemble, en maillot de bain ! 

Bon à savoir : un enfant égaré sur une plage va toujours se mettre à marcher dos au soleil.

Education des enfants : votre enfant s’est perdu, que lui dire quand vous le retrouvez ?
Un moment d’inattention dans une grande surface, une gare… et votre enfant a disparu dans la foule ! Après un moment d’angoisse, vous réussissez à le retrouver. Comment gérer vos émotions, et les siennes ? Que dire après l’incident et quelles consignes donner à votre enfant s’il se perd à nouveau ?
Une fois l’enfant retrouvé, les parents ont parfois des réactions étranges…
Oui ! On peut fondre en larmes comme distribuer des gifles ! Beaucoup d'adultes confient d'ailleurs : “Je ne me suis pas reconnu.” Pourquoi ? Cela dépend bien sûr du caractère de chacun mais aussi de son état d'esprit au moment où l'enfant est retrouvé. 

Car l'angoisse de l'adulte peut être mêlée de colère (“Je lui avais pourtant dit de ne pas me quitter ! Il n'en fait vraiment qu'à sa tête ! Il ne m'obéit jamais !”), ce qui explique certaines explosions, y compris physiques, lors des retrouvailles. 

D'autres vont inconsciemment identifier l'enfant à l'angoisse vécue et le punir de leur avoir fait aussi peur. Il faut aussi avouer que retrouver un enfant la bouche en cœur, les yeux rivés sur le jouet qui l'a attiré, sans conscience d'avoir été perdu, ça énerve – même si c'est mieux ainsi pour l'enfant !
Comment gérer cette grosse émotion ?
Sur le moment, il peut être très difficile de se contrôler… Par contre, une fois le calme revenu, il est essentiel de reprendre les choses avec l'enfant. Il faut lui laisser la parole pour qu'il exprime ce qu'il a vécu et ressenti, sans minimiser par des phrases du type “C'est fini, c'est fini” ou “Il ne fallait pas avoir peur.” Ses émotions, quelles qu'elles soient, sont légitimes. 

Revenir sur ce qu'il s'est passé est également important pour les adultes. Ainsi, si l'on s'est emporté et qu'on a fortement réprimandé son enfant, on pourra lui dire : “On a eu bien peur tous les deux, hein ? J'étais tellement angoissé(e) que je n'ai pas réussi à faire autre chose que te gronder en te retrouvant, etc.” 

En revanche, si l'événement revient invariablement dans toutes les conversations longtemps après, il sera bon de s'adresser à un tiers : l'angoisse vécue a dû éveiller autre chose. 
N’avons-nous pas tendance à dramatiser et à inquiéter nos enfants à force d’entendre des faits divers terribles ? 
Peut-être… Mais il est assez naturel de ne pas se sentir en sécurité dans une foule, même si ce sentiment est différemment partagé selon les parents. Plutôt que de songer aux faits divers, somme toute extrêmement rares, il faut avoir en tête qu'un enfant perdu est dans l'immense majorité des cas remarqué par des adultes bienveillants qui l'aident à retrouver ses parents.
Quelles consignes donner à son enfant ?
“Si tu te perds, tu ne quittes pas l'endroit où tu es : moi, je suis grand(e), je vois plus loin et plus haut. C'est à moi de te chercher. Tu peux interpeller un adulte et lui dire de t'aider à retrouver ta famille.” Les plus grands connaissent votre numéro de téléphone portable et vous feront appeler.

Vous rêvez d'avoir des enfants qui rangent ? Patience ! L'organisation, le rangement sont des habitudes qui se mettent en place progressivement. En attendant, montrez-leur qu'être un peu ordonné, ça facilite la vie et le travail scolaire !

Ranger n'est pas une punition
Les enfants observent… et reproduisent : aucune raison pour qu'ils rangent si les parents ne rangent pas ! Aucune raison non plus pour qu'ils “aiment” ranger si les parents s'énervent ou brandissent la menace de la punition. Le grand enjeu du rangement, c'est bien de ne pas le transformer en moment de conflit. Et c'est possible ! En faisant du rangement un moment partagé : on prend le temps, si nécessaire, de leur montrer comment on range – mais sans ranger à leur place… En les responsabilisant, en valorisant leurs rangements et en acceptant aussi, de temps en temps, qu'ils ne rangent pas.
Ranger, ça facilite la vie…
Ranger n'est pas un comportement inné chez l'enfant. Encore à 8 ans, ranger son manteau dans la penderie lui demande un effort et il n'en voit pas forcément l'intérêt. A nous, parents, de lui montrer qu'au quotidien, ranger facilite la vie. Les verres sont toujours dans le même placard ? On ne perd son temps à les chercher quand on a soif ! Ranger ses affaires à la maison, c'est aussi respecter la vie des autres membres de la famille : on apprend à participer à la vie de la maison (mettre la table, débarrasser…), on apprend aussi à ranger ses affaires dans les pièces communes pour permettre que chacun s'y sente bien.
… et le travail scolaire !
Dès l'arrivée au collège, les professeurs demandent aux enfants d'être organisés dans leur travail. Difficile de l'être ou de le devenir, si tout est en bazar dans leurs affaires. Prendre l'habitude de ranger (ses livres, ses cahiers) est une étape qui facilite ensuite les apprentissages -et entretient le gout de l'effort. Plus tard, dans la vie professionnelle, l'organisation et l'ordre sont souvent des qualités exigées par un employeur. Ces qualités facilitent aussi largement la vie affective, quand on doit vivre avec d'autres. Au final, le rangement est une forme d'intégration sociale.

Des règles de rangement adaptées aux différentes pièces de la maison
Vivre ensemble impose le respect de certaines règles de rangement, tout particulièrement pour les pièces communes. Mais pour la chambre des enfants, dès l'instant où règnent un minimum d'ordre et de propreté, une certaine souplesse est indispensable.
On vit ensemble, on se respecte
Quand on partage la même maison, mettre en place des règles et des bonnes habitudes, c'est naturel. Par exemple, le linge sale… au sale ! Ces règles sont importantes pour les pièces de vie commune. Un enfant peut facilement le comprendre : tout le monde vit dans le salon, on n'y sème pas ses affaires personnelles. On peut déposer des livres ou des jeux au fur et à mesure de la journée, mais chaque chose doit retrouver sa place le soir pour que le lieu commun reste agréable à tous et que tout le monde s'y retrouve avec plaisir. C'est important d'apprendre à un enfant le respect des autres.
La chambre, un territoire à part
La chambre, c'est le territoire intime. Il faut laisser à un enfant la liberté de gérer cet espace qui lui appartient. Ce que l'on peut imposer dans sa chambre, en tant que parents, c'est la propreté. Quand on estime que l'enfant est assez grand (vers 8 ou 9 ans), on peut lui demander d'y faire un petit ménage, d'y passer de temps en temps l'aspirateur. Rien n'empêche de l'interroger sur ses idées à lui pour que sa chambre soit propre. Et s'il commence au début par les vitres, laissez-le faire ! C'est en devenant responsable de ses affaires qu'il apprendra à en prendre soin.
A chacun sa façon de ranger
Quel que soit le mode de rangement de l'enfant – à partir du moment où il range et où sa chambre est à peu près propre –, c'est important de l'accepter. Défense absolue d'imposer sa touche personnelle, ou pire encore, de tout re-ranger derrière lui sous prétexte d'efficacité. On n'a pas tous la même logique ; les besoins ou les repères des uns et des autres sont différents. Certains enfants auront envie d'empiler leurs livres scolaires par terre à côté de leur bureau, pour se rassurer… ou se motiver ! Laissons-les faire.

Enfants et rangement : ce qu'il faut éviter absolument !
L’apprentissage du rangement demande beaucoup de patience et de souplesse ! Ne baissez pas les bras et encouragez-le à prendre en charge ses affaires en résistant à la tentation de le faire vous-même…
Ranger à leur place
Ce n'est pas aux parents de ranger les affaires des enfants, ni dans les lieux communs, ni dans la chambre. Leur apprendre à ranger, oui ! En valorisant leur comportement et en acceptant que les résultats soient progressifs et plus ou moins longs dans le temps à se faire sentir. C'est normal !
Ranger quand ils ne sont pas là
Même si la tentation est forte, on ne fait pas intrusion dans la chambre de son enfant quand il est à l'école, chez des amis ou en vacances, pour ranger à fond, faire le tri et nettoyer. Cette intervention (dans son dos) déresponsabilise totalement l'enfant vis-à-vis de ses propres affaires. Sans compter le fait que l'on s'introduit, sans son autorisation, dans son intimité.
Demander l'impossible !
Sous le coup de la colère ou de la fatigue, on exige parfois l'impossible : une chambre “parfaitement” rangée dans les 5 minutes qui suivent ! Trop de rigidité risque de provoquer chez l'enfant anxiété… ou rébellion. Il faut accepter des moments où l'enfant ne range pas. Mais on peut aussi instituer, comme un rituel, deux grands moments de rangement collectif, dans l'année, où toute la famille s'y met !

De 2 à 4 ans : questions de parents
« Ramasse ton doudou, enlève tes chaussures, range tes Lego… » Vous avez plus vite fait de jouer les fées Balayette ? Quel dommage ! En rangeant, votre enfant apprend ! Maryse Vaillant, psychologue, vous explique comment en répondant à vos questions.


« Coline n’a que 2 ans. Est-elle assez grande pour qu’on commence à lui demander de ranger ? » (Juliette)
Le mot de la pro. Vous pouvez lui demander de ne pas laisser traîner son manteau, par exemple. A cet âge, votre enfant adore vous imiter et faire plaisir. C’est son moteur d’apprentissage. En revanche, ranger à proprement parler, il n’est pas encore capable de comprendre ce que cela signifie. Il sera ravi de mettre des chaussettes dans la panière à linge sale… pour les ressortir illico ! C’est un jeu. Ramasser, ce n’est pas ranger, c’est une petite règle qu’il peut apprendre à respecter. Mais il n’y a aucune urgence à installer les patères à sa hauteur.

Conseils + : naviguez avec douceur pour éviter les crises, car votre tout-petit peut aussi se braquer. Mais tenez fermement ce qui est posé comme interdit : on ne sort pas le linge de l’armoire, on ne jette pas les affaires par terre.


« Mélissa, 3 ans, adore m’aider à faire le ménage. Mais quand je l’envoie ranger sa chambre, ce n’est plus drôle du tout ! » (Claire)
Le mot de la pro. Vous aider, faire comme vous, c’est attrayant. Se retrouver toute seule pour une tâche qu’elle ne comprend pas, c’est compliqué et même angoissant. Il faut aider votre enfant à trouver une méthode : repérer les gros objets d’abord, placer les poupées ensemble, classer les livres dans la bibliothèque… A 3-4 ans, il perçoit mieux la nécessité de ranger. Mais l’enjeu est affectif. Il fait les choses pour être récompensé, pour ne pas être puni. Par amour. Jouer dans une chambre en bazar ne le dérange pas. Quand il joue, il est dans un autre monde.

Conseils + : surtout, ne faites pas à la place de votre enfant, mais avec lui, et encouragez-le. Présentez-lui le rangement comme un jeu : on met les peluches au lit, on rentre les petites voitures au garage…


« Pierre, 4 ans, aime renverser sa malle à jouets. Entièrement. Pour n’en retirer parfois qu’un seul ! C’est agaçant. Il ferme même la porte pour être tranquille… »  Lætitia
Le mot de la pro. Agaçant mais pas bien grave… Au contraire, cela montre sa curiosité, le plaisir qu’il a devant la profusion ! Et cela comble son besoin de maîtriser. C’est lui qui choisit. La chambre de votre enfant est un territoire intime, tour à tour un château, un bateau de pirate, une malle à trésors… Il doit pouvoir y jouer comme il l’entend. C’est important de respecter cet espace. Plutôt que d’y entrer brusquement, mieux vaut toquer à la porte.

Conseils + : laissez votre enfant sortir tous les jouets de la malle et aidez-le ensuite à tout remettre. Les grosses caisses sont justement bien pratiques ! Proposez-lui des rangements, des casiers et malles à sa hauteur…

De 5 à 7 ans : questions de parents
« Ramasse ton doudou, enlève tes chaussures, range tes Lego… » Vous avez plus vite fait de jouer les fées Balayette ? Quel dommage ! En rangeant, votre enfant apprend ! Maryse Vaillant*, psychologue, vous explique comment en répondant à vos questions.

« Tous les jours, Louis, 4 ans, laisse traîner ses peluches dans toutes les pièces de la maison. Dans sa chambre, dans le couloir ! Pourquoi tout envahir ? » (Julien)
Le mot de la pro. Il a besoin de couvrir son territoire. A-t-il une chambre pour lui seul ou un coin bien délimité, s’il la partage ? Petit à petit, votre enfant doit apprendre à respecter les espaces, les biens communs. S’il laisse traîner ses jouets, quelqu’un va devoir les ramasser… Il comprend qu’il fait partie d’un groupe. C’est le tout début de la citoyenneté ! A cet âge, c’est bien de lui confier des petites missions adaptées : éteindre en sortant d’une pièce, vous aider à faire le lit, mettre les couverts… Des règles qui vont de soi, comme « bonjour » et « merci ». Ranger lui permet aussi de prendre sa place dans la famille. Votre aîné met les assiettes parce qu’il est grand, le bébé ne le fait pas, lui ! Il range parce que papa va rentrer, etc. C’est très important sur le plan symbolique. S’il respecte la place des autres, il sait aussi que la sienne lui est attribuée.

Conseils + : installez également dans le salon une grande caisse transparente (la maison des peluches), puis amenez votre enfant à organiser une autre maison pour ses peluches dans sa chambre. Attribuez-lui un petit espace bien à lui, même s’il partage la chambre d’un frère ou d’une sœur : une malle, un bureau…

« Victor, 5 ans, déteste interrompre ses jeux de construction pour ranger, avant le déjeuner ou le soir avant de se coucher. Sa chambre est un vrai chantier ! » (Sophia)
Le mot de la pro. C’est une question de dosage, comme souvent dans l’éducation. Un enfant s’endormira mieux dans une chambre ordonnée où vous aurez, notamment, déblayé les gros objets. C’est vrai, le retour au calme sera d’autant plus facile que vous l’aurez habitué tout petit à ce rituel : histoire du soir, lumière douce, chuchotements… En même temps, tout enfant a besoin de souplesse. Il n’aime pas interrompre brutalement le jeu qui le captive. Le retrouver le lendemain est rassurant. En fonction de votre famille – petit appartement, beaucoup d’enfants, etc.–, vous saurez où placer le curseur. Vous ne voudriez pas plus d’un petit automate qui obtempère immédiatement dès qu’on lui demande de ranger, que d’un enfant qui vit tout seul sur sa planète !

Conseils + : acceptez parfois de différer le rangement de quelques minutes, quelques heures, quelques jours… Sur une grande planche ou un tapis, la construction pourra se glisser plus facilement dans un coin, en attendant le retour du petit joueur.


« Alice, 7 ans, est très brouillonne. Son bureau est un vrai capharnaüm, ses habits sont épars. Est-ce encore possible de rectifier le tir ? » (Victoire)
Le mot de la pro. C’est bien pour cela qu’il vaut mieux adopter de bons réflexes dès 3-4 ans. Mais rien n’est jamais trop tard… Alice est à l’âge où elle peut comprendre qu’il y a des choses à faire pour rendre service, gagner du temps. Se sent-elle bien ? Est-ce que l’école l’angoisse ? Traversez-vous des moments difficiles ? Vous-même, êtes-vous plutôt ordonnée, ou pas ? Vous pouvez vous poser ces questions. Mais il faut accepter que même si on fait tout pour transmettre des valeurs, des réflexes, et surtout pour y mettre du sens, votre enfant habite tout cela à sa façon. Et chaque enfant est différent. Il ne faut pas que cela devienne un objet de conflit.

Conseils + : pensez pratique, casiers, tiroirs… et laissez faire votre enfant. Il faut qu’il trouve son propre style. A son âge, il peut commencer à concevoir l’aménagement personnel de son espace pour jouer ou pour travailler.

Le 20 janvier 2014 Valérie Giaccone-Marcesche - Propos recueillis par Sophie Coucharrière, avec le magazine Astrapi

 

Enfants-03-Les “non” de l'enfant

Entre 2 et 3 ans, “non” devient le mot préféré des enfants. Ils l’emploient à longueur de journée ! Mais selon le contexte, il n’a pas toujours la même signification. Explications et conseils de Nicole Prieur, psychothérapeute, pour savoir comment réagir devant des refus parfois difficiles à gérer.

“Non, je ne veux pas prendre mon bain !”

Ce “non” qu'un enfant dégaine pourrefuser de prendre son bain, manger ou s'habiller − toutes choses auxquelles sesparents tiennent − lui sert à tester sonpouvoir sur eux. Va-t-il pouvoir les faireplier avec cette petite syllabe de rien du tout ? Quelle victoire ce serait ! 

Et s'ils ne cèdent pas, va-t-il au moins réussir à les emmener sur le terrain de lanégociation ? “Pas tout de suite, ou alors j'y vais, si je peux prendre mon jouet dans le bain…”

Comment réagir ?

La difficulté consiste à trouver le juste milieu dans la réponse à lui donner. Pas trop brutale, car un petit enfant a besoin de constater qu'il peut agir sur le monde, et qu'il ne peut se contenter de toujours subir. Mais, en même temps, on ne peut pas lui laisser croire qu'il peut décider de tout. 

Alors on désamorce son “non” en douceur, et si possible avec de l'humour. Par exemple, en faisant mine de donner le bain à sa poupée. Mais sans lâcher le pouvoirpour autant : “A la maison, c'est nous qui décidons et maintenant, tu vas allerprendre ton bain.”

“Non, je ne veux pas mettre le pull rouge !”

Sous-entendu, “c'est le vert que je veux mettre”. Cette fois-ci, il cherche à affirmer ses goûts personnels, à montrer qu'ils sont différents de ceux de ses parents. “Hé ! Ecoutez-moi, je suis une personne à part entière”, clame-t-il à travers ses “non” vestimentaires !

Comment réagir ?

C'est un “non” sur lequel on peut lâcher du lest. Quelle importance qu'il mette le pull vert plutôt que le rouge ? Il risque d'avoir l'air d'un perroquet parce que son pull ne sera pas assorti au pantalon. Et alors ? Il a bien le temps d'apprendre l'harmonie des couleurs. En attendant, il aura exprimé librement son goût, occasion de construire sa personnalité.

 

“Non, je ne veux pas aller au lit !”

“Parce que sous mon lit, il y a des méchants monstres…” Autour de 2 ans, l'imagination commence à fonctionner à plein régime. Quitte à se montrer envahissante et à rendre floues les frontières avec la réalité. D'où l'apparition de ses premières peurs. De plus, on regarde la télévision devant lui, il est invité chez les uns et les autres : il découvre des choses, et prend de plus en plus conscience de la complexité du monde. Cela peut aussi l'inquiéter.

Comment réagir ?

En étant bien présent à lui au coucher, et en instaurant un rituel qui chaque soir se répète, on lui offre des repères sécurisants qui l'aident à tenir ses peurs à distance. On peut aussi lui demander : “Qu'est-ce qui t'aiderait à avoir moins peur ? Mettre plus de doudous sur ton lit ? Une petite veilleuse ?” A chacun sa stratégie !

Non, non et non !

Parfois agrémenté d'un trépignement, ce “non” répété sert à attirer l'attention. Le petit opposant sait que ses parents en ont assez de ses crises. Mais il a besoin devérifier qu'ils l'aiment malgré ses “non”.

Comment réagir ?

Le mieux est de ne pas lui accorder trop d'intérêt quand il joue les casse-pieds, de ne pas passer des heures à négocier avec lui ou à tenter de le convaincre de dire “oui”. 

En revanche, il est judicieux de lui accorder du temps et de l'attention, de jouer avec lui, de faire des câlins dans les moments où il délaisse ses “non” ! Voilà qui le rassurera sur l'amour qu'on lui porte. Et surtout cela lui fera comprendre que le conflit n'est pas le meilleur moyen pour obtenir qu'on s'intéresse à lui.


Enfants-Ranger

Vous rêvez d'avoir des enfants qui rangent ? Patience ! L'organisation, le rangement sont des habitudes qui se mettent en place progressivement. En attendant, montrez-leur qu'être un peu ordonné, ça facilite la vie et le travail scolaire !

Ranger n'est pas une punition

Les enfants observent… et reproduisent : aucune raison pour qu'ils rangent si les parents ne rangent pas ! Aucune raison non plus pour qu'ils “aiment” ranger si les parents s'énervent ou brandissent la menace de la punition. Le grand enjeu du rangement, c'est bien de ne pas le transformer en moment de conflit. Et c'est possible ! En faisant du rangement un moment partagé : on prend le temps, si nécessaire, de leur montrer comment on range – mais sans ranger à leur place… En les responsabilisant, en valorisant leurs rangements et en acceptant aussi, de temps en temps, qu'ils ne rangent pas.

Ranger, ça facilite la vie…

Ranger n'est pas un comportement inné chez l'enfant. Encore à 8 ans, ranger son manteau dans la penderie lui demande un effort et il n'en voit pas forcément l'intérêt. A nous, parents, de lui montrer qu'au quotidien, ranger facilite la vie. Les verres sont toujours dans le même placard ? On ne perd son temps à les chercher quand on a soif ! Ranger ses affaires à la maison, c'est aussi respecter la vie des autres membres de la famille : on apprend à participer à la vie de la maison (mettre la table, débarrasser…), on apprend aussi à ranger ses affaires dans les pièces communes pour permettre que chacun s'y sente bien.

… et le travail scolaire !

Dès l'arrivée au collège, les professeurs demandent aux enfants d'être organisés dans leur travail. Difficile de l'être ou de le devenir, si tout est en bazar dans leurs affaires. Prendre l'habitude de ranger (ses livres, ses cahiers) est une étape qui facilite ensuite les apprentissages -et entretient le gout de l'effort. Plus tard, dans la vie professionnelle, l'organisation et l'ordre sont souvent des qualités exigées par un employeur. Ces qualités facilitent aussi largement la vie affective, quand on doit vivre avec d'autres. Au final, le rangement est une forme d'intégration sociale.

 

Des règles de rangement adaptées aux différentes pièces de la maison

Vivre ensemble impose le respect de certaines règles de rangement, tout particulièrement pour les pièces communes. Mais pour la chambre des enfants, dès l'instant où règnent un minimum d'ordre et de propreté, une certaine souplesse est indispensable.

On vit ensemble, on se respecte

Quand on partage la même maison, mettre en place des règles et des bonnes habitudes, c'est naturel. Par exemple, le linge sale… au sale ! Ces règles sont importantes pour les pièces de vie commune. Un enfant peut facilement le comprendre : tout le monde vit dans le salon, on n'y sème pas ses affaires personnelles. On peut déposer des livres ou des jeux au fur et à mesure de la journée, mais chaque chose doit retrouver sa place le soir pour que le lieu commun reste agréable à tous et que tout le monde s'y retrouve avec plaisir. C'est important d'apprendre à un enfant le respect des autres.

La chambre, un territoire à part

La chambre, c'est le territoire intime. Il faut laisser à un enfant la liberté de gérer cet espace qui lui appartient. Ce que l'on peut imposer dans sa chambre, en tant que parents, c'est la propreté. Quand on estime que l'enfant est assez grand (vers 8 ou 9 ans), on peut lui demander d'y faire un petit ménage, d'y passer de temps en temps l'aspirateur. Rien n'empêche de l'interroger sur ses idées à lui pour que sa chambre soit propre. Et s'il commence au début par les vitres, laissez-le faire ! C'est en devenant responsable de ses affaires qu'il apprendra à en prendre soin.

A chacun sa façon de ranger

Quel que soit le mode de rangement de l'enfant – à partir du moment où il range et où sa chambre est à peu près propre –, c'est important de l'accepter. Défense absolue d'imposer sa touche personnelle, ou pire encore, de tout re-ranger derrière lui sous prétexte d'efficacité. On n'a pas tous la même logique ; les besoins ou les repères des uns et des autres sont différents. Certains enfants auront envie d'empiler leurs livres scolaires par terre à côté de leur bureau, pour se rassurer… ou se motiver ! Laissons-les faire.

 

Enfants et rangement : ce qu'il faut éviter absolument !

L’apprentissage du rangement demande beaucoup de patience et de souplesse ! Ne baissez pas les bras et encouragez-le à prendre en charge ses affaires en résistant à la tentation de le faire vous-même…

Ranger à leur place

Ce n'est pas aux parents de ranger les affaires des enfants, ni dans les lieux communs, ni dans la chambre. Leur apprendre à ranger, oui ! En valorisant leur comportement et en acceptant que les résultats soient progressifs et plus ou moins longs dans le temps à se faire sentir. C'est normal !

Ranger quand ils ne sont pas là

Même si la tentation est forte, on ne fait pas intrusion dans la chambre de son enfant quand il est à l'école, chez des amis ou en vacances, pour ranger à fond, faire le tri et nettoyer. Cette intervention (dans son dos) déresponsabilise totalement l'enfant vis-à-vis de ses propres affaires. Sans compter le fait que l'on s'introduit, sans son autorisation, dans son intimité.

Demander l'impossible !

Sous le coup de la colère ou de la fatigue, on exige parfois l'impossible : une chambre “parfaitement” rangée dans les 5 minutes qui suivent ! Trop de rigidité risque de provoquer chez l'enfant anxiété… ou rébellion. Il faut accepter des moments où l'enfant ne range pas. Mais on peut aussi instituer, comme un rituel, deux grands moments de rangement collectif, dans l'année, où toute la famille s'y met !

 

De 2 à 4 ans : questions de parents

« Ramasse ton doudou, enlève tes chaussures, range tes Lego… » Vous avez plus vite fait de jouer les fées Balayette ? Quel dommage ! En rangeant, votre enfant apprend ! Maryse Vaillant, psychologue, vous explique comment en répondant à vos questions.

 

 

« Coline n’a que 2 ans. Est-elle assez grande pour qu’on commence à lui demander de ranger ? » (Juliette)
Le mot de la pro. Vous pouvez lui demander de ne pas laisser traîner son manteau, par exemple. A cet âge, votre enfant adore vous imiter et faire plaisir. C’est son moteur d’apprentissage. En revanche, ranger à proprement parler, il n’est pas encore capable de comprendre ce que cela signifie. Il sera ravi de mettre des chaussettes dans la panière à linge sale… pour les ressortir illico ! C’est un jeu. Ramasser, ce n’est pas ranger, c’est une petite règle qu’il peut apprendre à respecter. Mais il n’y a aucune urgence à installer les patères à sa hauteur.


Conseils + : naviguez avec douceur pour éviter les crises, car votre tout-petit peut aussi se braquer. Mais tenez fermement ce qui est posé comme interdit : on ne sort pas le linge de l’armoire, on ne jette pas les affaires par terre.


« Mélissa, 3 ans, adore m’aider à faire le ménage. Mais quand je l’envoie ranger sa chambre, ce n’est plus drôle du tout ! » (Claire)
Le mot de la pro. Vous aider, faire comme vous, c’est attrayant. Se retrouver toute seule pour une tâche qu’elle ne comprend pas, c’est compliqué et même angoissant. Il faut aider votre enfant à trouver une méthode : repérer les gros objets d’abord, placer les poupées ensemble, classer les livres dans la bibliothèque… A 3-4 ans, il perçoit mieux la nécessité de ranger. Mais l’enjeu est affectif. Il fait les choses pour être récompensé, pour ne pas être puni. Par amour. Jouer dans une chambre en bazar ne le dérange pas. Quand il joue, il est dans un autre monde.


Conseils + : surtout, ne faites pas à la place de votre enfant, mais avec lui, et encouragez-le. Présentez-lui le rangement comme un jeu : on met les peluches au lit, on rentre les petites voitures au garage…


« Pierre, 4 ans, aime renverser sa malle à jouets. Entièrement. Pour n’en retirer parfois qu’un seul ! C’est agaçant. Il ferme même la porte pour être tranquille… »  Lætitia
Le mot de la pro. Agaçant mais pas bien grave… Au contraire, cela montre sa curiosité, le plaisir qu’il a devant la profusion ! Et cela comble son besoin de maîtriser. C’est lui qui choisit. La chambre de votre enfant est un territoire intime, tour à tour un château, un bateau de pirate, une malle à trésors… Il doit pouvoir y jouer comme il l’entend. C’est important de respecter cet espace. Plutôt que d’y entrer brusquement, mieux vaut toquer à la porte.


Conseils + : laissez votre enfant sortir tous les jouets de la malle et aidez-le ensuite à tout remettre. Les grosses caisses sont justement bien pratiques ! Proposez-lui des rangements, des casiers et malles à sa hauteur…

 

De 5 à 7 ans : questions de parents

« Ramasse ton doudou, enlève tes chaussures, range tes Lego… » Vous avez plus vite fait de jouer les fées Balayette ? Quel dommage ! En rangeant, votre enfant apprend ! Maryse Vaillant*, psychologue, vous explique comment en répondant à vos questions.

 

« Tous les jours, Louis, 4 ans, laisse traîner ses peluches dans toutes les pièces de la maison. Dans sa chambre, dans le couloir ! Pourquoi tout envahir ? » (Julien)
Le mot de la pro. Il a besoin de couvrir son territoire. A-t-il une chambre pour lui seul ou un coin bien délimité, s’il la partage ? Petit à petit, votre enfant doit apprendre à respecter les espaces, les biens communs. S’il laisse traîner ses jouets, quelqu’un va devoir les ramasser… Il comprend qu’il fait partie d’un groupe. C’est le tout début de la citoyenneté ! A cet âge, c’est bien de lui confier des petites missions adaptées : éteindre en sortant d’une pièce, vous aider à faire le lit, mettre les couverts… Des règles qui vont de soi, comme « bonjour » et « merci ». Ranger lui permet aussi de prendre sa place dans la famille. Votre aîné met les assiettes parce qu’il est grand, le bébé ne le fait pas, lui ! Il range parce que papa va rentrer, etc. C’est très important sur le plan symbolique. S’il respecte la place des autres, il sait aussi que la sienne lui est attribuée.


Conseils + : installez également dans le salon une grande caisse transparente (la maison des peluches), puis amenez votre enfant à organiser une autre maison pour ses peluches dans sa chambre. Attribuez-lui un petit espace bien à lui, même s’il partage la chambre d’un frère ou d’une sœur : une malle, un bureau…

« Victor, 5 ans, déteste interrompre ses jeux de construction pour ranger, avant le déjeuner ou le soir avant de se coucher. Sa chambre est un vrai chantier ! » (Sophia)
Le mot de la pro. C’est une question de dosage, comme souvent dans l’éducation. Un enfant s’endormira mieux dans une chambre ordonnée où vous aurez, notamment, déblayé les gros objets. C’est vrai, le retour au calme sera d’autant plus facile que vous l’aurez habitué tout petit à ce rituel : histoire du soir, lumière douce, chuchotements… En même temps, tout enfant a besoin de souplesse. Il n’aime pas interrompre brutalement le jeu qui le captive. Le retrouver le lendemain est rassurant. En fonction de votre famille – petit appartement, beaucoup d’enfants, etc.–, vous saurez où placer le curseur. Vous ne voudriez pas plus d’un petit automate qui obtempère immédiatement dès qu’on lui demande de ranger, que d’un enfant qui vit tout seul sur sa planète !


Conseils + : acceptez parfois de différer le rangement de quelques minutes, quelques heures, quelques jours… Sur une grande planche ou un tapis, la construction pourra se glisser plus facilement dans un coin, en attendant le retour du petit joueur.


« Alice, 7 ans, est très brouillonne. Son bureau est un vrai capharnaüm, ses habits sont épars. Est-ce encore possible de rectifier le tir ? » (Victoire)
Le mot de la pro. C’est bien pour cela qu’il vaut mieux adopter de bons réflexes dès 3-4 ans. Mais rien n’est jamais trop tard… Alice est à l’âge où elle peut comprendre qu’il y a des choses à faire pour rendre service, gagner du temps. Se sent-elle bien ? Est-ce que l’école l’angoisse ? Traversez-vous des moments difficiles ? Vous-même, êtes-vous plutôt ordonnée, ou pas ? Vous pouvez vous poser ces questions. Mais il faut accepter que même si on fait tout pour transmettre des valeurs, des réflexes, et surtout pour y mettre du sens, votre enfant habite tout cela à sa façon. Et chaque enfant est différent. Il ne faut pas que cela devienne un objet de conflit.


Conseils + : pensez pratique, casiers, tiroirs… et laissez faire votre enfant. Il faut qu’il trouve son propre style. A son âge, il peut commencer à concevoir l’aménagement personnel de son espace pour jouer ou pour travailler.

 

Le 20 janvier 2014 Valérie Giaccone-Marcesche - Propos recueillis par Sophie Coucharrière, avec le magazine Astrapi 


Enfants-un animal de compagnie

Votre enfant rêve d’avoir un chien… Comment répondre à sa demande ? Quelles questions se poser, en famille, avant d’accepter ou de refuser ? Les conseils de François Beiger, psychanalyste et éthologue canin.

Pourquoi réclame-t-il  et comment réagir ?


Oui, surtout à l'âge de l'école primaire. La classe de CP marque une séparation plus nette avec la famille que la maternelle. L'enfant change de cadre, parfois de copains, il a une vie bien à lui. Le désir d'avoir un animal de compagnie est souvent le signe d'un besoin de se confier, plus facilement qu'à ses parents. Le désir d’avoir un chien est-il partagé par la majorité des enfants ?


En grandissant, disons en entrant au collège, l'enfant a d'autres centres d'intérêt, à commencer par ses amis, qui le détournent de ce désir d'animal. A cet âge-là, s'il y a déjà un chien dans la maison, il y a fort à parier que l'adolescent s'en occupera moins. 

Qu’est-ce qu’un chien peut apporter à un enfant ?

S'occuper de quelque chose de vivant est très enrichissant. Cela renforce l'estime de soi : “pour mon chien, je suis important et je fais le maximum”. Avoir des responsabilités, ça fait grandir !

Un chien est aussi un excellent stimulus : avec lui, pas possible de traînasser toute la journée à la maison. Il oblige tout le monde à sortir, à faire du sport, quel que soit le temps. Il empêche le repli sur soi lorsque le moral est en berne. 

Par ailleurs, un chien est de fait un excellent confident. Avec lui, on ne se confie pas forcément avec des mots, mais simplement par la présence : jouer, courir ensemble, prendre le chien dans ses bras, se pelotonner contre lui… autant de façons de transmettre ses émotions à l'animal, qui les perçoit bien. 

Pour toutes ces raisons, la présence d'un chien peut être très bénéfique pour des enfants timides qui manquent de confiance en eux et n'osent pas s'exprimer.

Que faire quand un enfant réclame un chien ?

Un chien ne doit pas être acheté “pour faire plaisir à l'enfant”, comme on l'entend parfois. C'est l'erreur la plus fréquente et la plus dramatique pour l'animal. Ce n'est ni une peluche, ni un jouet, et son acquisition ne doit pas se faire sur un coup de tête. L'arrivée d'un animal dans une famille se prépare par le dialogue. 

Il faut d'abord questionner l'enfant : pourquoi en veux-il un ? Est-ce parce que son(sa) meilleur(e) amie en a un, parce qu'il en a vu dans un livre… 

Il faut aussi que toute la famille réfléchisse ensemble à la place à ménager à ce nouveau venu, qui aura besoin d'une éducation, d'un maître, d'un cadre. Où pourra-t-on lui aménager un petit coin ? Que fera-t-on de lui pendant les vacances ? Il faut lister tous les changements que cela va engendrer. 

Les parents doivent aussi avoir en tête qu'un chien vit une quinzaine d'années. Quel âge aura le petit maître lorsque son chien aura 14 ans ? L'envie d'avoir un chien doit être partagée par l'enfant et ses parents.

 

Le 23 février 2014 François Beiger, psychanalyste et éthologue canin, propos recueillis par Anne Bideault
Photo : nautilus_shell_studios-Thinkstock

 

Un animal de compagnie : quelles responsabilités pour un enfant… et ses parents ?

votre enfant rêve d’avoir un chien, mais pourra-t-il vraiment s’en occuper seul, comme il vous le promet ? Explications et conseils de François Beiger, psychanalyste et éthologue canin, pour bien accueillir votre animal de compagnie… en famille !

 

Un enfant est-il capable d’assumer la responsabilité d’un chien ?

Non ! L'enfant doit absolument être accompagné par ses parents. A eux de lui faire comprendre que le chien a besoin de lui, sans le laisser assumer cela seul. Car pour lui aussi, c'est nouveau ! Il a tout à apprendre : comment décrypter le comportement du chien, comment l'éduquer, comment se comporter lorsqu'on croise un autre chien, où ôter la laisse… Tout cela se fait ensemble. 

Petit rappel, les tout-petits (entre 0 et 4 ans) ne doivent jamais être laissés seuls avec un chien. Pour l'animal, l'enfant à quatre pattes est perçu comme un rival. L'enfant, lui, n'est pas encore en mesure de comprendre que le chien n'est pas une peluche : il lui tire les oreilles, lui grimpe dessus… et le coup de dent survient.

Quelles tâches incombent aux adultes ?

Difficile de laisser un jeune enfant se promener seul avec son chien dans une grande ville ou dans la campagne isolée, non ? 

Les parents doivent également avoir conscience qu'ils devront eux aussi s'occuper du chien, car il faudra l'emmener régulièrement chez le vétérinaire pour les vaccins, les griffes à entretenir, les oreilles à nettoyer, les vermifuges… Autant d'occasions pour de bonnes leçons de sciences naturelles ! 

Point à ne pas négliger, accueillir un chien a un coût. Le vétérinaire vous aidera à estimer le budget nécessaire. Vous trouverez aussi sur le Web une multitude d'informations.

Comment choisir un chien ?

Il faut réfléchir à l'espace dont on dispose… Un terre-neuve dans un petit appartement, c'est criminel ! Le vétérinaire est de bon conseil : il connaît bien les différentes races, leur caractère (aboie beaucoup ou non…), leur poids et leur taille à l'âge adulte…

Un chien, ça meurt…

Oui ! Et il faut parler de cela dès le départ, car cela peut être un drame psychologique pour l'enfant. Un chien peut se faire écraser par une voiture, tomber malade ou mourir de vieillesse. Mais vivre la mort de son animal est aussi une expérience formatrice.

 

Le 23 février 2014 François Beiger, psychanalyste et éthologue canin, propos recueillis par Anne Bideault
Photo : nautilus_shell_studios-Thinkstock


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